| Les
élections régionales se dérouleront les 14 et
21 mars dans un contexte marqué par une
nouvelle phase d’aggravation brutale de
la crise du système capitaliste dans son
ensemble. Cette année, en France, un million
de travailleurs arriveront en fin de droit
d’allocation chômage alors qu’ils
ont été officiellement près de 400 000
frappés par des licenciements en 2009 (+ 18,5
%).
La bourgeoisie et ses
valets politiques cherchent à faire payer la
crise aux travailleurs et à la jeunesse,
cependant que les travailleurs et la jeunesse
résistent et cherchent les voies de
l’offensive. Les grèves se multiplient
à l’approche des élections.
L’aiguisement de la lutte des classes
est l’élément déterminant de cette
période. Sur le plan électoral, cela devrait
se traduire par l’abstention ouvrière
et populaire.
La régionalisation au
service des capitalistes
Les régions sont un élément institutionnel
central de l’Union européenne,
construction d’inspiration
démocrate-chrétienne, ceci n’est pas
par hasard. La révolution bourgeoise avait
détruit les « pays » de l’Ancien régime
pour leur substituer les départements. Sous
l’inspiration des nostalgiques
régionalistes de l’Ancien régime, à
l’exemple de Ch. Mauras, de
l’Action française, les régions ont été
créées par l’« État français » du
sinistre maréchal Pétain.
Après 1958, Ch. de Gaulle redonne toute sa
portée à cette « nouvelle » division
administrative et, en 1981, F. Mitterrand
engage le mouvement de décentralisation qui
aboutit, gouvernement après gouvernement, de
droite comme « de gauche », à la situation
que nous connaissons aujourd’hui. Il
est bien erroné de voir dans ce régionalisme
un cadre d’émancipation des peuples
opprimés d’Europe, au contraire. De la
Communauté économique européenne de 1957 au
Traité de Lisbonne en passant, en 1994, par
la création du Comité des régions, celles-ci
sont, pour les capitalistes, l’échelon
économique le plus immédiatement rentable et
un outil de destruction de nos acquis.
Par le biais du désengagement financier de
l’État, les régions sont mises en
concurrence pour obtenir des aides
européennes, pour attirer des investisseurs
et créer des emplois, ce qui multiplie les
délocalisations entre régions en fonction du
dumping fiscal et social, des subventions
déguisées. La course à la précarité, la casse
du code du travail et des conventions
collectives, les licenciements sont, pour les
travailleurs, l’unique résultat de
cette politique menée à l’échelle
européenne et renforcée par l’adoption
du « mini-traité » constitutionnel qui
prévoit l’émergence de « régions
européennes » transfrontalières, futures
locomotives de la croissance des profits.
Alors que l’Union européenne
traverse une importante crise politique
ouverte par le « non » français et
néerlandais au référendum de 2005, alors que
l’euro et sa stabilité sont compromis
par l’endettement des états membres,
les bourgeoisies européennes cherchent toutes
à avancer dans la destruction de nos acquis
pour diminuer toujours plus les coûts de
production.
Les régions constituent un vecteur
essentiel de ces attaques. La réforme des
collectivités locales préconisée par la
commission Balladur va dans le sens
d’un renforcement de leur rôle.
C’est aussi le cas de la fin annoncée
de la taxe professionnelle qui permettrait de
pénaliser les régions industrielles au profit
des régions « tertiaires » et de services ;
c’est le sens de la mise en place des
pôles d’excellence universitaires
adossés à des pôles de compétitivité qui
menace de fermeture des dizaines
d’universités. En plus des cadeaux au
patronat, on casse le contenu national des
diplômes, des statuts et du code du travail
pour précariser toujours plus, on diminue le
budget de la santé grâce aux agences
régionales de la santé, on exclut un million
de chômeurs de tous droits.
La dotation globale de financement,
principale contribution financière de
l’État au fonctionnement des régions,
sera majorée pour celles qui réduisent la
masse salariale, privatisent, précarisent et
sera minorée pour les autres. La loi
organique sur la loi de finances (LOLF), la
révision générale des politiques publiques
(RGPP) montrent désormais tout leur pouvoir
de nuisance à l'encontre des services publics
et de l'emploi public. La seule loi sur la
mobilité a permis la suppression de plus de
100 000 emplois publics entre 2007 et 2010.
Il faut y ajouter la multiplication des
attaques contre la sécurité sociale, les
retraites, l’éducation et la santé
publiques ; la mise à mal du logement social,
la privatisation de la Poste et celle,
programmée, de la SNCF ; la généralisation
des statuts précaires et des salaires de
misère…
La liste est longue et risque encore de
s’allonger. L’explosion de la
dette de l’État, conséquence d’un
plan d’urgence international pour les
capitalistes – la dette publique
française augmentera de 50 % entre 2007 et
2012 – et la formation de nouvelles
bulles spéculatives, notamment sur les
matières premières et la dette publique,
démontrent que la crise est loin d’être
terminée, malgré les déclarations se voulant
rassurantes des analystes bourgeois.
Gauche
gestionnaire… ou parti révolutionnaire
?
