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Quatrième Internationale
Marxisme vivant
Déclaration du Parti Révolutionnaire des Travailleurs

Article publié dans l'Internationaliste n°61

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Vive la grève nationale étudiante !
Certains pourraient affirmer qu'il est trop tôt pour avoir des exigences envers le nouveau gouvernement, étant donné qu'il vient d'entrer en fonction. D'autres, "plus politiques", rappellent les anciens temps "républicains" qui "conseillaient" d'attendre au moins 100 jours pour avoir des revendications. Nous, militants du Parti Révolutionnaire des Travailleurs, avons toujours défendu la même chose depuis que les gouvernements de concertation [gouvernement d'union entre le parti socialiste et la démocratie chrétienne NdT] sont arrivés au pouvoir : il ne faut avoir aucune confiance dans les gouvernements de concertation. Le gouvernement pro-patronal et pro-impérialiste de Ricardo Lagos l'a prouvé, puisqu'il n'a rien fait d'autre que d'appliquer les politiques héritées de la dictature, tout en les nommant démocratiques, participatives etc. Qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme, cela revient au même, vu que nous savons que le genre nous unit mais que la classe nous sépare.

On sait que la bourgeoisie a une nouvelle évaluation de l'éducation qui correspond davantage aux nouveaux modèles économiques et à la globalisation de l'économie. Les "réformes" proposées pour l'éducation se font, dans leur ensemble, contre l'école publique (voir par exemple les conclusions de la Commission Bruner) ; leur objectif est de toucher particulièrement les secteurs les plus pauvres de la population. C'est depuis l'instauration de la dictature de Pinochet que ces réformes ont été menées, de la loi dite de municipalisation jusqu'à la Loi Organique Constitutionnelle de l'Education (LOCE), approuvée par les gouvernements "démocratiques". Après ce transfert de l'éducation, vers les municipalités comme vers le secteur privé - ce qui a dilué la rôle de l'Etat et la qualité de l'éducation - le marché de l'éducation privée et le rôle idéologique de la bourgeoisie ont sensiblement gagné du terrain.

Les différents gouvernements de concertation, tout en sachant sciemment qu'il existe une terrible décomposition du système éducatif liée à la crise économique et sociale du système capitaliste, ont répercuté sur l'éducation la stratification sociale de la société. Cette stratification est déjà dénoncée par tout le monde à cause des profondes inégalités et de la mauvaise répartition des richesses qu'elle provoque. En effet, elle reproduit non seulement l'opposition entre quartiers riches et quartiers pauvres ; mais aussi l'opposition écoles pour riches, écoles pour pauvres.

Dans ce cadre, l'école a principalement deux particularités : premièrement, c'est une institution que l'état bourgeois utilise pour reproduire les valeurs et l'idéologie de la classe dominante ; deuxièmement c'est une branche spécifique de la production qui permet de produire et reproduire des connaissances. Nous pensons qu'on ne peut pas défendre en bloc l'éducation publique parce que cela signifie défendre une institution de l'état bourgeois, qui, à cause des fléaux provoqués par le capitalisme comme le chômage, la marginalité et les bas salaires, ne garantit pas le droit à l'éducation et est au service de la classe dominante. Pour cette classe, il s'agit d'adapter l'éducation aux nécessités du marché du travail.

Selon cette logique, l'école doit fonctionner selon les lois du marché: elle doit offrir l'éducation dont le marché a besoin. Il est évident que ce marché est dominé par les besoins des grandes entreprises. Les changements qui se sont produits sont étroitement liés aux salaires misérables, à la détérioration des conditions de travail, au chômage structurel, à la baisse du niveau de vie des travailleurs et des masses.

Ce n'est donc pas un hasard si les étudiants français ont si âprement résisté contre le CPE. C'est aussi pour cela que les enseignants et les travailleurs ont participé à cette lutte. Les enseignants, qui savent qu'ils devront, eux aussi, être "flexibilisés", doivent éduquer la jeunesse dans la perspective de la "flexibilisation" et ils doivent lui apprendre que le chômage est un statut normal comme n'importe quel autre. Les parents et responsables légaux ont également participé au mouvement. En effet, ce sont eux qui doivent payer l'éducation de leurs enfants. Au Chili, ils doivent payer le « financement partagé », la carte de transport scolaire, la PSU [Épreuve de Sélection Universitaire], droits d'inscription etc.

Tout cela nous fait dire que la solution est clairement celle donnée par les étudiants et travailleurs français. Ils ont été capables de descendre dans les rues à près de trois millions de personnes, nous devons faire de même. C'est pourquoi le rôle des dirigeants et des directions est déterminant dans ce type de lutte, tant pour la victoire que pour la défaite. La CONFECH [Structure qui regroupe les organisations étudiantes NdT] et la CUT doivent jouer un rôle de premier plan dans ce combat, car de son issue dépendront les luttes futures. Pour cela, ces organisations doivent être à la tête des mobilisations.

D'abord, ces organisations doivent établir un plan de luttes qui prévoit non seulement la grève nationale étudiante mais également des manifestations, des assemblées etc. pour chercher à élargir et à unifier les revendications et les luttes de tous les secteurs des travailleurs. Plus que jamais se pose la question de l'unité étudiants-travailleurs. Plus que jamais se pose la question d'un front unique contre les plans du gouvernement.

Ce dernier cherche à gagner du temps ainsi qu'à discréditer, délégitimer, isoler et réprimer la lutte des étudiants afin de la vaincre. L'avenir des luttes prochaines dépendra largement de la lutte des étudiants, qui ne se limite déjà plus à eux. C'est pour ça qu'il faut unifier toutes les luttes, contre les plans du gouvernement et pour la satisfaction des revendications des travailleurs : pour une meilleure d'éducation et une meilleure santé ; pour une meilleure éducation et pour la réduction du budget de l'armement ; pour une éducation gratuite et pour en finir avec les bénéfices du cuivre qui vont à l'armée ; pour une meilleure éducation et de meilleurs habitations pour les plus pauvres ; pour une meilleure éducation et pour le retrait de la LOCE ; pour une meilleure éducation et pour la transport scolaire gratuit ; pour une meilleure éducation et pour l'accès sans restriction aux universités.

Parti Révolutionnaire des Travailleurs

A BAS LA LOI DU GOUVERNEMENT DE FINANCEMENT UNIVERSITAIRE !

CUT – CONFECH : UN PLAN DE LUTTE IMMEDIATEMENT !

POUR UN GOUVERNEMENT DES TRAVAILLEURS !

UN CHILI SOCIALISTE EST POSSIBLE !

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