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Document paru dans l'Internationaliste n°117

Retour aux déclarations et communiqués de 2012

Appel aux travailleurs et à la jeunesse d'Europe.
Travailleurs et jeunes d'Europe. Depuis cinq ans maintenant, au nom de la crise, les entreprises ferment, les licenciements se multiplient, des millions d'entre nous ne perçoivent que de maigres allocations de chômage et des millions d'autres dépendent désormais de l'aide sociale ou d'organisations caritatives. Nombreux sont ceux qui se retrouvent à la rue, sans logement.

Les femmes sont les premières frappées par le chômage, les bas salaires et les pensions de misère. Les jeunes et les vieux sont enfoncés dans la précarité, voués à une paupérisation inexorable si la même politique continue à s'appliquer.

Nos salaires baissent, nos systèmes de protection sociale sont attaqués, brisés. Nos services publics sont démantelés ou privatisés. Ils sont les premiers visés par les coupes budgétaires, à commencer par la santé et l'éducation.

Nos pensions de retraites sont rognées par l'inflation, par les programmes d'austérité décidés par les gouvernements. Pire, de plus en plus souvent elles disparaissent purement et simplement car la bourse, les spéculateurs, l'ont décidé.

Ceci est une atteinte intolérable à notre dignité, une atteinte intolérable à notre vie tout simplement.

Cette crise nous ne l'avons pas voulue et nous n'en sommes pas responsables. C'est en réalité une des phases de la crise du système capitaliste qui a commencé à la fin du XIXème siècle.

Miné par de profondes contradictions, le capitalisme survit par le parasitisme et la guerre, allant de catastrophe en catastrophe. Comme les précédentes crises du XXème siècle, celle-ci menace d'être durable et brutale.

Travailleurs et jeunes d'Europe, voilà où nous en sommes. Pourtant ceci n'est pas une fatalité.

Des décennies de contre-réformes

Pendant des décennies, les gouvernements des pays européens et les représentants des institutions du continent, à commencer par l'Union Européenne (UE), tous ces dirigeants nous ont affirmé que leurs « réformes » étaient nécessaires et inéluctables. Ils ont répété qu'au terme de ces réformes régneraient la prospérité, la paix et la démocratie. Qu'avons-nous vu ?

Nous avons vu la même politique s'appliquer sur tout le continent, à l'ouest, au centre et à l'est de l'Europe, au nord comme au sud. Nous avons vu les traités se succéder, rédigés sous la férule des marchés, dictés par les spéculateurs, les financiers et les banquiers, les actionnaires, les capitalistes.

Nous avons vu s'accroître les inégalités. Nous avons vu les riches devenir encore plus riches, percevant des revenus insolents et accumulant un patrimoine inestimable dont ils ne savent que faire si ce n'est chercher à en tirer des profits encore plus grands.

Nos salaires et nos pensions ont été bloqués, ou peu s'en faut. Ils se sont dévalorisés. Les banquiers nous ont poussés à nous endetter pour nous loger, pour assurer notre avenir, payer les études de nos enfants, nous soigner, pour simplement nous nourrir.

Tout cela pour que nos patrons puissent écouler au prix fort les marchandises que nous produisons à des coûts toujours plus bas. Tout cela pour que les capitalistes continuent à en tirer de confortables profits.

Avons-nous été consultés à propos d'une telle politique ? Sur le fond, jamais, ou si rarement que, quand ce fut possible un rejet profond s'est exprimé, comme au Danemark, en Irlande, aux Pays-Bas ou en France.

Pourtant, les traités européens se sont appliqués, au besoin après un nouveau vote sous la menace, ou bien en dehors de l'avis des travailleurs et plus largement des peuples concernés.

Pourtant, l'unité de l'Europe, la fin des frontières, la fin des guerres ont été le rêve de générations d'Européens.

Cette Europe s'est nourrie d'une espérance.

L'espérance, c'est celle des anciens, de nos parents et de nos grands-parents. Elle est née de la volonté de générations qui ont vu ce continent ravagé par plus d'un siècle de guerres séparées par de courtes périodes de paix.

Elle est née aussi du refus de voir à nouveau s'y affronter les puissances impérialistes pour le partage du monde, avec comme prix des morts, des blessés par millions ; des populations déplacées, des familles dispersées et décimées, des villes et des villages dévastés, des dégâts innombrables, des pays coupés en deux ou rayés de la carte.

