Logo Quatrième international
Groupe Socialiste Internationaliste
Pour la reconstruction de la Quatrième Internationale
Marxists Internet Archives
Sommaire

Versión de esta página en Español

Polémique sur la Palestine et sur la nature de l'Etat d'Israël
Réponse du GSI à la direction,
10 janvier 2011
Paris, le 10 janvier 2011

Chers camarades du C.E. et du S.I.

Nous avons bien reçu votre lettre du 10 novembre 2010. Nous ne vous répondons que maintenant, une fois la stupeur passée, parce que nous avons voulu bien mesurer la gravité que cette lettre, tant par sa forme que par son contenu, représente pour notre avenir dans les rangs de la LIT.

Espérons que, malgré son caractère méprisant, surréaliste et brouillon, votre lettre aura le mérite d’ouvrir, enfin, une discussion sur la tactique et la stratégie de construction de la LIT en Europe, discussion sans laquelle tout commentaire sur la situation politique française, ou portugaise, ou espagnole, ou anglaise, ou italienne, etc. (et sur les sections respectives) serait inutile, incohérent et lourd de dangers déviationnistes.

En réalité, cette discussion aurait dû être entamée depuis longtemps, nourrie tranquillement, en permanence et avec des documents. Tel n’a pas été les cas, et nous le regrettons vivement.

Au contraire, votre lettre synthétise la démarche empirique et la politique impressionniste de la LIT en Europe ; elle est une preuve concrète de la faillite de la direction de la LIT en Europe, et son contenu nous fait douter franchement de votre volonté à nous aider.

Avec une main sur le cœur, après avoir découvert du jour au lendemain l’importance de la situation politique en France, vous nous proposez de « faire ce qui est à notre portée pour vous aider dans l'orientation politique et de construction dans une réalité aussi importante et complexe que celle qui se développe en France ». Et d’ajouter que « Étant donné cette préoccupation de suivre de près la réalité et l'intervention de la LIT en France, nous sommes disposés à envoyer dirigeants de la LIT, de membres du CEI ou de directions nationales en France ».

Mais, camarades, vous comprenez bien que cette proposition arrive après la bataille…n’est-ce pas ? Car votre lettre nous est parvenue le 10 novembre, soit une semaine après l'enterrement, le samedi 6, de la bataille des retraites. Un enterrement de première classe, organisé par les bureaucrates (qui, ainsi, ont permis à Sarkozy d’emporter une victoire à la Pyrrhus) et intervenu six semaines après le passage par Paris de deux camarades du PSTU.

Par ailleurs, vous omettez soigneusement de dire qu’une discussion, avec tous éclaircissements souhaités, aurait déjà eu lieu si ces 2 camarades du PSTU (et membres de la direction internationale de la LIT), qui ont séjourné en France du 21 au 24 septembre, avaient fait preuve de bon sens politique, de respect du GSI et du Centralisme Démocratique, en prenant contact avec nous, le GSI, section française de la LIT.

Voilà une faute politique inexcusable ! Le fait d’être venus au nom de CONLUTAS n’y change rien, surtout sachant que les camarades ont trouvé le temps de se réunir avec tout le monde ici, y compris avec la tendance Claire du NPA…, avec tous, sauf avec la section officielle de la LIT en France, le GSI.

Un tel procédé ne peut être du au hasard mais, plutôt, a une volonté consciente et murie de se passer du GSI, et de faire comme s’il ne faisait plus partie de la LIT. C’est sûrement pour cette raison que nous n’avons été prévenus de la venue des camarades D. et C que le 21 septembre à 18 heures 52 (par courrier électronique), alors que les camarades étaient probablement déjà en vol, ou peut-être même déjà à Paris.

Non, camarades, vous ne pouvez pas jouer les amnésiques, faire comme si cette agression politique n’avait jamais eu lieu et nous envoyer une lettre fourre-tout, avec des fausses questions et des assertions, sur un objectif qui n’est plus à l’ordre du jour.

Après tout cela, qui pourrait croire en la sincérité de votre lettre et de votre offre d’aide… ? De plus, si la LIT a certes des problèmes politiques à régler avec ses sections en Europe, nous ne pensons pas que, de ce point de vue, le GSI soit prioritaire.

La construction de la LIT en Europe nécessite une orientation politique et une direction à l’échelle du continent. Dans la fasse actuel de crise du capitalisme, où la politique européenne à l’encontre des travailleurs et la jeunesse s’accélère et se durcit, on ne peut plus continuer à élever au rang de méthode l’empirisme, l’improvisation, le chacun pour soi, au risque d’une crise majeure de la LIT.

Dans votre lettre, sur la situation en France, vous posez beaucoup de questions sur le mouvement syndical tout en avançant vos propres réponses (par la bande, et sans expliquer pourquoi vous pensez qu’il faut faire ceci plutôt que cela), de même que vous faites des affirmations, sans les développer, sur une politique européenne et sur des alliances… En passant, vous nous démontrez ignorer totalement ce que nous écrivons ; au lieu de lire avec attention et de traduire nos modestes documents politiques, vous préférez travailler à la mise en place d’un site-blog en Français (http://palikuraphoto.blogspot.com/), alternatif au site du GSI.

Nous pouvons malgré tous mettre fin a cette situation et, pour cela, nous vous invitons à prendre vos responsabilités en tant que direction de la LIT : nous sommes donc prêts à discuter avec vous de notre politique, mais aussi de la politique de toutes les autres sections de la LIT en Europe, car il y a en effet plusieurs matières à discussion… Ainsi, par exemple, la politique d’entrisme sui generis pratiquée depuis tant d’années par la section portugaise, à l’intérieur de cette formation (dans le meilleur des cas) centriste, dénommée Bloc de Gauche.

Pour ce faire, et puisque ces discussions doivent déboucher sur une orientation politique commune à l’échelle de l’Europe, nous vous invitons, chers camarades, à nous envoyer au plus vite un document politique avec votre caractérisation de la situation politique, économique y social en Europe, nous expliquant très précisément par où passe, selon vous, la construction de la LIT sur ce continent.

Car en effet, pour nous, seule la méthode marxiste nous permettra de surmonter les difficultés actuelles et d'arriver à une compréhension commune des événements et de tâches, condition sine qua non dans la construction d’une internationale. Une internationale de masse, centralisée démocratiquement et capable d’œuvrer à la solution de la crise historique du prolétariat, celle de sa direction.

En attendant votre réponse, recevez, chers camarades, nos salutations trotskistes,

Le secrétariat du GSI.

P.S. : comme nous l’avons fait lors de notre polémique sur la caractérisation de l’Etat sioniste d’Israël, nous vous demandons de publier votre lettre du 10-11-2010, cette réponse, et puis, touts les écrits qui pourraient s’en suivre, dans le BII.

SuiteRetour

Haut Début