| Travailleurs et jeunes
d'Europe. Depuis cinq ans maintenant, au nom
de la crise, les entreprises ferment, les
licenciements se multiplient, des millions
d'entre nous ne perçoivent que de maigres
allocations de chômage et des millions
d'autres dépendent désormais de l'aide
sociale ou d'organisations caritatives.
Nombreux sont ceux qui se retrouvent à la
rue, sans logement.
Les femmes sont les premières frappées par
le chômage, les bas salaires et les pensions
de misère. Les jeunes et les vieux sont
enfoncés dans la précarité, voués à une
paupérisation inexorable si la même politique
continue à s'appliquer.
Nos salaires baissent, nos systèmes de
protection sociale sont attaqués, brisés. Nos
services publics sont démantelés ou
privatisés. Ils sont les premiers visés par
les coupes budgétaires, à commencer par la
santé et l'éducation.
Nos pensions de retraites sont rognées par
l'inflation, par les programmes d'austérité
décidés par les gouvernements. Pire, de plus
en plus souvent elles disparaissent purement
et simplement car la bourse, les
spéculateurs, l'ont décidé.
Ceci est une atteinte intolérable à notre
dignité, une atteinte intolérable à notre vie
tout simplement.
Cette crise nous ne l'avons pas voulue et
nous n'en sommes pas responsables. C'est en
réalité une des phases de la crise du système
capitaliste qui a commencé à la fin du
XIXème siècle.
Miné par de profondes contradictions, le
capitalisme survit par le parasitisme et la
guerre, allant de catastrophe en catastrophe.
Comme les précédentes crises du
XXème siècle, celle-ci menace
d'être durable et brutale.
Travailleurs et jeunes d'Europe, voilà où
nous en sommes. Pourtant ceci n'est pas une
fatalité.
Des décennies de
contre-réformes
Pendant des décennies, les gouvernements
des pays européens et les représentants des
institutions du continent, à commencer par
l'Union Européenne (UE), tous ces dirigeants
nous ont affirmé que leurs « réformes »
étaient nécessaires et inéluctables. Ils ont
répété qu'au terme de ces réformes
régneraient la prospérité, la paix et la
démocratie. Qu'avons-nous vu ?
Nous avons vu la même politique
s'appliquer sur tout le continent, à l'ouest,
au centre et à l'est de l'Europe, au nord
comme au sud. Nous avons vu les traités se
succéder, rédigés sous la férule des marchés,
dictés par les spéculateurs, les financiers
et les banquiers, les actionnaires, les
capitalistes.
Nous avons vu s'accroître les inégalités.
Nous avons vu les riches devenir encore plus
riches, percevant des revenus insolents et
accumulant un patrimoine inestimable dont ils
ne savent que faire si ce n'est chercher à en
tirer des profits encore plus grands.
Nos salaires et nos pensions ont été
bloqués, ou peu s'en faut. Ils se sont
dévalorisés. Les banquiers nous ont poussés à
nous endetter pour nous loger, pour assurer
notre avenir, payer les études de nos
enfants, nous soigner, pour simplement nous
nourrir.
Tout cela pour que nos patrons puissent
écouler au prix fort les marchandises que
nous produisons à des coûts toujours plus
bas. Tout cela pour que les capitalistes
continuent à en tirer de confortables
profits.
Avons-nous été consultés à propos d'une
telle politique ? Sur le fond, jamais, ou si
rarement que, quand ce fut possible un rejet
profond s'est exprimé, comme au Danemark, en
Irlande, aux Pays-Bas ou en France.
Pourtant, les traités européens se sont
appliqués, au besoin après un nouveau vote
sous la menace, ou bien en dehors de l'avis
des travailleurs et plus largement des
peuples concernés.
Pourtant, l'unité de l'Europe, la fin des
frontières, la fin des guerres ont été le
rêve de générations d'Européens.
Cette Europe s'est nourrie
d'une espérance.
L'espérance, c'est celle des anciens, de
nos parents et de nos grands-parents. Elle
est née de la volonté de générations qui ont
vu ce continent ravagé par plus d'un siècle
de guerres séparées par de courtes périodes
de paix.
Elle est née aussi du refus de voir à
nouveau s'y affronter les puissances
impérialistes pour le partage du monde, avec
comme prix des morts, des blessés par
millions ; des populations déplacées, des
familles dispersées et décimées, des villes
et des villages dévastés, des dégâts
innombrables, des pays coupés en deux ou
rayés de la carte.