Les partis de « gauche » et d’«
extrême gauche », que ce soit le Front de
gauche (qui regroupe essentiellement le PCF
et le Parti de Gauche, lui même issu d'une
scission du PS), Lutte ouvrière ou encore le
NPA, tentent de nous expliquer qu’« un
autre monde capitaliste est possible »,
qu’il faut faire barrage à la droite à
travers les élections. En cela, ils sont
électoralistes et ne défendent pas les
intérêts des classes ouvrières. Alors
qu’ils devraient faire de ces élections
une tribune pour aider la classe ouvrière à
unifier ses luttes et poser les bases
d’une alternative politique en termes
de rupture avec le système capitaliste, pour
le socialisme, ils font l’inverse. Ils
sèment la confusion et des illusions en
faisant des mobilisations un point
d’appui pour les élections, pour des
sièges dans les exécutifs régionaux en accord
avec les partis bourgeois PS, Europe écologie
et MoDem.
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Quelle politique entendent
mener le Front de gauche, LO ou le NPA
lorsqu’il faudra choisir entre la
construction d’un lycée ou d’un
hôpital, entre la fermeture d’une Poste
ou la subvention aux capitalistes ? Vont-ils
« jouer le jeu » institutionnel et servir de
caution de gauche au PS et à l’UMP ?
Vont-ils, comme le PS, faire de
l’accompagnement social « local » des
projets de destruction nationaux et européens
? Nous ne soutenons pas ceux qui veulent
cogérer la misère !
En présentant les élections régionales
comme l’unique perspective, ces partis
refusent d’aider les travailleurs à
s’organiser et à unifier leurs luttes
aux niveaux national et européen afin de
trouver une réponse à la crise économique
structurelle que connaît le système
capitaliste. Tel est le sens de
l’empressement du NPA à trouver un
accord électoral après sa défaite aux
européennes et son absence de programme
national !
Tel est aussi le sens des atermoiements de
Lutte ouvrière, qui ne se présente que «
pour permettre aux électeurs de se
prononcer sur la politique nécessaire pour
sauver les conditions d’existence des
classes exploitées ». Il ne s’agit
pas de se prononcer dans les élections mais
d’unifier nos luttes !
L’abstention massive lors des élections
régionales de 2004 ou des européennes de 2008
prouve bien que les travailleurs et de la
jeunesse n’attendent rien de ces
élections mais recherchent les voies de
l’offensive.
Ces deux organisations, LCR (devenue NPA)
et LO, qui défendaient un plan
d’urgence en 2004, ne le font même
plus, alors que la situation économique
s’est aggravée pour les travailleurs.
Avec le Front de gauche, ces partis acceptent
le cadre régional alors même qu’il est
un axe central d’attaques au niveau
européen.
Au contraire, nous pensons que le rôle des
révolutionnaires est d’impulser
l’organisation et la mobilisation des
travailleurs en s’appuyant sur leurs
attentes et leurs espoirs, qui se trouvent
sur le terrain de la lutte des classes.
Grèves et mobilisations se multiplient. De
défensives, elles sont de plus en plus
offensives, comme le démontrent nombre de
conflits récents.
Ainsi, chez Pier Import ou Ikéa, on refuse
les primes au mérite et on réclame des
hausses de salaires de 4 % pour tous. Chez
Philips à Dreux ou chez Total à Dunkerque, on
refuse les délocalisations et les
licenciements en occupant le lieu de travail,
en lançant des tentatives locales de contrôle
ouvrier sur la production. Des travailleurs
montrent la voie et tentent de surmonter
l’obstacle que représentent les
bureaucraties syndicales.
Et ce n’est pas étonnant ! Outre
ceux du PS, ce sont des militants du NPA, de
LO ou du Front de gauche qui dirigent ces
organisations, membres de la Confédération
européenne des syndicats, qui négocie à
Bruxelles les contre-réformes contre
lesquelles nous luttons ! Pour soutenir les
travailleurs victimes de la répression comme
ceux de Molex, ErdF ou Continental, ils se
contentent d’une simple déclaration
et… d’un appel au vote !
Un seul plan
d’urgence possible : la perspective du
socialisme
Les travailleurs ne se font aucune
illusion sur ces élections comme moyen de
stopper les attaques capitalistes de
destruction de leurs conquêtes.
L’interdiction des licenciements et des
délocalisations n’est possible
qu’avec l’expropriation sans
indemnisations des patrons, tout comme
l’augmentation des salaires, la défense
du service public et du statut des
fonctionnaires ne peuvent aboutir sans
unification des luttes en France et à
l’échelle européenne ! C’est
pourquoi nous appelons à
une abstention ouvrière et populaire
active.
L’alternative à la barbarie
capitaliste ne se trouve pas dans sa «
moralisation » mais dans la révolution
socialiste, dans la propriété collective des
moyens de production et d’échange.
L’alternative à l’Europe de
Maastricht ne se trouve pas dans une « Europe
sociale » mais dans les États-Unis
socialistes d’Europe ! Et ce changement
ne passera ni par les urnes, ni par les
institutions bourgeoises, mais bien par la
lutte des classes !
Seule la construction d’un parti
révolutionnaire en France et partout en
Europe pour la prise du
pouvoir permettra la mobilisation
permanente des masses au niveau européen afin
de stopper les attaques, construire la grève
générale pour faire tomber les gouvernements
et avancer le socialisme comme perspective,
comme alternative au capitalisme. C’est
ce à quoi s’emploie le GSI, section
française de la Ligue internationale des
travailleurs-Quatrième Internationale, ainsi
que ses autres sections européennes.
Mobilisation
unitaire et permanente des travailleurs et de
la jeunesse, pour la grève générale, pour la
prise du pouvoir, pour le socialisme
!
Construisons le parti
ouvrier internationaliste pour le socialisme
!
Pour les États-Unis
socialistes d’Europe :
Abrogation de
tous les traités européens !
Non à la
régionalisation / décentralisation
!
Paris, le 21 février
2010
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