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Groupe Socialiste Internationaliste
Section Française de la Ligue Internationale des Travailleurs
Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Article paru dans l'Internationaliste n°96

Pseudo puce Retour aux déclarations et communiqués 2010

Construisons la grève générale de l'éducation

Communiqué du GSI

Dans l’éducation, la mobilisation a progressé à un rythme très rapide ces dernières semaines. Le 1er février, deux établissements du 93 étaient en grève (la cité scolaire Wallon à Aubervilliers et le Lycée Politzer à Montreuil) ; un peu plus de 2 semaines plus tard, 90 collèges et lycées et 75 écoles de l’académie de Créteil, ainsi que l’IUFM de Créteil, étaient mobilisés lors de la journée du 18 février. Cette amplification très rapide du mouvement ne peut être considérée que comme une traînée de poudre : durant cette courte période, en effet, les réformes annoncées se sont concrétisées, les coupes budgétaires et suppressions de postes ont pris corps.

C’est en particulier l’annonce des DHG (Dotation Horaire Globale, celle-ci détermine les moyens en heures d’enseignement des établissements du second degré) qui ont signalé partout des suppressions de postes, des pertes en moyens d’enseignement, des fermetures de classes, d’options ou de dispositifs d’enseignement spécialisé (SEGPA, RASED, classes d’accueil…). Mais c’est aussi le problème du remplacement, ultra-récurrent dans l’académie de Créteil et parvenu ces derniers mois à un point intolérable. D’ailleurs, dans les écoles, sont arrivés les premiers étudiants « remplaçants » dépourvus de formation. Tout cela est la conséquence directe et très visible des suppressions de postes, de la réforme de la formation des maîtres et des réformes Châtel.

En dépit de son caractère explosif et spontané, ce mouvement a donc une base solide. En marge des syndicats, dont ils n’ont pas attendu la réaction, les enseignants prennent en main leur mouvement. Ils se sont organisés en AG de grévistes dès le 4 février, en grève illimitée, en allant faire débrayer d’autres établissements ; les syndicats sont d’abord restés en retrait, mais ils essaient désormais de rattraper ce mouvement (le SNES à partir du 11 février, les autres syndicats le 16 seulement).

On n’a certes pas vu de manifestation d’ampleur pour l’instant (en tout cas, pas comparable à celles de l’an passé), mais le nombre des manifestants est en augmentation constante depuis le 21 janvier, et avec des dates de plus en plus rapprochées (30 janvier, 9, 11, 16 et 18 février). De nombreux rassemblements, assemblées générales et réunions d’information ont aussi été organisés pendant ces 4 dernières semaines : les travailleurs de l’Education Nationale ont, très positivement, formé et assumé la base de la mobilisation.

Plusieurs éléments montrent qu’elle peut encore s’élargir. En effet, les enseignants reçoivent un soutien très ferme des parents d’élèves, comme le montre l'appel à l'école déserte FCPE 93 : les travailleurs de la région parisienne ont bien compris que les réformes actuelles sont « la marche forcée vers l’élitisme, la sélection millimétrée et les économies d’échelle sur le compte de la grande majorité des familles » (position de la FCPE 95) c’est à dire l’éviction des enfants d’ouvriers. En outre, l’enseignement supérieur appelle à l’unité avec le primaire et le secondaire : c’est un pas important, qui n’avait pas été franchi l’an passé, et qui va permettre d’aller vers un mouvement unitaire.

Pourtant, ces dernières semaines, les médias ont uniquement insisté sur les problèmes de violence, semblant ignorer qu’ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Il est vrai, toutefois, que la situation du Lycée Chérioux de Vitry a démontré tout le cynisme de la politique du gouvernement. Les enseignants sont considérés comme grévistes alors qu’ils usent du droit de retrait. Les phénomènes de violence sont instrumentalisés par l’Etat, non seulement pour mettre en place un arsenal répressif à l’entrée des établissements (« plan de sanctuarisation », Equipes Mobiles de Sécurité…) mais aussi pour développer un marché de la sécurité scolaire.

C’est ainsi un véritable sabotage de l’enseignement public qui s’organise, afin que l’enseignement privé devienne la seule alternative aux yeux des parents. Pour ces raisons, le lycée Chérioux a au moins en partie servi de catalyseur du mouvement. Sa situation est emblématique et pose la question des moyens humains : seuls des adultes formés, stables dans l’établissement, pouvant être envisagés comme des référents par les jeunes, sont capables de prévenir et d’enrayer les phénomènes de violence.

Au moment où nous écrivons, le relais est pris et les académies de Marseille, Lille et Amiens connaissent déjà des mobilisations (2 jours après leur rentrée des vacances d’hiver), notamment à cause du retrait des moyens attribués en ZEP (Zones d’Education prioritaire). Le mouvement entamé par les académies de la région parisienne est en passe de connaître une continuité nationale.

Mais au-delà, l’ensemble du mouvement est à replacer dans le contexte d’une UE qui saigne à blanc les services publics, en premier lieu l’éducation et la santé : la crise pousse les capitalistes à trouver de nouveaux marchés mais les travailleurs ne veulent pas payer et remettent en cause de plus en plus ouvertement le système capitaliste. Ainsi l’éducation est depuis plusieurs années à la pointe des mouvements (Italie, Allemagne, Grèce…), parce qu'elle est au coeur des attaques de ce système.

Deux dates sont d'ores et déjà posées, en fonction du calendrier électoral : le 12 mars, appel à la grève dans l'éducation, et le 23 mars, grève interprofessionnelle. Dans ce cadre, l’ensemble des travailleurs de l’éducation doit dès maintenant refuser de gérer la pénurie imposée, refuser de siéger en CA, surtout dans le contexte de « l’autonomie des établissements », c'est-à-dire en réalité de l’autocratie renforcée de leur direction. Ils doivent au contraire continuer de déborder les directions syndicales et de renverser les obstacles électoralistes qu’on leur présente.

Les enseignants doivent continuer à être les maîtres de leur mobilisation et tout faire pour que ces deux dates organisées en mars ne provoquent pas un ralentissement de la mobilisation : au regard de son caractère croissant, elles ne suffisent pas mais il faut en faire des charnières. Il faut poursuivre les AG communes de ville pour construire l’unité la plus large entre tous les enseignants et personnels, mais surtout avec les parents d’élèves. La dégradation de nos conditions de travail entraîne la dégradation des conditions d’étude de leurs enfants. Dès le 12 mars, toute l'éducation doit se mettre en grève illimitée, des AG démocratiques doivent permettre de construire l'unité lycéens, étudiants, salariés, constituant ainsi les étapes-clés vers la grève générale.

Le 5 mars 2010

Non aux EMS ! Non aux caméras !

Pour un recrutement à hauteur des besoins de personnels de vie scolaire, d’enseignement, d’orientation !

Non à l’individualisation des diplômes ! Pour un lycée unique ! Pour un bac national !

Non à la réforme de la formation des maîtres !

Pour un concours ouvert à bac+3, une vraie formation et un recrutement à bac+5 !

80000 postes tout de suite ! Restitution au public des toutes les subventions du privé !

Pour une éducation publique, laïque, gratuite de la maternelle à l’université !

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