| Chers camarades de la direction
du GSI:
- D'abord, nous constatons que vous avez
perdu une occasion d’entamer un
dialogue qui aurait pour but d'avancer dans
l'orientation politique pour l'intervention
révolutionnaire en France. Nous espérions que
vous répondriez à nos préoccupations
politiques et éclairciriez nos doutes.
- Au lieu de quoi, vous avez utilisé 80%
de votre lettre de réponse pour critiquer ce
que vous considérez comme une "agression" ou
une ingérence de la LIT dans la politique de
la section française. Cela fait suite, selon
vous, au voyage des deux camarades du PSTU,
dirigeants de la CSP Conlutas, qui ont été en
Europe et sont passés par la France pendant
les mobilisations de l'année dernière. Pour
dissiper les doutes, nous mettons
d’abord au clair le fait que ces
camarades ne sont pas de la direction de la
LIT (comme vous l’affirmez), et
n’appartiennent pas non plus au Comité
Exécutif du PSTU. Ce sont des membres du CC
du PSTU qui font partie de la CSP-Conlutas et
dont l'activité est centrée sur
l'intervention syndicale puisqu’ils
sont membres de la Coordination nationale de
la CSP-Conlutas ; l’un d’eux est
responsable des relations internationales de
cette centrale syndicale. C’est en
cette qualité et avec le mandat de cette
Coordination que les camarades ont fait le
voyage, comme vous en avez été informés, pour
prendre part aux grandes mobilisations qui
ont lieu en Europe.
- Ces camarades n'ont pas voyagé pour
orienter notre travail européen ni les
sections européennes. Si le besoin se
présentait, il serait assumé par un membre du
SI ou du Comité Exécutif International de la
LIT. Ils sont passés par plusieurs pays,
parmi lesquels l'Espagne et l'Italie ; ils
n’y ont aucunement été pour discuter
avec les sections, parce que ce n’est
pas de leur responsabilité, mais bien pour
établir des liens avec les organisations
syndicales européennes, au nom de la
Csp-Conlutas. Pour mettre à profit cette
visite, nos sections ont essayé d'utiliser
leur présence pour renforcer leur
intervention dans les mobilisations. Vous,
bien qu'informés du voyage, même un jour
avant l'arrivée, n'avez pas eu la moindre
préoccupation de faire de même et
d’utiliser la présence des camarades.
Vous n’avez même pas répondu ni proposé
de les accompagner dans les processus de
mobilisations en cours.
- Quant aux camarades de la Tendance
Claire, comme nous vous l’avons dit
dans la précédente lettre, ils ont cherché un
contact avec la LIT(QI) lors de leur voyage
en Argentine ; la rencontre n’avait pas
été possible alors et c'est pourquoi nous les
informions de ce voyage des compagnons Didi
et Cacao pour savoir s'ils étaient toujours
intéressés et ils ont répondu oui. Comme
vous, eux aussi ont été informés du voyage la
veille. Nous constatons que vous ne vous êtes
pas du tout préoccupés de savoir pourquoi la
Tendance Claire a dû voyager en Amérique
latine pour connaître la LIT et n’a pas
demandé une réunion avec l'organisation de la
LIT en France. Vous ne nous demandez pas non
plus quelles étaient les questions politiques
que ces compagnons ont soulevées lors de ce
contact. Si bien que vous montrez dans cette
critique une position arrogante, sans le
moindre intérêt pour chercher à ouvrir des
contacts avec des groupes ou des militants
qui veulent discuter de la LIT en France.
- Nous ne comprenons pas ce que vous
proposez que nous faisions pour discuter de
la France : devrions-nous envoyer des
dirigeants de la LIT ou de ses partis pour
discuter examiner avec vous l'orientation
avant ? ne devrions-nous envoyer aucun
camarade en France, ni avant ni après ?
