La
publication des documents sur l'Argentine a
commencé avec un dossier spécial dans
l'Internationaliste n°42 dont voici
l'introduction :
Nous consacrons à la
situation en Argentine un dossier spécial
dans ce numéro de l'Internationaliste. Mais
il nous semble nécessaire de revenir ici sur
la mise en coupe réglée, sur le pillage, dont a été victime
ce pays.
Cela remonte à la généralisation des plans
Brady-Baker après l'essai concluant du Chili
de Pinochet. La technique de désendètement
était alors celle-ci : la capitalisation.
Elle consistait à vendre
des actifs contre des remises de dette
du FMI de la Banque Mondiale et des
groupes financiers associés. Ainsi la
compagnie aérienne Iberia avait pu racheter
les 30 appareils de son homologue argentine
pour le prix de... 2 sur un "marché gris"
organisé à Londres.
Les pays à fort endettement ont donc bradé leurs "bijoux de
famille" pour éviter les faillites.
Ils ont parallèlement appliqué tous les
programmes d'ajustement structurels dictés
par le FMI : privatisation, démantèlement des
services publics, baisse d'impôts et libre
circulation des capitaux.
Les riches se sont donc une fois de plus
enrichis pendant que les pauvres payaient des
impôts à leur place. La conséquence était
prévisible : l'évasion des capitaux vers des
places spéculatives plus rentables et
politiquement plus sûres, combinée à
l'effondrement des rentrées fiscales et au
plus que doublement de la dette extérieure
entre 1994 et 2000 ont provoqué la paralysie du système financier
argentin par... manque de
liquidités !
Pourtant l'endettement global du pays
n'est "que" de 50% de son PIB (Produit
Intérieur Brut), à comparer aux 120% de la
Belgique au moment du lancement du processus
de l'UEM (Union Economique et Monétaire)
mais, le problème c'est que l'Argentine n'a
plus rien à mettre dans la corbeille ni pour
rembourser sa dette ni pour la...
capitaliser, à part les bâtiments publics, y
compris le palais présidentiel. Au dela du
manque de liquidités, l'Argentine est donc en
situation d'insolvabilité.
La dévaluation annoncée vise encore une
fois à faire payer les
plus démunis. Tout le problème pour le
gouvernement étant que la petite bourgeoisie
est, elle aussi, frappée de plein fouet par
la faillite... ce qui entraîne une jonction des intérêts
immédiats de celle-ci avec ceux de la
classe ouvrière.
Mais au dela les pressions
internationales, du gouvernement espagnol par
exemple, vont toujours dans le même sens :
travailler main dans la main avec le FMI et
la Banque Mondiale... qui ont amené
l'Argentine dans le gouffre.
Seule une remise en cause radicale du
système capitaliste permettrait aux
travailleurs argentins se sortir de cette
crise, ce qui implique d'exproprier les
profiteurs de celle-ci, ceux dont les
fortunes colossales sont réfugiées sur des
comptes "off-shore"...'
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