Cette espérance est née aussi du rejet de la barbarie. Une barbarie portée à son paroxysme avec l'avènement du nazisme dont nous, travailleurs, ne devons jamais oublier qu'il a commencé en jetant des centaines de milliers de syndicalistes, de militants ouvriers, dans ses premiers camps de concentration.

En 1989, les travailleurs, les jeunes de l'Europe Centrale et de l'Est, de l'URSS, ont renversé la bureaucratie stalinienne, ceci dans l'espoir de prendre leur avenir entre leurs mains, mettant fin à la division de l'Europe décidée à Yalta et Potsdam en 1944-1945.

Cette Europe s'est édifiée sur trois mensonges.

En réponse, les bureaucrates de l'Est se sont alliés aux banquiers de l'Ouest et des USA. Ils se sont alliés à l'Eglise catholique, aux pasteurs et aux popes pour restaurer le capitalisme. Ils sont devenus des bourgeois, des patrons, des capitalistes. Ils ont spolié les travailleurs en revenant à la propriété privée des moyens de production.

Ensemble, avec les dirigeants politiques qui avaient fondé la Communauté puis l'Union Européenne, ils ont mobilisé l'espérance en une Europe prospère, en paix, libre et démocratique. Qu'ont-ils fait de cet espoir ?

La prospérité ?

Selon les termes du Traité constitutionnel, cette Europe c'est avant tout « une économie de marché ouverte dans laquelle la concurrence est libre et non faussée ».

Année après année, accord après accord, traité après traité, les institutions européennes ont libéré les forces du capital, de la finance, drainant vers elles des sommes gigantesques. Les capitalistes nous ont mis en concurrence, dans chaque pays et à l'échelle du continent, à qui accepterait les salaires les plus bas, les conditions de vie et de travail les plus dégradées.

Nos services publics ont été transformés en de vulgaires entreprises commerciales dès lors qu'ils pouvaient rapporter de juteux profits. Sinon, ils ont été purement et simplement démantelés ou bien ils survivent sous l'appellation de « services d'intérêt économique général ».

La privatisation de l'enseignement fait que les entreprises ont un droit de regard prépondérant sur les programmes et les financements. Les frais d'inscription universitaires explosent, les étudiants arrivent dans la « vie active » avec un fardeau de dettes sur le dos.

Aussi, qui peut encore se soigner ? Qui peut encore étudier ? Qui peut encore le faire sans s'endetter ?

Les « réformes » annoncées ont été un cortège de contre-réformes reprenant de la main droite beaucoup plus que ce que la main gauche avait été contrainte de concéder en 1945, de crainte à cette époque qu'une mobilisation ouvrière révolutionnaire balaie à la fois le capitalisme et le stalinisme.

Cette Europe, c'est celle de la concurrence fiscale et sociale, c'est la course à la misère organisée entre nous, travailleurs, et la course aux profits pour nos patrons pour les actionnaires, pour ceux qui possèdent les moyens de production et d'échange, les bourgeois, les capitalistes.

Cette Europe c'est, au nom de la crise, le crédit illimité pour les banques et l'austérité à perpétuité pour les travailleurs et les jeunes. C'est la fin annoncée pour les pêcheurs, les paysans, les artisans et les commerçants qui font face aux monopoles capitalistes.

La paix ?

Combien de souffrances la guerre de restauration du capitalisme dans l'ex-Yougoslavie a-t-elle coûté à elle seule ? Aux limites de l'Europe, quel fut le prix à payer par les travailleurs de Russie, d'Ukraine, de la région du Caucase, pour que les anciens bureaucrates staliniens devinssent des capitalistes comme les autres, également par la guerre ?

Partout les armées des pays de l'UE interviennent : Irak, Afghanistan, Libye, Liban, Côte d'Ivoire, Afrique Centrale, au large de la Somalie. Toujours au nom de la paix et de la démocratie, toujours amenant avec elles les hommes d'affaires chargés de la « reconstruction » et du pillage.

Avec la constitution de l'OTAN en 1949, son omniprésence, son élargissement, avec la création de « l'Eurocorps » et son envoi en ex-Yougoslavie, ou en Afghanistan, avec le déploiement de « l'Eufor » en République démocratique du Congo, l'Europe ne fait qu'apporter la guerre aux côtés de l'impérialisme étasunien : est-ce là la paix ?

