Paulo
Henrique Amorim - D'après
l'information de la Folha On Line, le PSTU
est en train d'essayer, jusqu'à maintenant
sans y arriver, de rallier les « radicaux »
du PT. Je vais justement en discuter
maintenant avec José Maria, président du PSTU
et qui a également été candidat à la
présidence de la République. Est-il vrai que
le PSTU aimerait avoir à ses côtés la
sénatrice Heloísa Helena, le député Babá et
la députée Luciana Genro ?
José Maria de
Almeida - Il y a une imprécision dans
cette information. En vérité, le PSTU pense
que les options prises par le PT, d'autant
plus qu'il est désormais au gouvernement, de
maintenir le modèle économique antérieur dans
ses grandes lignes, finit par aboutir à une
proposition de réforme de « Prévoyance »
pire que celle faite par Fernando Henrique
Cardoso (ancien président du Brésil). Et je
dirais même que ce comportement autoritaire
vis à vis de ces députés et de cette
sénatrice, est la démonstration qu'il y a une
incompatibilité, une contradiction quasi
absolue, entre d'une part les personnes qui
veulent continuer à mener les combats
traditionnels de la gauche socialiste
brésilienne et d'autre la direction du PT et
les appuis du gouvernement Lula.
Maintenant, la sortie que nous proposons à
cette situation n'est pas simplement l'entrée
de la sénatrice et des députés au PSTU. En
effet, ce que le PSTU a proposé c'est que
nous additionnions nos forces, les militants
du PSTU, les parlementaires, les militants de
la gauche socialiste brésilienne, dans le
cadre de la construction d'un nouveau parti
de gauche, socialiste, tourné vers la lutte
du peuple brésilien, qui occupe cet espace à
gauche qui a été ouvert du fait des options
faites par le PT et de la transformation
qu'il a vécue. Nous pensons que dans la
période que nous vivons il est nécessaire de
construire au Brésil un parti de gauche, qui
soit l'opposition de gauche du gouvernement
et qui incarne le défense des combats
traditionnels de notre classe.
Paulo Henrique
Amorim - Un parti qui ne serait pas
nécessairement le PSTU, mais un autre
parti...
José Maria de
Almeida - Bien sûr, un parti qui
serait supérieur à ce que le PSTU est
aujourd'hui, tant au niveau du nombre de
militants - parce que nos regrouperions toute
la gauche socialiste brésilienne et pas
seulement celle qui est à l'intérieur du PSTU
en ce moment - qu'en terme de qualité, dans
la mesure où nous additionnerions les
expériences de tous dans la construction d'un
parti qui puisse occuper l'espace vide laissé
par le PT et remplir le rôle d'un instrument
politique pour la lutte du peuple
brésilien.
Paulo Henrique
Amorim
- Et ce parti compterait sur ces dissidents
du PT?
José Maria de
Almeida - Sans aucun doute, ils
seraient très bien venus.
Paulo Henrique
Amorim - Maintenant je vous pose la
question :il n'y a eu aucun rapprochement,
aucun coup de téléphone, aucun contact à
travers des intermédiaires, il n'y a pas eu
de discussion ? Le PSTU n'a discuté avec
aucun des trois ?
José Maria de Almeida
- Ce qu'il y a pour le moment,
d'ailleurs ça fait déjà un certain temps,
c'est une série de discussions et de réunions
qui se passent à la base des mouvements
sociaux, parce que ce processus de rupture,
cette divergence explicite que vous voyez
aujourd'hui entre les députés et la sénatrice
et la direction du PT, se passe à la base. Il
y a des milliers et des milliers de militants
du PT qui ne sont pas d'accord et qui
n'acceptent pas le changement que le parti a
vécu et qui s'en sont éloignés. Avec
plusieurs de ces camarades il y a déjà des
réunions qui préparent la possibilité de la
construction d'une nouvelle organisation.
Nous évitons un contact direct, formel, avec
les députés et la sénateur pour éviter les
pressions, vu le problème que pose la
commission d'éthique. Et vous savez que ce
type de discussion, la préparation pour la
construction d'un mouvement pour le
regroupement de plusieurs forces politiques,
sont des discussions qui ne se font pas
publiquement, et qui ne sont pas publiées
dans la presse. Nous évitons donc toute
initiative qui finisse par être nuisible à
quelque chose qui est pour nous très
important, c'est à dire le chemin qui puisse
amener à l'unification de la gauche
socialiste.
Paulo Henrique
Amorim - Ce fut un plaisir de compter
sur vos explications. Je vous remercie.
José Maria de
Almeida - Tout le plaisir a été pour
moi, c'est moi qui vous remercie.
Traduit d'après
le Bulletin électronique du PSTU du 20 mai
2003
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