S’il s’agissait de la première
hypothèse, vous pourriez critiquer notre
retard à venir et devriez exiger
qu'immédiatement nous envoyions un ou
plusieurs dirigeants de la LIT en France,
comme nous vous l’avons proposé dans la
lettre précédente pour discuter sur place
avec vous et préciser la ligne, les possibles
différences, etc. Mais ce n’est pas ce
que vous dites dans votre réponse, mais
plutôt que vous voulez discuter de l'Europe,
et d'autres pays comme le Portugal, etc..
- Vous affirmez que vos matériaux publics
sont déjà clairs sur l'orientation, et vous
sous-entendez une supposée non lecture de
notre part. Mais le problème politique pour
nous se situe justement dans ce qu'il
apparaît de vos matériaux publics, et ceci
nous cause des doutes profonds qui sont
probablement des différences avec votre
position. Mais nous savons que souvent dans
des matériaux publics, bulletins ou
périodiques, la position d'un parti sort sans
l'ensemble des arguments qui la soutiennent,
sans les caractérisations les plus
développées. C'est pourquoi nous vous
demandons dans la lettre précédente, s'il
existe des matériels davantage de fond, des
documents nationaux ou de congrès qui soient
plus stratégiques. Vous nous avez répondu que
tout est dans les périodiques et les
publications.
- Alors, avant d'entrer dans les problèmes
politiques, nous voulons poser clairement la
question : la direction de la LIT reçoit les
matériaux internes de toutes les sections,
mais n’a jamais reçu de tels matériels
de votre part. N’avez-vous aucun
document interne, national ou de
construction? Si vous en avez, nous voulons
que vous nous l’envoyiez immédiatement
pour que nous puissions connaître les
positions de fond du GSI que nous voyons se
refléter dans les matériaux publics. Dans le
même sens, depuis la direction de la LIT nous
n'avons jamais eu accès à vos matériels de
Congrès. Nous ignorons même si vous effectuez
des congrès nationaux. Vous n’avez pas
eu de congrès nationaux du GSI durant les
dernières années : depuis quand?
- Dans nos réunions du CEI, il est
fréquent que nous discutions les matériaux de
congrès ou d’importants documents des
sections, les bilans d'activités et de la
construction partisane et souvent nous les
reproduisons dans le BII pour toute la LIT.
Si nous voulions faire de même pour la
France, nous ne le pouvons pas, parce que
nous ne les avons pas.
- La France est centrale dans la lutte des
classes en Europe et les répercussions
affectent l'avant-garde à l’échelle
mondiale. Par le rôle du mouvement de masses
français dans la lutte de classes, en
particulier dans la dernière période, les
militants de la LIT sollicitent constamment
auprès de nous des informations sur
l'orientation politique et la construction de
la section française. Et nous ne pouvons pas
répondre, parce que nous n'avons pas accès
aux informations nécessaires pour pouvoir
donner une réponse aux camarades.
- D'autre part, vous êtes l'expression de
la LIT en France et par conséquent votre
orientation en France est vue par tout le
monde militant comme la position de la LIT.
Cela vaut pour toutes les sections de la LIT
dans leurs pays respectifs. Mais
contrairement aux autres sections, vous
n'acceptez pas de discuter vos positions avec
la direction de la LIT.
- En vérité, il existe une relation
anormale entre le GSI et la direction
internationale. Toutes les sections ont leur
élaboration dans le cadre de la LIT et
cherchent toujours l'échange informations et
d’opinions avec la direction de la LIT
pour élaborer leur ligne politique et leurs
projets de construction partisane. Les
directions nationales nous sollicitent pour
nous déplacer et discuter avec elles à
travers des textes, et souvent
d’envoyer des cadres pour contribuer à
la construction des sections nationales. Vous
ne montrez aucun intérêt à discuter avec
nous, vous dites toujours ne pas avoir besoin
de déplacements de cadres, et pire, vous
élaborez votre politique fermés sur
vous-mêmes, non dans le cadre de
l'élaboration internationale.
