| Au nom de la LIT-QI, nous
voulons dénoncer qu'en Espagne, le
gouvernement du PSOE et la justice espagnole
mettent en oeuvre une attaque contre les
libertés démocratiques. Ils essayent de
rendre illégale la candidature Initiative
Internationaliste - solidarité entre les
peuples qui s'est présentée aux
élections pour le Parlement européen du 7
juin prochain. A la demande du gouvernement,
le Tribunal Suprême a résolu d'invalider la
candidature et on attend maintenant la
décision du Tribunal Constitutionnel pour
voir s'il ratifie ou non la sentence émise.
Initiative Internationaliste est
une coalition qui a trouvé l'appui
d'organisations de gauche, de classe et de
secteurs indépendantistes des différentes
nationalités de l'Etat espagnol. Elle a
souligné la nécessité d'unir les travailleurs
de toutes les nationalités dans une
alternative de classe contre la crise du
capitalisme et elle a repris le drapeau du
droit à l'autodétermination et de la lutte
pour les libertés démocratiques qui sont
mises en cause par le régime monarchique.
En Espagne, il y a un régime dans lequel
le roi a été imposé par le dictateur Franco
pour être son héritier. Depuis lors, Juan
Carlos est le chef d'Etat et le chef suprême
de l'armée. Dans ce pays, il y a des
nationalités historiques, comme les
nationalités basque, galicienne, catalane ou
canarienne, qui ont été écrasées par la
dictature franquiste et qui sont encore
opprimées dans l'actuel régime. La
constitution qui régit ce pays empêche que
les nationalités qui font partie de l'Etat
puissent décider si elles veulent faire
partie de l'Etat ou non. L'Etat espagnol est
une prison de peuples, unis par la force, et
dans lequel le problème des nationalités a
maintenu le régime monarchique en crise
permanente.
Le gouvernement de Zapatero, qui se
déclare de gauche et socialiste, s'est montré
comme un appui solide de ce régime. Zapatero
a continué la même politique que son
prédécesseur Aznar, en gouvernant pour les
riches et les banquiers. Et maintenant, avec
la crise, il veut que celle-ci soit payée par
les travailleurs. Il y a déjà 4 millions de
chômeurs en Espagne, ce qui représente 17,4 %
de la population active, alors des montants
astronomiques en millions d'euros sont cédés
aux banques et aux chefs d'entreprise pour
pallier leurs pertes.
Pour rendre cette candidature illégale, le
gouvernement de Zapatero s'est allié au
Parti Populaire et à l'extrême
droite, en utilisant la Loi des Partis. Cette
loi absolument antidémocratique a été
instaurée contre la gauche indépendantiste
basque qui, par ce moyen, a été poursuivie,
interdite et empêchée de pouvoir se présenter
aux processus électoraux durant les dernières
années. De cette façon, Batasuna, accusée
d'être le bras politique de l'ETA, a été
interdite. Et à partir de là, toute liste ou
parti qui s'est formé pour défendre l'option
indépendantiste au Pays basque a connu le
même sort. Les Basques qui veulent
s'organiser ou voter pour une option qui
défend le droit à l'autodétermination ou à
l'indépendance nationale et qui ne sont pas
disposées à soutenir le régime apparu lors de
la transition après Franco, n'ont pas le
droit de le faire. Cette loi est maintenant
appliquée à une candidature, pour avoir
dénoncé la Loi des Partis et avoir défendu le
droit à l'autodétermination pour toutes les
nationalités, en l'accusant sans preuves
d'être la continuation de Batasuna. Le
gouvernement du PSOE essaye d'invalider la
candidature pour un délit d'opinion, sur la
base de présomptions et d'une campagne
orchestrée par les principaux médias,
utilisée comme preuve.
L'interdiction de Batasuna a montré
jusqu'à quel point le régime du roi Juan
Carlos est antidémocratique. Maintenant, avec
le PSOE au gouvernement, il y a une nouvelle
escalade antidémocratique pour essayer de
criminaliser une candidature qui se place du
côté des peuples opprimés et des
travailleurs.
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La liste Initiative
Internationaliste est dirigée par celui
qui est considéré comme le plus grand
dramaturge en vie de la langue espagnole,
Alfonso Sastre. Il est accompagné, en outre,
par des militants de gauche reconnus, dont
certains ont autrefois été, comme lui,
militants du PCE. Participent de cette liste
des intellectuels ainsi que des dirigeants
syndicaux qui sont un exemple pour tous,
ayant dirigé des luttes contre les
licenciements et en défense des droits des
travailleurs, luttes au cours desquelles les
assemblées démocratiques sont les organismes
de décision des travailleurs. Participent
également de cette liste des dirigeants
estudiantins qui se sont engagés dans la
lutte contre la privatisation de
l'enseignement promue par le gouvernement et
l'Union européenne avec le Plan Bologne.
Nous voulons rappeler aussi qu'avant la
contestation de la liste, il y a eu des
manifestes d'appui à la candidature par des
intellectuels et des syndicalistes de tout le
pays. Maintenant, ce sont des centaines des
personnalités du monde entier, comme le prix
Nobel de la paix Pérez Esquivel, qui montrent
leur solidarité contre cette contestation,
avec l'exigence d'empêcher l'invalidation.
Face au fait historique de la formation de
cette candidature, dans laquelle pour la
première fois s'unissent des secteurs
indépendantistes avec des secteurs du
mouvement ouvrier à l'échelle de tout l'Etat
espagnol, à un moment où, avec la crise
économique, commencent les mobilisations, le
gouvernement a pris une décision propre aux
régimes dictatoriaux, pour essayer d'éviter
que cette candidature puisse être une
référence parmi les travailleurs.
En ce sens, nous dénonçons la candidature
de Willi Meyer de Gauche Unie (un
front électoral dont fait partie le PCE, qui
a soutenu le gouvernement du PSOE) comme
étant collaborationniste et antidémocratique.
Au lieu d'être solidaire avec Initiative
Internationaliste, elle a défendu la «
Loi des Partis » en déclarant : « Si un juge
ou un tribunal décide qu'une certaine
candidature ne doit pas se présenter,
celle-ci n'a qu'à ne pas se présenter ». Nous
saluons au contraire tous ceux qui, depuis
les rangs du PSOE et de la Gauche Unie, se
manifestent contre l'invalidation.
Si cette candidature est finalement
déclarée illégale, nous assisterons à des
élections frauduleuses. Si en soi déjà, lors
des élections démocratiques bourgeoises, il
est difficile pour les travailleurs de
s'exprimer, maintenant, en Espagne, cette
bourgeoisie prétend qu'une option ouvrière et
démocratique ne pourrait se présenter aux
élections.
Nous voulons dénoncer que l'invalidation,
si elle est appliquée, va contre les droits
démocratiques de tous les Européens, qui
voient comment chaque jour s'imposent
davantage de mesures arbitraires, tant depuis
l'Union européenne, contre les travailleurs
immigrants, que dans des pays comme l'Italie,
où Berlusconi a légalisé les patrouilles de «
citoyens » de caractère fasciste pour la
surveillance des rues.
Au nom de la LIT-QI, nous nous joignons à
l'appel d'Initiative
Internationaliste à toutes les
organisations et personnes qui se considèrent
comme démocratiques, pour dénoncer cette
attaque contre les libertés démocratiques et
pour se mobiliser contre elle, ainsi que pour
exiger du gouvernement espagnol et de la
justice qu'ils permettent la présentation de
cette candidature.
Secrétariat International de la
LIT-QI
São Paulo, le 19 mai
2009
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