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Marxisme vivant
Déclaration publiée dans l'Internationaliste n°61

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Déclaration du PSTU sur la nationalisation du gaz en Bolivie
1) Le peuple bolivien lutte héroïquement contre la misère et l'exploitation des multinationales. Il a déjà renversé deux gouvernements à la solde de l'impérialisme à travers d'importantes insurrections. Les Boliviens ont comme revendication centrale la nationalisation du gaz, et ce pour une raison simple: il s'agit de la dernière ressource naturelle de ce pays, dévasté par des décennies de plans néolibéraux.

2) Nous défendons la nationalisation, sans indemnisation, des ressources en hydrocarbures de la Bolivie. Il faut que ces ressources naturelles, ainsi que leur industrialisation et leur commercialisation, passent aux mains des travailleurs et du peuple bolivien. De même, nous défendons la nationalisation des réserves de pétrole du Brésil, sous contrôle des travailleurs.

L'utilisation des ressources naturelles d'un pays est le droit inaliénable de tout peuple. Nous luttons pour que le peuple brésilien ait ce droit, et nous défendons donc que le peuple bolivien ait ce même droit. Un pays qui en opprime un autre ne peut être libre. Nous ne voulons pas que le Brésil et ses entreprises fassent en Bolivie la même chose que les Etats-Unis et leurs entreprises font au Brésil. Ils exploitent le peuple brésilien pour garantir les profits de leurs entreprises. Nous ne pouvons pas défendre la spoliation du peuple bolivien pour garantir les profits de la Petrobras.

3) Ce ne sont pas les « intérêts du peuple brésilien » qui sont en jeu en Bolivie, comme veulent nous le faire croire la presse et la bourgeoisie. Ce sont les intérêts de la Petrobras et de ses actionnaires majoritaires qui sont en jeu, ce qui est très différent.

La Petrobras vit un processus accéléré de privatisation et répond essentiellement aux intérêts de ses plus grands actionnaires. L'état possède encore 55,7% des actions avec droit de vote dans l'entreprise (actions ordinaires), ce qui permet de continuer à la considérer comme une entreprise d'état. Mais elle ne possède plus la majorité du capital social total de l'entreprise. Aujourd'hui, plus de 60% du capital de l'entreprise est privé et presque 50% des actions sont détenues par des étrangers.

Au Brésil, au lieu d'avoir une politique qui assure l'auto-suffisance en pétrole du pays pour diminuer la quantité des combustibles payés par le peuple, la Petrobras engendre des profits record, qui vont dans les poches des actionnaires majoritaires et qui servent à augmenter les recettes primitives de l'état. En d'autres termes, ces importants bénéfices finissent, d'une manière ou d'une autre, dans les coffres des banques et des grandes entreprises.

En Bolivie, la Petrobras est associée aux multinationales pour exploiter le peuple bolivien. Elle contrôle 10% du PIB de ce pays et les deux principales raffineries de gaz. Avec la nationalisation, ce ne sont donc pas les intérêts du Brésil et des Brésiliens qui sont atteints, mais ceux de la Petrobras et de ses principaux actionnaires.

4) Le PSTU défend que la nationalisation des hydrocarbures en Bolivie ne s'arrête pas à une négociation sur une augmentation des impôts, comme le dit le gouvernement de Evo Morales. Il est nécessaire d'avancer vers une expropriation sans indemnisation de toutes les entreprises pétrolières étrangères. C'est pour ça que le peuple bolivien a renversé deux gouvernements, et c'est sur cette revendication centrale que Evo Morales a été élu président de Bolivie.

5) Enfin, nous devons exiger du gouvernement Lula qu'il appuie la nationalisation des hydrocarbures en Bolivie, et qu'il prenne des mesures qui vont dans le même sens au Brésil:

- suspension de la vente au enchère des puits de pétrole,

- nationalisation sans indemnisation des réserves, de l'industrialisation et de la commercialisation des ressources pétrolières du pays,

- reétatisation de tout le secteur de l'énergie, des télécommunications, et de la sidérurgie,

- nationalisation du système financier.

Ce n'est qu'ainsi que les ressources naturelles du pays seront au service des Brésiliens et permettraient d'assurer une vie digne pour tous au lieu de garantir les profits des grandes entreprises.

3 mai 2006

La Direction Nationale du PSTU

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