Les « sociétés de sécurité » prolifèrent. Ces bandes de mercenaires opèrent sur les cinq continents aux côtés des armées et des sociétés transnationales européennes. Aujourd'hui leurs effectifs dépassent ceux de la police dans de nombreux pays et pourraient bien demain devenir, dans nos pays, les éléments constitutifs de milices fascistes.

La mise en coupe réglée des colonies ou ex-colonies des puissances impérialistes d'Europe continue et s'aggrave, dans le cadre de l'UE et sous couvert « d'intérêts stratégiques », annonciateurs de nouvelles guerres. Ainsi, en 2010, sur les dix plus gros budgets militaires dans le monde, quatre concernent des pays d'Europe, dont deux détiennent l'arme nucléaire. On ose encore nous parler de paix !

La liberté et la démocratie ?

Avec les accords de Schengen, la promesse de « la libre circulation des hommes et des idées » est devenue la libre circulation des hommes d'affaires et des capitaux.

La circulation des travailleurs est entravée sauf quand elle rapporte beaucoup à leurs patrons. Quand les entreprises ne sont pas délocalisées là où les salaires sont plus bas, ce sont les travailleurs qui sont déplacés pour des contrats rémunérés aux pires conditions.

Les gouvernements de l'UE organisent une immigration « choisie » de travailleurs qualifiés venant d'Afrique, du Proche et du Moyen-Orient, d'Amérique Latine, etc. Ces médecins, ingénieurs, techniciens – qui vont manquer parfois cruellement à leur pays d'origine – sont payés en dessous du salaire des travailleurs européens.

Les demandeurs de l'asile politique sont expulsés et souvent ils sont remis à leurs bourreaux. Ceux qui, poussés par les guerres et la famine, cherchent à s'installer en Europe sont pourchassés par l'agence Frontex aux frontières du continent et jusque dans les eaux territoriales de plusieurs pays d'Afrique.

Avec le programme « Eubam », par exemple, l'UE mène des opérations policières en dehors de ses frontières, en territoires moldave et ukrainien : est-ce là la liberté ?

Alors que les gouvernements n'ont de cesse d'en appeler au « consensus » à « l'union nationale » autour de leurs attaques, alors que les gouvernements invoquent la « défense de la souveraineté nationale » pour imposer les régressions sociales et démocratiques, ils méprisent les droits des peuples opprimés à disposer d'eux-mêmes, ils piétinent la souveraineté des colonies et semi-colonies du monde entier !

Comme le prouve l'exemple de la Grèce, l'Union Européenne, les gouvernements d'Europe sont capables de transgresser leur propre légalité chaque fois que les capitalistes le jugent nécessaire.<:p>

Mais ils n'attendent pas pour faire avancer leur projet de « dictature constitutionnelle ». Les libertés démocratiques reculent dans toute l'Europe. Au nom de la liberté religieuse, c'est la liberté de conscience qui est attaquée. Les déplacements du pape des catholiques sont financés avec l'argent public.

Les états affaiblissent les systèmes de protection sociale et renforcent les organismes caritatifs. Le principe de laïcité est attaqué là où il s'applique. Curés, pasteurs, rabbins, imams et bonzes, tous applaudissent et rêvent de retrouver l'emprise qu'ils avaient au moyen-âge : les états comptent sur l'appui des organisations religieuses pour maintenir l'ordre dans les têtes.

Quelle curieuse conception de la liberté celle qui impose aux personnes de demeurer prisonnières de leur communauté « ethnique » ou religieuse ! C'est donc logiquement que le droit des femmes à disposer de leur corps est attaqué : la contraception et le droit à l'avortement sont remis en cause partout, sous prétexte d'économie souvent, mais en réalité c'est la liberté des femmes qui est visée et leur place dans la société.

Au nom de « l'état de droit », l'action politique et syndicale est criminalisée. Le prétexte de la sécurité est mis en avant pour interdire des réunions ou des manifestations. La libre circulation est opposée au droit de grève ou de manifestation. Les capitalistes ont donc tous les droits, nous travailleurs et jeunes n'avons que des contraintes et des devoirs !

Un dangereux consensus autour de cette Europe

Les partis de droite et d'extrême droite sont divisés sur la forme de l'Europe et de ses institutions, mais ils sont en profond accord sur le fait que l'UE doit être un cadre qui renforce l'exploitation des travailleurs, un cadre strictement capitaliste.

