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Pseudo puceRetour au dossier sur la crise capitaliste.
Un G20 sur fond de
guerre monétaire et de mobilisations

L'effondrement de l'URSS et la réintroduction brutale du capitalisme ajouté à la libéralisation forcée des échanges et la course au profit maximum ont multiplié les crises économiques et financières : Mexique en 1994, Asie en 1997, Brésil, Russie et Argentine l'année suivante avant l'éclatement de la « bulle internet » en 2000. Dans le même temps, l'hyperinflation frappe les travailleurs de Zimbabwe qui ne voient toujours pas le bout du tunnel. Face aux risques bien réels de destabilisation du modèle économique capitaliste et les réactions de la classe ouvrière, les principaux représentants des bourgeoisies ont décidé en 1999 de se réunir annuellement au sein du Groupe des 20, organisme regroupant les 19 états plus l'Union européenne les plus puissants sur le plan économique : 2/3 de la population mondiale et 90% du produit mondial brut. Au programme, mieux se coordonner pour assurer la pérennité d'un système pourtant condamné.

Crise économique et montée de la lutte des classes.

Les secousses provoquées par la crise économique et financière actuelle sont historiques. Les capitalistes l'ont bien compris, comme le démontre l'accélération du nombre de sommets depuis 2007. Les chefs d'états, ministres des finances et responsables des banques centrales se sont rencontrés pas moins de neuf fois en moins de trois ans pour un bilan qui s'avère bien maigre. Qu'un seul travailleur cite une mesure adoptée et mise en oeuvre ! Après les mea culpa, les promesses de « moralisation » et de fin de « l'ultra-libéralisme », place à la real-politik hypocrite et réactionnaire. La crise est en effet toujours bien présente. Après la Grèce, l'Irlande est dans le collimateur des agences de notation et des spéculateurs de tout poil. L'Espagne est sur la liste, tout comme le Portugal.

Voilà pour les prochains mois mais cette situation ne sera pas close avant longtemps. La facture à payer, celle du renflouement du système bancaire et financier, est cette fois-ci trop importante pour que le taulier efface l'ardoise d'un seul coup de chiffon. Pire encore, les bourgeoisies vont devoir concentrer simultanément leurs attaques contre les acquis ouvriers, ce qu'ils évitent soigneusement depuis les années 1980 pour éviter toute contagion des poussées de fièvre de la classe ouvrière. L'ennui c'est que la pilule est mal digérée par les travailleurs et la jeunesse et la situation politique devient instable pour des gouvernements qui hier encore jouaient des muscles. En témoigne par exemple la veste électorale prise par Obama aux élections de Mid-term qui va le contraindre à durcir plus encore ses positions et la fragilité de Sarkozy, contraint à un « remaniement » longtemps repoussé.

Les apparences sauves ?

Le G20 de Séoul des 11 et 12 novembre dernier s'est donc tenu dans un contexte de durcissement de la lutte des classes. Côté scène, peu de nouveautés, le remède annoncé est celui responsable de la crise ! La déclaration finale du G20 de Toronto est confirmée. Les États doivent réduire par deux leurs déficits publics avant 2013 et réduire la dette publique avant 2016. La réglementation des marchés financiers, au travers du protocole Bâle III est repoussée et la « moralisation » est définitivement enterrée. A noter, l'intégration plus poussée des pays « émergents » comme le Brésil, l'Inde ou encore le Mexique.

Côté coulisses, derrière les bonnes résolutions de laisser davantage de libertés aux taux de change, d'éviter les dévaluations monétaires et de lutter contre le protectionnisme se trouvent les vrais enjeux de ce G20. Si il existe bien un accord minimum entre les différentes bourgoisies sur la nécessité de faire payer la note aux travailleurs et aux jeunes du monde entier, il existe de profondes divergences quant aux moyens d'y parvenir. Chacun espère bien sortir de la crise avec le mimimum de dégâts, tant sur le plan économique que politique. Les arrières-pensées sont nombreuses et se réaliseront toutes sur notre dos !

La guerre des monnaies aura bien lieu

La bataille se déplace désormais sur le terrain monétaire, comme en témoigne les tensions entre les USA et la Chine. Deux ans après l'effondrement des subprimes, la spéculation sur le marché des changes représente plus de 4 000 milliards de dollars par jour. Celle-ci est responsable des raids hostiles portées contre les économies nationales des « canards boiteux », dont l'euro est la victime collatérale et dont la survie, selon certains experts bourgeois, serait loin d'être acquise. Les raisons de cette situation sont simples.

Tout d'abord, il faut combler le vide créé par le renflouage du système financier. Mais elles sont aussi plus profondes et tiennent aux relations économiques sino-américaines. Grâce à ses faibles coûts de production, la Chine représente chaque année près du tiers du déficit commercial américain. Depuis 2000, elle conserve ses excédents commerciaux soit sous forme de dollars, soit en achetant la dette américaine, ce qui représente aujourd'hui près de 2 500 milliards. Cela a été d'autant plus possible par la sous-évaluation du yuan de près de 50%, pour favoriser les exportations chinoises. Le modèle est donc le suivant : Les USA apporte l'investissement technologique et le marché de consommateurs (à crédits) et la Chine se charge de la production. Mais la crise est venu rappeler les réalités économiques.

Pour financer son déficit commercial et relancer sa demande intérieure, les USA font « marcher la planche à billets » La banque fédérale (FED) a ainsi décidé début novembre d'imprimer 600 milliards de dollars ! Le dollar étant la monnaie de réserve mondiale, l'injection sur le marché se fait encore sans trop de difficultés. Conséquence, la confiance dans la capacité des USA à honorer leurs dettes diminue ce qui se traduit par une baisse du dollar sur les marchés de change par rapport à l'euro et au yuan. Mécaniquement, le prix des matières premières comme l'or, le blé ou encore le pétrole augmente.

De son côté, la Chine se montre inflexible face aux USA du fait de sa situation politique et économique interne. En avril dernier, le premier ministre chinois évoquait un taux de chômage de près de 14% soit 200 millions de chômeurs. Ajouté à cela, les faibles salaires et les conditions de travail entraînent une hausse des mobilisations depuis le début des années 2000. Pékin ne peut donc pas se permettre de sacrifier sa croissance économique pour relancer la consommation américaine, sous peine de voir la situation sociale exploser rapidement. Face à cela, l'Europe, et notamment la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne tentent de tirer leur épingle du jeu. Si les deux premiers soutiennent mollement la position américaine, Angela Markel soutient la position chinoise et dénonce ouvertement la politique américaine. En tant qu'économies tournées vers l'extérieur, l'Allemagne et la Chine refusent le « rééquilibrage » de l'économie mondiale voulu par Obama qui consisterait à réduire leurs exportations pour permettre une augmentation de la part américaine des échanges internationaux.

Les déclarations rassurantes du G20 sur « la croissance retrouvée » et « l’économie d’après-crise » ne suffisent pas à masquer la barbarie qui guette une nouvelle fois le monde. Pour sauver une nouvelle fois le système capitaliste les différentes bourgeoisies sont prêtent à se lancer dans une guerre monétaire, économique avec tout ce que cela signifie : repli protectionniste, inflation, chômage de masse, destruction des acquis ouvriers dont nous seront les seules victimes ! A cela, nous devons opposer une ligne d'unité d'action, une ligne de classe, des travailleurs et de la jeunesse de tous les pays pour mettre un terme à ces attaques !

Emeric

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