Assiégé par le combat des
masses (ayant coûté la vie au camarade Coro
Mayta), et après la démission forcée de ceux
par elles condamnés (Vaca Diez et Cossio), le
Parlement haï a fini par désigner Eduardo
Rodriguez (jusqu'à la veille membre titulaire
de la Cour Suprême de Justice), comme
président de la république.
La bourgeoisie pense donc avoir conclu ses
manoeuvres (avec l'aide de Evo Morales),
consistant à avancer les élections pour
éviter la nationalisation des hydrocarbures ;
elle espère ainsi sortir de la grave crise de
pouvoir provoquée par l'insurrection des
masses.
Ce nouveau gouvernement, aussi faible ou
même d'avantage que le précédent, n'a pas été
instauré pour répondre aux besoins et
revendications des travailleurs, mais pour
préserver le pouvoir des transnationales et
maintenir les plans de misère. Ce
gouvernement, qui cherche à tromper les
masses avec l'histoire des élections, n'est
qu'une arnaque de plus et, dans ce sens-là,
il est dans la continuité du gouvernement de
Mesa.
Les travailleurs et le peuple qui luttent
pour la nationalisation des hydrocarbures ne
doivent pas concéder de trêve : il ne faut
pas répéter les erreurs commises en 2003. Par
conséquent, il faut maintenir fermement la
bataille pour la nationalisation
immédiate et sans
indemnisations et, de plus, continuer de
combattre les séparatistes et
contre-révolutionnaires de l'oligarchie
cruceña. Pour ce faire, il est
nécessaire de développer et de mener jusqu'au
bout la lutte pour le pouvoir des
travailleurs, parce qu'il n'y a rien à
espérer de ce gouvernement ni d'aucun autre
secteur de la bourgeoisie, larbin de
l'impérialisme : seulement un gouvernement
des travailleurs pourra répondre aux besoins
des travailleurs.
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C'est la raison pour laquelle il faut
maintenir et impulser le pouvoir surgi de
facto à El Alto : ce pouvoir doit
être exercé en organisant
l'auto-distribution, en constituant des
comités de défense, etc., et à travers le
gouvernement central de la FEJUVE (Fédération
des Assemblées de Quartiers) et de la COR
(Confédération Ouvrière Régionale). Il faut
également développer les conquêtes en
élargissant la grève générale sur toute la
ville de La Paz, ainsi que sur tout le
territoire national : ce sont les méthodes de
la lutte de classe qu'il faut impulser à
l'encontre du gouvernement pro impérialiste
de Rodriguez.
Voilà, selon nous, quelle doit être la
tâche des organisations en lutte, à la tête
de la COB, qui ont formé l'Assemblée
Nationale Populaire Originaria :
organiser un gouvernement pour pouvoir
nationaliser les hydrocarbures sans
indemnisations, annuler la loi 21060, arrêter
le paiement de la dette extérieure, rendre la
terre aux paysans, rompre avec le FMI, et
convoquer une assemblée constituante
démocratique pour adopter ces mesures et
d'autres encore.
Fait à La Paz,
le 10 juin 2005.
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