A gauche et à l'extrême gauche, outre les partis « socialistes » ou « travaillistes » qui sont désormais des partis bourgeois, on pourrait s'attendre à trouver des formations politiques qui, prétendant défendre les intérêts de la classe ouvrière, soient prêtes à rompre avec l'Europe des capitalistes et avec le capitalisme lui-même.

Or, les plus hardies d'entre-elles se bornent à mettre en avant de timides projets comme « l'Europe sociale » ou « l'économie sociale de marché » qui visent à mettre un peu de social et de solidarité dans un monde tout entier voué au profit maximal à court terme.

Elles parlent de moratoire sur le paiement de la dette publique, ou d'un audit citoyen sur celle-ci comme si cette dette pouvait être un tant soit peu légitime !

Elles parlent d'interdire les licenciements dans les seules entreprises qui font des profits, comme si les capitalistes ne savaient pas camoufler la réalité de leur richesse !

Les organisations syndicales que nous, travailleurs, avons créées sont confisquées par une caste de bureaucrates qui n'obéissent qu'à eux-mêmes et ne conçoivent leur action que dans la concertation avec les capitalistes.

Ainsi, la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et ses branches professionnelles de l'Uni-Europa ont-elles totalement approuvé la mise en place des projets capitalistes. Elles participent même, aux côtés de l'organisation patronale Business Europe, à la rédaction des directives et projets de la Commission de Bruxelles !

C'est ainsi que le Conseil économique et social européen est devenu le lieu discret où s'élaborent toutes les mesures anti-ouvrières que, ensuite, la CES impose à ses membres dans chaque pays. Les organisations syndicales sensées défendre les intérêts des travailleurs deviennent insidieusement des courroies de transmission des états et des patrons que nous devons combattre !

Le Comité des régions, sorte de « sénat » de l'UE, est quant à lui le lieu où s'organise la mise en concurrence des régions dont les représentants, parmi lesquels les dirigeants des mouvements nationalistes bourgeois ou petits-bourgeois acceptent contre grasse rétribution de mettre les peuples opprimés à la disposition des capitalistes.

Au demeurant, la défense de « l'indépendance nationale » de la « souveraineté nationale » est-elle la solution ? Non ! L'intérêt des travailleurs leur commande de s'unir contre les patrons. Nous avons tous les mêmes patrons, notre combat est le même, par-dessus les frontières !

Pour une Europe des travailleurs !
Pour le pain, la paix, la liberté !

L'Europe de Maastricht et de Lisbonne est une Europe au service des capitalistes. Il nous faut une Europe au service des travailleurs et de la jeunesse. La prospérité du plus grand nombre ne doit plus être un vain mot. Notre emploi, notre logement, notre santé et notre éducation doivent être garantis.

Pour cela, les banques, les assurances, les grandes entreprises doivent être nationalisées sans indemnités ni rachat et doivent être placées sous contrôle ouvrier.

Nous retraites doivent être garanties, la dette publique doit être annulée, la dette des ménages ouvriers, des petits pêcheurs, paysans, commerçants et artisans doit être annulée. Les salaires, les pensions doivent être augmentés.

Tous les licenciements doivent être interdits, les secrets bancaire et commercial doivent être abolis de même que la diplomatie secrète !

Les armées et les polices d'Europe doivent être retirées de l'ensemble de leurs missions en dehors de leur pays d'origine. L'OTAN doit être démantelée. L'agence Frontex doit être dissoute.

Le droit de grève, la liberté de manifester doivent être étendus. La liberté de circuler dans toute l'Europe doit être une réalité. Les travailleurs immigrés doivent obtenir des papiers et les demandeurs d'asile doivent être accueillis !

L'Etat et l'école doivent être laïcs : les croyances religieuses et convictions philosophiques des personnes ne concernent qu'elles-mêmes et non pas l'Etat. L'Etat et les institutions religieuses doivent être strictement séparés.

Partout, les femmes doivent avoir accès à la contraception et à l'avortement : toute l'Europe doit sortir du moyen-âge.

S'indigner ne suffit pas !

Ces derniers mois, inspirés par les révolutions arabes, des mouvements d'occupations de places publiques se sont multipliés en Europe et dans le monde. L'indignation devant le sort réservé aux travailleurs et à la jeunesse par les capitalistes a été au centre de ces mobilisations.

