| Au début de l'année, un
terrible tremblement de terre qui a dévasté
Haïti a fait que 230 mille morts sur une
population d'un peu moins de 10 millions
d'habitants. Aujourd'hui, 1,3 million de
personnes vivent toujours dans des campements
insalubres et les haïtiens sont de plus
menacés d'une grave épidémie de choléra qui a
déjà fait plusieurs centaines de morts.
Déjà, en janvier, les impérialistes
avaient multipliés les promesses d'aide
d'urgence au peuple haïtien. En réalité, sous
couvert d'aide humanitaire, ils ont profité
de la situation pour accroître l'emprise de
leurs multinationales. Ce pays parmi les plus
pauvres du monde a continué à s'enfoncer dans
la misère, la famine, la maladie ;
l'impérialisme a renforcé son entreprise
d'occupation coloniale de l'île.
Dès son arrivée, l'armée US est intervenue
directement pour réprimer une population
affamée et protéger les intérêts des
capitalistes qui exploitent l'île et ses
travailleurs. Elle est ainsi venue soutenir
la MINUSTAH, envoyée par l'ONU en 2004 pour
assurer les intérêt de l'impérialisme en
Haïti, corps constitué d'armées de 19
nationalités, et commandé par le Brésil,
auquel participe l'impérialisme français,
impérialisme qui avait « proposé » à l'Union
Européenne de... déployer une force conjointe
de gendarmerie.
Qui peut croire un seul instant qu'il va
en aller autrement cette fois-ci avec
l'épidémie de choléra ? D'ailleurs, le
gouvernement Sarkozy-Fillon a décidé de
récidiver en envoyant... de nouvelles forces
de répression ! Un escadron de 73 militaires
de la gendarmerie mobile d'Orange devrait
partir samedi pour Port au Prince !
Envoyée l'année dernière en Guadeloupe
pour imposer la volonté de la bourgeoise
coloniale et de l'impérialisme suite aux
accords Binot, appelée en renfort lors du
sommet France-Afrique de Nice, au mois de
mai, ou au centre de rétention de Perpignan
cet été, la brigade mobile d'Orange est
particulièrement entraînée à défendre les
intérêts coloniaux de l'impérialisme
français. Cet escadron n'a rien à faire en
Haïti !
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Les travailleurs
haïtiens, la jeunesse haïtienne, le peuple
haïtien n'ont pas besoins de militaires et de
policiers, ils ont besoin de moyens
sanitaires, alimentaires et éducatifs, ils
ont besoin d'un logement digne de ce nom qui
manquent crûment, vue l'extrême pauvreté du
pays. Or, justement, cette pauvreté,
cette misère, l'impérialisme en porte la
responsabilité.
Au premier rang, l'impérialisme français
qui a imposé le paiement de l'odieuse « dette
» de 150 millions de francs-or, imposée en
1825 par Charles X, sous la menace d'une
nouvelle invasion de l'île, afin de «
dédommager » les colons suite à
l'indépendance haïtienne proclamée en 1804.
Nous le savons, les dettes aux
puissances impérialistes sont de redoutables
chaînes aux pieds des colonies et des
semi-colonies contraintes de rester dans la
misère la plus totale.
Aujourd'hui, le montant de cette « dette »
payée par Haïti jusqu'au dernier franc, en
1972, est évaluée à 17 milliards d'euros.
Voilà, en réalité, ce que l'impérialisme
français doit au peuple haïtien, pour ne
parler que d'argent. Ces 17 milliards
d'euros doivent être rendus au peuple d'Haïti
!
Nous somme convaincus, comme nous
l'écrivions déjà en janvier dernier, que,
dans une telle situation, les travailleurs du
monde entier, les organisations, partis et
syndicats, qui se réclament du mouvement
ouvrier doivent se mobiliser sans attendre
pour venir en aide aux travailleurs et au
peuple haïtiens. Ils doivent se mobiliser
pour que les haïtiens restent maîtres chez
eux et que toute force d'occupation soit
retirée d'Haïti. Les organisations ouvrières
des USA et de France ont une responsabilité
particulière dans ce combat qui les oppose à
leur propre bourgeoisie impérialiste.
Paris, le jeudi 28 octobre
2010.
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