Cette espérance est née aussi du rejet de
la barbarie. Une barbarie portée à son
paroxysme avec l'avènement du nazisme dont
nous, travailleurs, ne devons jamais oublier
qu'il a commencé en jetant des centaines de
milliers de syndicalistes, de militants
ouvriers, dans ses premiers camps de
concentration.
En 1989, les travailleurs, les jeunes de
l'Europe Centrale et de l'Est, de l'URSS, ont
renversé la bureaucratie stalinienne, ceci
dans l'espoir de prendre leur avenir entre
leurs mains, mettant fin à la division de
l'Europe décidée à Yalta et Potsdam en
1944-1945.
Cette Europe s'est édifiée
sur trois mensonges.
En réponse, les bureaucrates de l'Est se
sont alliés aux banquiers de l'Ouest et des
USA. Ils se sont alliés à l'Eglise
catholique, aux pasteurs et aux popes pour
restaurer le capitalisme. Ils sont devenus
des bourgeois, des patrons, des capitalistes.
Ils ont spolié les travailleurs en revenant à
la propriété privée des moyens de
production.
Ensemble, avec les dirigeants politiques
qui avaient fondé la Communauté puis l'Union
Européenne, ils ont mobilisé l'espérance en
une Europe prospère, en paix, libre et
démocratique. Qu'ont-ils fait de cet espoir
?
La
prospérité ?
Selon les termes du Traité
constitutionnel, cette Europe c'est avant
tout « une économie de marché ouverte dans
laquelle la concurrence est libre et non
faussée ».
Année après année, accord après accord,
traité après traité, les institutions
européennes ont libéré les forces du capital,
de la finance, drainant vers elles des sommes
gigantesques. Les capitalistes nous ont mis
en concurrence, dans chaque pays et à
l'échelle du continent, à qui accepterait les
salaires les plus bas, les conditions de vie
et de travail les plus dégradées.
Nos services publics ont été transformés
en de vulgaires entreprises commerciales dès
lors qu'ils pouvaient rapporter de juteux
profits. Sinon, ils ont été purement et
simplement démantelés ou bien ils survivent
sous l'appellation de « services d'intérêt
économique général ».
La privatisation de l'enseignement fait
que les entreprises ont un droit de regard
prépondérant sur les programmes et les
financements. Les frais d'inscription
universitaires explosent, les étudiants
arrivent dans la « vie active » avec un
fardeau de dettes sur le dos.
Aussi, qui peut encore se soigner ? Qui
peut encore étudier ? Qui peut encore le
faire sans s'endetter ?
Les « réformes » annoncées ont été un
cortège de contre-réformes reprenant de la
main droite beaucoup plus que ce que la main
gauche avait été contrainte de concéder en
1945, de crainte à cette époque qu'une
mobilisation ouvrière révolutionnaire balaie
à la fois le capitalisme et le stalinisme.
Cette Europe, c'est celle de la
concurrence fiscale et sociale, c'est la
course à la misère organisée entre nous,
travailleurs, et la course aux profits pour
nos patrons pour les actionnaires, pour ceux
qui possèdent les moyens de production et
d'échange, les bourgeois, les
capitalistes.
Cette Europe c'est, au nom de la crise, le
crédit illimité pour les banques et
l'austérité à perpétuité pour les
travailleurs et les jeunes. C'est la fin
annoncée pour les pêcheurs, les paysans, les
artisans et les commerçants qui font face aux
monopoles capitalistes.
La
paix ?
Combien de souffrances la guerre de
restauration du capitalisme dans
l'ex-Yougoslavie a-t-elle coûté à elle
seule ? Aux limites de l'Europe, quel fut le
prix à payer par les travailleurs de Russie,
d'Ukraine, de la région du Caucase, pour que
les anciens bureaucrates staliniens
devinssent des capitalistes comme les autres,
également par la guerre ?
Partout les armées des pays de l'UE
interviennent : Irak, Afghanistan, Libye,
Liban, Côte d'Ivoire, Afrique Centrale, au
large de la Somalie. Toujours au nom de la
paix et de la démocratie, toujours amenant
avec elles les hommes d'affaires chargés de
la « reconstruction » et du pillage.
Avec la constitution de l'OTAN en 1949,
son omniprésence, son élargissement, avec la
création de « l'Eurocorps » et son envoi en
ex-Yougoslavie, ou en Afghanistan, avec le
déploiement de « l'Eufor » en République
démocratique du Congo, l'Europe ne fait
qu'apporter la guerre aux côtés de
l'impérialisme étasunien : est-ce là la
paix ?
Les « sociétés de sécurité » prolifèrent.