Mais l'indignation ne suffit pas. Nous avons dit ce que nous ne voulons pas. Nous devons affirmer ce que nous voulons et nous organiser pour l'arracher, l'imposer. Sinon, les forces politiques et économiques déterminées à défendre le capitalisme continueront à gouverner partout car, si elles sont moins nombreuses, elles sont pour le moment les mieux organisées.

Nous ne voulons plus du capitalisme, c'est ce que disent les occupations de places, les grèves, les manifestations de ces derniers mois.

Seul le socialisme authentique peut être une alternative au capitalisme. Nous ne devons pas avoir peur des mots. Le socialisme de Staline et de ses héritiers n'est pas le nôtre. Le socialisme des « sociaux-démocrates » et des « travaillistes » n'est pas le nôtre.

Le socialisme authentique c'est la propriété collective des moyens de production et d'échange et l'organisation de toute la société par des conseils ouvriers, des conseils de délégués élus et révocables.

C'est tout le contraire d'un Etat policier dirigé par des bureaucrates inamovibles qui se servent dans la caisse commune et rêvent de devenir des bourgeois !

Pour la grève générale européenne, jusqu'au bout !

L'indignation ne suffit pas. La grève est l'instrument traditionnel des travailleurs pour imposer leurs revendications immédiates, mais également politiques.

La situation actuelle commande de bloquer les projets de l'Europe capitaliste et d'imposer d'autres choix de société. Nous ne pouvons nous en remettre à la CES, nous le savons.

Nous ne pouvons pas non plus nous en remettre à des journées de grève plus ou moins ample ou, pire, à la grève par secteurs ou par entreprises : c'est la voie de la division et nous voulons l'action unie pour vaincre !

La grève générale est à l'ordre du jour dans chaque pays et à l'échelle de l'Europe, mais la grève générale ce n'est pas une journée de grève ou même une succession de journées. C'est la grève générale jusqu'au bout, jusqu'à la victoire, c'est le rassemblement au grand jour des opprimés face aux oppresseurs !

Pour cela nous devons nous organiser. Nous devons nous rassembler dans des courants et tendances pour imposer à nos syndicats de soutenir cette grève. Nous n'avons rien à attendre de ceux qui négocient avec l'UE et avec chaque gouvernement les conditions de notre exploitation.

Pour les Etats-Unis Socialistes d'Europe

En finir avec l'Europe de Maastricht et de Lisbonne, en finir avec le capitalisme, en finir avec l'exploitation des travailleurs, en finir avec l'oppression des nationalités dans le cadre des états capitalistes, en finir avec le colonialisme, avec la guerre et la répression : voilà l'objectif.

En finir avec cette Europe impose l'abrogation de tous les traités qui l'ont instituée ! Mais le repli national serait la voie qui conduit à plus d'exploitation et d'oppression, c'est pour cela qu'il nous faut construire une toute autre Europe. Une Europe des travailleurs, une Europe dans laquelle la jeunesse a un avenir et chaque travailleur un emploi, un logement, des hôpitaux publics pour sa santé et une école publique laïque et gratuite jusqu'à l'université pour ses enfants.

Une Europe où les anciens ne sont pas réduits à la mendicité et aux petits boulots, mais reçoivent une pension digne et les soins qu'ils méritent pour une vie de travail.

Une Europe où les frontières sont effectivement abolies et ou les salaires, les acquis sociaux, sont au plus haut, une Europe dans laquelle les nations opprimées n'existent plus, cette perspective c'est les Etats-Unis Socialistes d'Europe !

Nous, le Groupe Socialiste Internationaliste, vous proposons de vous organiser dans des partis et une internationale dont le programme est la révolution socialiste et les Etats-Unis Socialistes d'Europe, car sans organisation ceux qui tiennent entre leurs mains les leviers de l'économie, du pouvoir, continueront à nous opprimer.

Seule l'organisation et la mobilisation unie et résolue, déterminée, peut nous permettre d'ouvrir cette perspective que des générations d'ouvriers ont appelé de leurs vœux : une véritable Europe des travailleurs dans le cadre d'un socialisme authentique. Sans l'issue vers le socialisme, le recul de civilisation, la barbarie l'emporterait.

À Paris le 19 janvier 2012

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