Le weekend des 5,6, et 7 Mai
derniers, une nouvelle organisation de lutte
a été fondée par les travailleurs brésiliens.
Depuis que Lula et le PT sont arrivés au
pouvoir, ils ont commencé à appliquer des
réformes qui détruisent les droits des
travailleurs, comme par exemple la réforme
des retraites. Ils ont ainsi généré un
bénéfice fiscal à travers une coupe sombre
dans les dépenses sociales pour payer la
dette externe, et pour envoyer des troupes
militaires en Haïti sur la demande de Bush.
Ils ont mené une réforme syndicale et du code
travail qui ne bénéficie qu'aux
capitalistes.
Dans un premier temps, l'avant-garde s'est
forgée une expérience contre le gouvernement
Lula. Dans ce cadre, un groupe significatif
de syndicats et d'organisations ont commencer
à rompre avec la CUT. La Centrale Unique des
Travailleurs – CUT – ,
aujourd'hui au service des politiques de Lula
et du PT, est devenue le principal obstacle
pour les luttes des travailleurs. Le dernier
round de cette bataille a été la fondation de
la CONLUTAS – Coordination Nationale
de Luttes.
A la suite de ce texte, nous joignons un
compte-rendu du Congrès National des
Travailleurs (CONAT) lors duquel la CONLUTAS
a été fondée. Nous présentons également
l'opinion d'importantes personnalités qui
étaient présentes au CONAT comme James
Petras, Celia Hart et Valerio Arcary.
Le Congrès
Le 1er Congrès National des Travailleurs a
voté à une très grande majorité, la fondation
d'une nouvelle organisation, créant ainsi la
CONLUTAS. Ce moment a été un moment de grande
émotion pour les délégués et les
participants.
Les délégués se sont embrassés et ont
chanté « A CONLUTAS é para a ação, está
surgindo uma nova direção ! ». (“La
CONLUTAS est faite pour l'action, une
nouvelle direction est train de
surgir”).
La Centrale Unique des Travailleurs a joué
un rôle historique. Mais depuis qu'elle a
commencé à faire partie du gouvernement Lula,
elle a été la complice des attaques contre
les travailleurs, elle a empêché les luttes,
et elle a laissé des milliers de travailleurs
orphelins.
Désormais la classe ouvrière brésilienne,
n'est plus seule : une nouvelle référence est
née, une référence réellement combative et de
classe. « Cette décision est peut être la
décision la plus importante que la classe
ouvrière a prise ces dernières décennies », a
dit Luis Carlos Prates, dit o Mancha, du
syndicat des métallos de São José dos Campos,
en défendant la proposition de la fondation
de l'organisation.
Il y a eu des interventions et des
arguments contre cette proposition. Les
secteurs qui se sont manifestés contre cette
proposition, se sont également positionnés
contre la rupture avec la CUT. Ils ont
argumenté que « on devait mettre la CUT au
service de la révolution prolétarienne »,
comme l'a dit Ana Raquel, du Courant
Prolétaire de l'Education. Dans son
intervention, elle a adressé un appel à la
CONLUTAS, pour que la position de rupture
avec la CUT soit revue.
Finalement, l'assemblée plénière a
souverainement décidé d'avancer dans la lutte
en construisant une nouvelle organisation.
Les participants ont levé leurs bulletins et
ont lancé des bouts de papier en l'air. La
joie et l'enthousiasme étaient tels que le
débat sur la nature de la nouvelle
organisation n'a pu reprendre que dix minutes
après ce vote historique.
Le congrès a réuni 3500
personnes
2729 délégués, représentant 1770000
travailleurs, ont participé au CONAT.
Les chiffres officiels du 1er Congrès
National des Travailleurs ont été communiqués
par la Commission d'organisation. Ils ont
confirmé que cet événement était une victoire
et une réussite.
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Au total, 529 délégations de
tout le pays étaient présentes. Parmi ces
délégations, 52 venaient du Nord du pays; 113
venaient du Nordeste; 32 du Centre-ouest; 236
du Sud-est; et 96 du Sud.
Il y a eu 3542 délégués élus dans les
assemblées de base. 2729 sont venus au
congrès. Il y a eu 235 observateurs et 208
invités. Au total, 3550 personnes étaient
présentes au Congrès.
En tout, 1770000 travailleurs, étudiants
et membres des mouvements sociaux de base
étaient représentés.
Le nombre de présents a été encore plus
important, étant donné que dans les chiffres
que nous donnons, nous ne mentionnons pas les
délégations étrangères venues notamment de
Bolivie, de France, des Etats-Unis, de
Russie, du Costa-Rica, d'Argentine et du
Paraguay.
Le vote définit la
composition de la CONLUTAS
Après la discussion sur la fondation de la
nouvelle organisation, les débats ont porté
sur la nature et la direction de la
CONLUTAS.
Au sujet de la composition de
l'organisation, il y avait six propositions
alternatives :
a) définir la CONLUTAS comme une fraction
révolutionnaire de la CUT,
b) constituer une nouvelle organisation de
nature plus large, incorporant les mouvements
sociaux, les secteurs non organisés de la
classe ouvrière et les organisations
étudiantes,
c) définir la CONLUTAS comme centrale de
travailleurs,
d) créer la Cocep (Centrale Ouvrière
Paysanne, Etudiante et Populaire),
e) définir une centrale de type
soviétique,
f) définir la CONLUTAS comme une centrale
syndicale.
La grande majorité des délégués a adopté
la deuxième proposition. Désormais, grâce à
une décision historique, en plus d'un outil
pour l'organisation des travailleurs, les
mouvements de sans-terre, les étudiants, les
mouvements sociaux et des secteurs
non-organisés de la classe ouvrière peuvent
participer à la nouvelle organisation.
Au sujet de la direction, deux
propositions ont été défendues. Certains
camarades ont défendu la position selon
laquelle le CONAT devait élire une direction
sur la base d'un vote proportionnel.
Finalement, il a été voté qu'à l'étape
actuelle, la CONLUTAS devait approuver une
coordination nationale avec des représentants
de chaque organisation qui la compose. Cette
proposition a été considérée comme étant la
seule manière de garantir une réelle
représentation des minorités à l'intérieur de
la CONLUTAS.
Le 10 mai
2006
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