Ces bandes de mercenaires opèrent sur les
cinq continents aux côtés des armées et des
sociétés transnationales européennes.
Aujourd'hui leurs effectifs dépassent ceux de
la police dans de nombreux pays et pourraient
bien demain devenir, dans nos pays, les
éléments constitutifs de milices
fascistes.
La mise en coupe réglée des colonies ou
ex-colonies des puissances impérialistes
d'Europe continue et s'aggrave, dans le cadre
de l'UE et sous couvert « d'intérêts
stratégiques », annonciateurs de nouvelles
guerres. Ainsi, en 2010, sur les dix plus
gros budgets militaires dans le monde, quatre
concernent des pays d'Europe, dont deux
détiennent l'arme nucléaire. On ose encore
nous parler de paix !
La liberté et la
démocratie ?
Avec les accords de Schengen, la promesse
de « la libre circulation des hommes et des
idées » est devenue la libre circulation des
hommes d'affaires et des capitaux.
La circulation des travailleurs est
entravée sauf quand elle rapporte beaucoup à
leurs patrons. Quand les entreprises ne sont
pas délocalisées là où les salaires sont plus
bas, ce sont les travailleurs qui sont
déplacés pour des contrats rémunérés aux
pires conditions.
Les gouvernements de l'UE organisent une
immigration « choisie » de travailleurs
qualifiés venant d'Afrique, du Proche et du
Moyen-Orient, d'Amérique Latine, etc. Ces
médecins, ingénieurs, techniciens – qui
vont manquer parfois cruellement à leur pays
d'origine – sont payés en dessous du
salaire des travailleurs européens.
Les demandeurs de l'asile politique sont
expulsés et souvent ils sont remis à leurs
bourreaux. Ceux qui, poussés par les guerres
et la famine, cherchent à s'installer en
Europe sont pourchassés par l'agence Frontex
aux frontières du continent et jusque dans
les eaux territoriales de plusieurs pays
d'Afrique.
Avec le programme « Eubam », par exemple,
l'UE mène des opérations policières en dehors
de ses frontières, en territoires moldave et
ukrainien : est-ce là la liberté ?
Alors que les gouvernements n'ont de cesse
d'en appeler au « consensus » à « l'union
nationale » autour de leurs attaques, alors
que les gouvernements invoquent la « défense
de la souveraineté nationale » pour imposer
les régressions sociales et démocratiques,
ils méprisent les droits des peuples opprimés
à disposer d'eux-mêmes, ils piétinent la
souveraineté des colonies et semi-colonies du
monde entier !
Comme le prouve l'exemple de la Grèce,
l'Union Européenne, les gouvernements
d'Europe sont capables de transgresser leur
propre légalité chaque fois que les
capitalistes le jugent nécessaire.<:p>
Mais ils n'attendent pas pour faire
avancer leur projet de « dictature
constitutionnelle ». Les libertés
démocratiques reculent dans toute l'Europe.
Au nom de la liberté religieuse, c'est la
liberté de conscience qui est attaquée. Les
déplacements du pape des catholiques sont
financés avec l'argent public.
Les états affaiblissent les systèmes de
protection sociale et renforcent les
organismes caritatifs. Le principe de laïcité
est attaqué là où il s'applique. Curés,
pasteurs, rabbins, imams et bonzes, tous
applaudissent et rêvent de retrouver
l'emprise qu'ils avaient au moyen-âge : les
états comptent sur l'appui des organisations
religieuses pour maintenir l'ordre dans les
têtes.
Quelle curieuse conception de la liberté
celle qui impose aux personnes de demeurer
prisonnières de leur communauté « ethnique »
ou religieuse ! C'est donc logiquement que le
droit des femmes à disposer de leur corps est
attaqué : la contraception et le droit à
l'avortement sont remis en cause partout,
sous prétexte d'économie souvent, mais en
réalité c'est la liberté des femmes qui est
visée et leur place dans la société.
Au nom de « l'état de droit », l'action
politique et syndicale est criminalisée. Le
prétexte de la sécurité est mis en avant pour
interdire des réunions ou des manifestations.
La libre circulation est opposée au droit de
grève ou de manifestation. Les capitalistes
ont donc tous les droits, nous travailleurs
et jeunes n'avons que des contraintes et des
devoirs !
Un dangereux consensus
autour de cette Europe
Les partis de droite et d'extrême droite
sont divisés sur la forme de l'Europe et de
ses institutions, mais ils sont en profond
accord sur le fait que l'UE doit être un
cadre qui renforce l'exploitation des
travailleurs, un cadre strictement
capitaliste.
