| 1) Le PSDB et le PFL sont les
partis de la droite traditionnelle de ce pays
et ils souhaitent revenir au pouvoir pour
voler et appliquer la même politique qui
favorise les riches et nuit aux travailleurs.
Pendant les huit ans où ils ont été au
pouvoir (1994-2002), ils ont été responsables
de l'introduction du projet néo-libéral au
Brésil.
C'est sous Fernando Henrique Cardoso (FHC)
que le chômage a augmenté de manière
inquiétante et que les dettes externe et
interne ont explosé. Ce sont le PSDB et le
PFL qui ont réalisé les privatisations de 133
entreprises d'état. Ces privatisations ont
été marquées par un pillage jamais vu dans
l'histoire.
La privatisation de
Telebrás a été effectuée directement avec
l'intervention de FHC pour favoriser un
groupe de chefs d'entreprise. L'opposition
bourgeoise n'a pas l'autorité pour parler de
morale ou d'étique politique. Le récent
scandale du dossier montre son implication
avec la « mafia des sangsues »(1). Alckmin est
l'expression de ce secteur de la bourgeoisie
et son image est associée à celle de Fernando
Henrique Cardoso et son gouvernement
corrompu.
2) Au cours de son mandat, le gouvernement
Lula a maintenu la même politique économique
néo-libérale que celle du gouvernement de FHC
: il a baissé les budgets de la santé, de
l'éducation, de la réforme agraire –
au moyen du superávit primário
– pour assurer le paiement des dettes
interne et externe et a pris des mesures
exigées par la bourgeoisie brésilienne et par
le capital financier international, comme par
exemple la réforme des retraites des
fonctionnaires.
3) Lula ne gouverne pas et ne gouvernera
jamais pour les travailleurs. Le fait que
Lula soit un dirigeant ouvrier crée la
confusion dans la conscience de milliers de
travailleurs. Son gouvernement est de droite,
mais avec un visage ouvrier. Lula gouverne
pour la bourgeoisie et applique un plan
économique au service des grandes entreprises
et de l'impérialisme.
Comme le président lui-même l'a reconnu,
pendant son gouvernement ce sont « les
riches, les entreprises et les banques qui
ont gagné plus d'argent que jamais »
(Lula, déclaration à la « Folha de São Paulo
», 18/09/2006). Par ailleurs, le
mensalão, les « sangsues » et
l'achat du dossier montrent que le
gouvernement Lula a pratiqué la même
corruption que les gouvernements de droite
tels que ceux de Collor et de FHC.
4) Lula et Alckmin ont l'intention de
développer les mêmes attaques contre les
droits des travailleurs et d'appliquer les
mêmes mesures centrales exigées par
l'impérialisme et par la bourgeoisie, telles
que la nouvelle réforme des retraites et la
réforme syndicale et du droit du travail.
La réforme du droit du travail prétend en
finir avec les conquêtes historiques des
travailleurs : suppression du 13e mois,
réduction des congés, flexibilisation des
contrats de travail et fin du FGTS
[équivalent des indemnités de licenciement].
La réforme syndicale donnera les pleins
pouvoirs aux bureaucraties des centrales
syndicales (CUT et Força Sindical), au
détriment des syndicats de base. La nouvelle
réforme des retraites a pour objectif de
faire reculer l'âge de départ à la retraite à
65 ans.
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5) Ni Lula, ni Alckmin ne
représentent les intérêts des travailleurs au
second tour. Malgré les affrontements
électoraux, il n'y a rien qui ressemble plus
à un gouvernement du PT qu'un gouvernement du
PSDB.
Tous deux partagent la même vision et
appliquent le même plan économique
néo-libéral et pratiquent la même corruption.
Ils s'affrontent de manière aussi féroce
seulement pour savoir qui des deux va pouvoir
bénéficier de l'appareil d'Etat.
6) Voter pour Lula ou pour Alckmin c'est
donc donner un chèque en blanc pour qu'ils
perpétuent la corruption et la destruction de
nos droits.
Face à cette situation, le PSTU dit « Ni
Lula, Ni Alckmin », et appelle à voter blanc
au second tour des élections. Nous appelons
aussi tous nos camarades du Front de Gauche à
se prononcer pour le vote blanc pour que nous
puissions réaliser ensemble une campagne
commune défendant cette position. Cela serait
la continuité de ce que nous avons défendu
ensemble au premier tour des élections. Ce
sera le premier pas de la lutte sans relâche
que nous mènerons contre le projet
néo-libéral, et cela quelque soit sont
exécutant.
São Paulo, le
01/10/2006
(1) La "mafia des sangsues"
était une organisation qui manipulait
l'attribution de fonds pour l'achat et la
location d'ambulances pour le gouvernement
fédéral, les états et les municipalités, au
moyen d'une importante surfacturation.
Une commission parlementaire mène
actuellement une enquête sur cette question.
Le cas implique plus de 60 députés,
majoritairement de l'opposition de droite,
qui ont reçu des pots-de-vin de cette
organisation. Toutefois, le Congrès a
"reporté", après les élections, la décision
de démettre les députés impliqués. Or, la
plupart d'entre eux s'est représentée et a
été réélue. Les députés du PT et du PC do B
(partis qui sont dans le gouvernement) ont
collaboré à cette situation, sûrement en
échange de l'appui qu'ils ont reçu et qui
leur a permis de ne pas être condamnés, alors
que beaucoup d'entre eux étaient impliqués
dans le scandale du "mensalão".
La semaine dernière, la question des
“sangsues” a pris une tournure
inattendue : on a découvert plusieurs membres
de comité de campagne de Lula avec de
l'argent pour acheter un dossier qui
impliquait Alckmin et Serra (candidat du PSDB
au poste de gouverneur de São Paulo) avec les
"sangsues". Ce dossier devait être remis à la
presse, mais l'opposition de droite a profité
de cette occasion pour dénoncer le
gouvernement et le PT. Cette situation a
obligé Berzoini à démissionner. Il s'agit
d'un cadre historique du PT et du chef de
campagne de Lula. C'est sans doute un des
facteurs qui a contribué à ce qu'il y ait un
deuxième tour aux élections
présidentielles.
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