| A Rosarno, en Calabre, région
du Sud de l'Italie, des travailleurs immigrés
ont été barbarement attaqués par des bandes
racistes (à coups de barres et de tirs
d'armes à feu, blessant gravement un
migrant), ainsi que par les forces de
l’ordre bourgeois. En réponse à cette
agression -et comme ce fut déjà le cas il y a
un an dans une autre région, en
Castelvolturno- les travailleurs immigrés ont
organisé leur auto-défense ainsi qu’une
révolte contre leurs agresseurs et contre
ceux qui les exploitent.
Il s'agit de travailleurs utilisés
essentiellement comme journaliers agricoles
et privés de tous droits, à commencer par le
droit au permis de séjour. Aussi, comme ils
risquent d’être expulsés, ces
travailleurs subissent le chantage des
propriétaires agricoles pour lesquels ils
représentent une grosse source de profits:
ils travaillent pour des salaires misérables
(un euro de l’heure, par exemple) et
même pour pas de salaire, puisque bien
souvent, après des mois de travail, ils ne
sont pas payés. Sans contrat de travail, ils
sont obligés de souffrir les attaques et les
violences des contremaîtres, des grands et
petits propriétaires (qui, dans le Sud,
opèrent de concert avec les organisations
maffieuses et criminelles). Ces travailleurs
sont par ailleurs obligés de vivre dans des
conditions inhumaines, entassés dans des
hangars ou des bâtiments abandonnés et
insalubres, des lieux très dangereux par la
santé. Tout cela, dans un pesant climat
d'intolérance raciale. Une intolérance qui,
dans le contexte de crise du capitalisme, a
été favorisée par les gouvernements des deux
coalitions bourgeoises (ainsi que par la
législation européenne), à coups de "lois
sécuritaires" s’attaquant lourdement
aux travailleurs émigrés et leurs familles.
En effet, à partir de la loi Turc-Napolitano,
suivie de la loi Bossi-Fini, et des deux
"paquets sécurité" successifs, Amato et
Maroni, les gouvernements ont promu des
politiques racistes et construit des centres
d'expulsion… Ces lois contre les
émigrés rendent de plus en plus difficile
l’obtention d’un permis de séjour
et, consécutivement, elles génèrent une
aggravation radicale des conditions de vie et
de travail.
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Les violentes attaques racistes
et la grave exploitation que les travailleurs
immigrés subissent quotidiennement ne sont
pas, uniquement, un effet de la présence
d'organisations de type maffieux dans la
région. Il s'agit au contraire d'un phénomène
qui sévit partout en Europe: pour garantir
les taux de profit, l'économie capitaliste a
besoin d'une "armée de réserve", et ces
immigrés privés de droits et de permis de
séjour constituent, pour le patronat, une
importante source de bénéfices. Les immigrés
sont donc indispensables au fonctionnement de
l'économie capitaliste, et ils représentent
une proportion considérable de la classe
ouvrière, principalement dans l'industrie,
l'agriculture et la construction. Aussi, à
travers les guerres et la spoliation des
ressources menée par les multinationales dans
les pays d'origine, le capitalisme oblige
premièrement les masses désespérées à émigrer
pour pouvoir survivre ; ensuite, il les
exploite pour en tirer un maximum de profits,
tout en promouvant la guerre entre les
pauvres pour créer des divisions au sein de
la classe ouvrière, y compris au sein des
travailleurs immigrés eux-mêmes, ceux qui
n’ont pas de permis de séjour devenant
automatiquement des clandestins, des
"illégaux". Ces divisions affaiblissent toute
la classe ouvrière: il n’est possible
de défendre le travail et le salaire que par
le combat pour des meilleures conditions pour
tous (travailleurs « locaux » et travailleurs
immigrés, avec ou sans permis de séjour) La
Coordination européenne de la Ligue
Internationale des Travailleurs - Quatrième
Internationaux (LIT-QI) exprime sa totale
solidarité aux travailleurs émigrés de
Rosarno, soutient les manifestations en leur
défense et appelle toutes les organisations
syndicales, les organisations politiques et
les associations à organiser encore des
initiatives pour le soutient aux immigrés.
Nous exigeons :
- Titre de séjour
pour tous les immigrés présents dans le
territoire national.
- Droits syndicaux pour
tous les travailleurs immigrés, et les
mêmes droits civils que les travailleurs
italiens.
- Droit à l'auto-défense
organisée pour repousser les attaques
racistes.
- Droit à un contrat de
travail et à un poste fixe pour tous les
immigrés ; des salaires dignes et en
adéquation au coût de la vie.
- Des logements
publics et dignes pour les immigrés sans
abri.
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