A gauche et à l'extrême gauche, outre les
partis « socialistes » ou « travaillistes »
qui sont désormais des partis bourgeois, on
pourrait s'attendre à trouver des formations
politiques qui, prétendant défendre les
intérêts de la classe ouvrière, soient prêtes
à rompre avec l'Europe des capitalistes et
avec le capitalisme lui-même.
Or, les plus hardies d'entre-elles se
bornent à mettre en avant de timides projets
comme « l'Europe sociale » ou « l'économie
sociale de marché » qui visent à mettre un
peu de social et de solidarité dans un monde
tout entier voué au profit maximal à court
terme.
Elles parlent de moratoire sur le paiement
de la dette publique, ou d'un audit citoyen
sur celle-ci comme si cette dette pouvait
être un tant soit peu légitime !
Elles parlent d'interdire les
licenciements dans les seules entreprises qui
font des profits, comme si les capitalistes
ne savaient pas camoufler la réalité de leur
richesse !
Les organisations syndicales que nous,
travailleurs, avons créées sont confisquées
par une caste de bureaucrates qui n'obéissent
qu'à eux-mêmes et ne conçoivent leur action
que dans la concertation avec les
capitalistes.
Ainsi, la Confédération Européenne des
Syndicats (CES) et ses branches
professionnelles de l'Uni-Europa ont-elles
totalement approuvé la mise en place des
projets capitalistes. Elles participent même,
aux côtés de l'organisation patronale
Business Europe, à la rédaction des
directives et projets de la Commission de
Bruxelles !
C'est ainsi que le Conseil économique et
social européen est devenu le lieu discret où
s'élaborent toutes les mesures anti-ouvrières
que, ensuite, la CES impose à ses membres
dans chaque pays. Les organisations
syndicales sensées défendre les intérêts des
travailleurs deviennent insidieusement des
courroies de transmission des états et des
patrons que nous devons combattre !
Le Comité des régions, sorte de « sénat »
de l'UE, est quant à lui le lieu où
s'organise la mise en concurrence des régions
dont les représentants, parmi lesquels les
dirigeants des mouvements nationalistes
bourgeois ou petits-bourgeois acceptent
contre grasse rétribution de mettre les
peuples opprimés à la disposition des
capitalistes.
Au demeurant, la défense de
« l'indépendance nationale » de la
« souveraineté nationale » est-elle la
solution ? Non ! L'intérêt des travailleurs
leur commande de s'unir contre les patrons.
Nous avons tous les mêmes patrons, notre
combat est le même, par-dessus les
frontières !
Pour une Europe des
travailleurs !
Pour le pain, la paix, la liberté !
L'Europe de Maastricht et de Lisbonne est
une Europe au service des capitalistes. Il
nous faut une Europe au service des
travailleurs et de la jeunesse. La prospérité
du plus grand nombre ne doit plus être un
vain mot. Notre emploi, notre logement, notre
santé et notre éducation doivent être
garantis.
Pour cela, les banques, les assurances,
les grandes entreprises doivent être
nationalisées sans indemnités ni rachat et
doivent être placées sous contrôle
ouvrier.
Nous retraites doivent être garanties, la
dette publique doit être annulée, la dette
des ménages ouvriers, des petits pêcheurs,
paysans, commerçants et artisans doit être
annulée. Les salaires, les pensions doivent
être augmentés.
Tous les licenciements doivent être
interdits, les secrets bancaire et commercial
doivent être abolis de même que la diplomatie
secrète !
Les armées et les polices d'Europe doivent
être retirées de l'ensemble de leurs missions
en dehors de leur pays d'origine. L'OTAN doit
être démantelée. L'agence Frontex doit être
dissoute.
Le droit de grève, la liberté de
manifester doivent être étendus. La liberté
de circuler dans toute l'Europe doit être une
réalité. Les travailleurs immigrés doivent
obtenir des papiers et les demandeurs d'asile
doivent être accueillis !
L'Etat et l'école doivent être laïcs : les
croyances religieuses et convictions
philosophiques des personnes ne concernent
qu'elles-mêmes et non pas l'Etat. L'Etat et
les institutions religieuses doivent être
strictement séparés.
Partout, les femmes doivent avoir accès à
la contraception et à l'avortement : toute
l'Europe doit sortir du moyen-âge.
S'indigner ne suffit
pas !
Ces derniers mois, inspirés par les
révolutions arabes, des mouvements
d'occupations de places publiques se sont
multipliés en Europe et dans le monde.
