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Déclaration du GSI suite au tremblement de terre en Haïti.

Solidarité avec les travailleurs et
le peuple haïtiens !

Le nom d'Haïti sonne particulièrement aux oreilles des révolutionnaires du monde entier. Après avoir lutté pour l'abolition de l'esclavage pendant la Première république et contre son rétablissement par le corps expéditionnaire envoyé par Bonaparte c'est une des premières colonies a être devenues indépendantes, en 1804.

Depuis, avec constance, les puissances coloniales et les impérialistes, notamment la France et les Etats-Unis d'Amérique, se sont acharnées sur ce peuple, l'enfonçant dans la misère, fomentant des coups d'Etat et prenant prétexte de l'instabilité politique qu'ils avaient eux-mêmes provoquée pour y envoyer des troupes d'occupation.

C'est le cas aujourd'hui avec la Minustah, présente sur place depuis 2004, sur mandat de l'ONU, après que les impérialistes étatsunien et français aient conjointement travaillé au renversement du président d'alors, J.­B. Aristide.

Mardi 12 janvier, la terre a tremblé en Haïti semant la mort et la désolation dans ce pays parmi les plus pauvres de la planète. Déjà frappée l'an dernier par plusieurs cyclones, la partie occidentale de l'île d'Hispaniola a été dévastée à tel point que les responsables de l'ONU eux-mêmes reconnaissent qu'il s'agit d'une catastrophe sans précédent en temps de paix.

Port-au-Prince, la capitale, comme d'autres villes ont été détruites jusqu'à 80%. On annonce déjà des dizaines de milliers de morts, plus de cent mille d'après le Premier ministre, dans un pays qui compte moins de 10 millions d'habitants. Toutes les infrastructures ont été durement touchées à commercer par les hôpitaux. L'eau, la nourriture, l'électricité manquent cruellement.

Qui peut croire un instant que ceux qui ont occupé Haïti, l'ont brutalisée et affamée, qui peut croire qu'ils vont la secourir ? La planète est riche, les moyens existent pour venir en aide à Haïti. Mais la concurrence entre les impérialistes fait rage : c'est à qui va contrôler l'aéroport et le port, les routes, les infrastructures ; c'est à qui va distribuer l'aide frappée de son drapeau, de son logo ; c'est à qui va acheminer ses équipes de secouristes et ses journalistes... C'est à qui va sauver prioritairement ses ressortissants et fouiller d'abord les décombres des hôtels pour riches touristes.

Chaque transnationale appuyée par son impérialisme se positionne pour participer à la reconstruction et s'arroger des parts de marché sur le sang des haïtiens. Le peuple haïtien se meurt et les capitalistes se battent comme des chacals autour de sa dépouille. Depuis vendredi 15, on a assisté à un bras de fer honteux, scandaleux, entre les puissances impérialistes pour obtenir l'accès à l'aéroport de Port-au-Prince passé sous commandement US et le même scénario risque de se produire à nouveau avec les opérations pour réactiver le port.

Mais en même temps, les impérialistes craignent ce peuple qui conserve des traditions séculaires de lutte révolutionnaire. Aussi, une des premières déclarations d'Obama a été pour annoncer l'envoi d'un porte-avions et de 10 000 soldats dont des marines. De son côté, Sarkozy - qui a dépêché des éléments de la marine - cherche à convaincre l'Union européenne d'aller dans le même sens avec un millier de gendarmes. L'hypocrite Besson, ministre de Sarkozy, qui renvoie tous les jours des afghans vers leur pays en guerre, annonce qu'il suspend les expulsions de ressortissants haïtiens...

Dans une telle situation, les travailleurs du monde entier, les organisations, partis et syndicats, qui se réclament du mouvement ouvrier doivent se mobiliser sans attendre pour venir en aide aux travailleurs et au peuple haïtiens. Ils doivent se mobiliser pour que les haïtiens restent maîtres chez eux et que toute force d'occupation soit retirée d'Haïti. Les organisations ouvrières des USA et de France ont une responsabilité particulière dans ce combat qui les oppose à leur propre bourgeoisie impérialiste.

Le GSI est prêt à prendre toute sa place dans une telle campagne en relation avec la LIT-QI et avec l'organisation ouvrière haïtienne Batay Ouvriye. Il tient à assurer les travailleurs et le peuple haïtiens de son soutien et de sa solidarité.

Paris, le 17 janvier 2010

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