| Depuis le jeudi 10 juin, la
grève générale est effective en Polynésie
française. Appelée par un collectif de onze
organisations syndicales organisées en «
Collectif pour la paix », cette grève
paralyse déjà les secteurs essentiels que
sont les transports et des communications
dans un groupe d'archipels qui occupent une
superficie comparable à celle de l'Europe.
Un premier bras de fer vient d'avoir lieu
avec les pompiers de l'aéroport international
de Faaa qui ont refusé la réquisition. Le
Haut-commissaire a décidé de les faire
remplacer « ponctuellement » par des pompiers
militaires...
L'avenir des retraites et de la sécurité
sociale sont au centre des revendications. La
dégradation du système de santé a déjà
provoqué des mobilisations dans les hôpitaux
qui sont à nouveau fortement mobilisés. Le
chômage dans l'archipel a explosé après le
recul de l'industrie du tourisme et l'annonce
du démantèlement de certaines infrastructures
militaires : 9 000 emplois ont été supprimés
en deux ans alors que la population compte au
total 260 mille habitants !
S'ajoute le contentieux portant sur
l'indemnisation des victimes des essais
nucléaires et, surtout, sur le suivi médical
sur la durée pour la population et
l'environnement des conséquences des 46
essais en atmosphère et 146 essais
souterrains de 1966 à 1996.
« Collectivité d'outre-mer » la
Polynésie possède un statut intermédiaire
entre celui de la Kanaky et celui d'un «
département d'outre-mer ». A ce titre elle
dispose de ses « institutions » élues mais
ses « lois » sont sous la haute surveillance
du Conseil constitutionnel et du Conseil
d'Etat français... Un Haut-commissaire y
représente le gouvernement Sarkozy-Fillon de
l'état colonial.
Les attaques portées par le gouvernement
local de Gaston Tong Sang et par le
gouvernement de Sarkozy-Fillon sont les mêmes
en Polynésie qu'en « métropole ». Elles
doivent recevoir la même réponse.
La mobilisation des
travailleurs de Guadeloupe et de Martinique
en 2009 ont montré la voie :
la grève générale pour faire plier le
gouvernement,
la grève générale pour faire plier la
bourgeoisie et l'Etat colonial !
Paris, le 14 juin 2010, le
GSI
|