L'indignation devant le sort réservé aux
travailleurs et à la jeunesse par les
capitalistes a été au centre de ces
mobilisations.
Mais l'indignation ne suffit pas. Nous
avons dit ce que nous ne voulons pas. Nous
devons affirmer ce que nous voulons et nous
organiser pour l'arracher, l'imposer. Sinon,
les forces politiques et économiques
déterminées à défendre le capitalisme
continueront à gouverner partout car, si
elles sont moins nombreuses, elles sont pour
le moment les mieux organisées.
Nous ne voulons plus du capitalisme, c'est
ce que disent les occupations de places, les
grèves, les manifestations de ces derniers
mois.
Seul le socialisme authentique peut être
une alternative au capitalisme. Nous ne
devons pas avoir peur des mots. Le socialisme
de Staline et de ses héritiers n'est pas le
nôtre. Le socialisme des
« sociaux-démocrates » et des
« travaillistes » n'est pas le nôtre.
Le socialisme authentique c'est la
propriété collective des moyens de production
et d'échange et l'organisation de toute la
société par des conseils ouvriers, des
conseils de délégués élus et révocables.
C'est tout le contraire d'un Etat policier
dirigé par des bureaucrates inamovibles qui
se servent dans la caisse commune et rêvent
de devenir des bourgeois !
Pour la grève générale
européenne, jusqu'au bout !
L'indignation ne suffit pas. La grève est
l'instrument traditionnel des travailleurs
pour imposer leurs revendications immédiates,
mais également politiques.
La situation actuelle commande de bloquer
les projets de l'Europe capitaliste et
d'imposer d'autres choix de société. Nous ne
pouvons nous en remettre à la CES, nous le
savons.
Nous ne pouvons pas non plus nous en
remettre à des journées de grève plus ou
moins ample ou, pire, à la grève par secteurs
ou par entreprises : c'est la voie de la
division et nous voulons l'action unie pour
vaincre !
La grève générale est à l'ordre du jour
dans chaque pays et à l'échelle de l'Europe,
mais la grève générale ce n'est pas une
journée de grève ou même une succession de
journées. C'est la grève générale jusqu'au
bout, jusqu'à la victoire, c'est le
rassemblement au grand jour des opprimés face
aux oppresseurs !
Pour cela nous devons nous organiser. Nous
devons nous rassembler dans des courants et
tendances pour imposer à nos syndicats de
soutenir cette grève. Nous n'avons rien à
attendre de ceux qui négocient avec l'UE et
avec chaque gouvernement les conditions de
notre exploitation.
Pour les Etats-Unis
Socialistes d'Europe
En finir avec l'Europe de Maastricht et de
Lisbonne, en finir avec le capitalisme, en
finir avec l'exploitation des travailleurs,
en finir avec l'oppression des nationalités
dans le cadre des états capitalistes, en
finir avec le colonialisme, avec la guerre et
la répression : voilà l'objectif.
En finir avec cette Europe impose
l'abrogation de tous les traités qui l'ont
instituée ! Mais le repli national serait la
voie qui conduit à plus d'exploitation et
d'oppression, c'est pour cela qu'il nous faut
construire une toute autre Europe. Une Europe
des travailleurs, une Europe dans laquelle la
jeunesse a un avenir et chaque travailleur un
emploi, un logement, des hôpitaux publics
pour sa santé et une école publique laïque et
gratuite jusqu'à l'université pour ses
enfants.
Une Europe où les anciens ne sont pas
réduits à la mendicité et aux petits boulots,
mais reçoivent une pension digne et les soins
qu'ils méritent pour une vie de travail.
Une Europe où les frontières sont
effectivement abolies et ou les salaires, les
acquis sociaux, sont au plus haut, une Europe
dans laquelle les nations opprimées
n'existent plus, cette perspective c'est les
Etats-Unis Socialistes d'Europe !
Nous, le Groupe
Socialiste Internationaliste, vous
proposons de vous organiser dans des partis
et une internationale dont le programme est
la révolution socialiste et les Etats-Unis
Socialistes d'Europe, car sans organisation
ceux qui tiennent entre leurs mains les
leviers de l'économie, du pouvoir,
continueront à nous opprimer.
Seule l'organisation et la mobilisation
unie et résolue, déterminée, peut nous
permettre d'ouvrir cette perspective que des
générations d'ouvriers ont appelé de leurs
vœux : une véritable Europe des
travailleurs dans le cadre d'un socialisme
authentique. Sans l'issue vers le socialisme,
le recul de civilisation, la barbarie
l'emporterait.
À Paris le 19 janvier
2012
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