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- Il ne suffit pas d’être
formellement adhérent de la LIT pour être
internationalistes. Un parti n’est
internationaliste que s'il élabore sa
politique et avance dans sa construction dans
le cadre d'une internationale. Il y a un an,
la direction espagnole voulait examiner
l'orientation de sa politique et de sa
construction : elle a demandé le voyage d'un
camarade du SI et cela l’a amené à
parcourir toutes les régions afin de mieux
connaitre la réalité et pouvoir juger en
toute connaissance sur la réalité et sur le
parti espagnol ; elle nous a aussi demandé de
poser les doutes ou les différences que nous
aurions éventuellement.
- Vous êtes complètement différents de
l'ensemble des organisations de la LIT.
Depuis que vous êtes entrés à la LIT, vous
n’avez jamais demandé d'examiner avec
la direction de la LIT l'orientation pour
l'intervention dans la réalité française.
Chaque fois que nous vous avons proposé
d'envoyer des cadres, vous nous avez répondu
ne pas en avoir besoin. Aujourd’hui,
dans la situation explosive de la France,
vous ne répondez même pas à notre suggestion
d'envoi de cadres. On pourrait penser que le
GSI connait déjà un développement tel que
vous pouvez vous dispenser de l'envoi de
cadres de la LIT, ayant l’expérience
d’autres pays, pour la France. Mais en
vérité, malgré plusieurs processus de montée
des luttes en France durant ces quinze
dernières années, pour autant que nous
sachions vous n'avez cessé jamais d'être un
petit groupe, vous n’avez jamais eu une
avancée significative dans l'implantation
parmi les travailleurs ou dans le recrutement
de cadres à la hauteur des processus vécus
par le prolétariat français durant les seize
dernières années.
- En raison de cette vision erronée de ce
que signifie faire partie d'une
internationale, et malgré le fait que
l'objectif de notre lettre était simplement
d’ouvrir un échange sur la réalité et
votre politique pour la France, vous
n’avez proposé dans votre réponse
aucune voie qui permette de discuter la
situation française et l'orientation du GSI.
Vous ne proposez pas non plus des voyages ou
un échange pour approfondir la connaissance,
les avis et discussions, ni l’envoi de
cadres... aucune proposition. Vous exigez que
nous vous envoyions un document présentant
nos positions sur l'Europe, alors que nous
avons publié divers matériels pendant
l'année, tant dans le BII comme dans la revue
Courrier International.
- Quand vous nous avez répondu, vous aviez
déjà reçu le BII 200, où notre élaboration
sur l'Europe est incluse dans le dernier
document approuvé par la CEI et est ouverte à
la discussion, mais nous voulons être clairs
: nous ne sommes pas favorables à la
dissolution des questions dans des polémiques
générales. La France est un élément central
de la réalité européenne, nous voulons
examiner avec vous l'orientation pour
l'intervention et la construction dans la
réalité française. Nous tombons même
d’accord avec vous que nous devrions
déjà avoir dépassé cette situation anormale
bien avant ; plus encore depuis l'ouverture
de la crise européenne, mais il est
fondamental maintenant de changer cette
situation et de dépasser ce retard en manière
urgente. Enfin, le processus n'a pas été
fermé, comme il paraît se détacher de votre
lettre : malgré la défaite du mouvement de
masses avec l'approbation du projet
d'augmentation de l'âge de la retraite, le
gouvernement est sorti affaibli et avec moins
de base sociale qu'avant ; la bourgeoisie a
besoin d'aller beaucoup plus loin et la
classe ouvrière et la jeunesse françaises ont
déjà démontré qu'elles ont la force et la
disposition pour faire face aux actions du
gouvernement contre leurs droits, malgré les
manœuvres de la bureaucratie.
- Ici intervient une explication pour
qu'il n'y ait pas de doutes. Notre statut
définit que le congrès mondial est l'organe
le plus haut qui détermine toutes les
politiques de l’Internationale,
nationales et internationales. Ses décisions
ont caractère obligatoire et immédiat pour
tous les autres organismes nationaux et
internationaux. D'autre part, dans la période
entre ses congrès, dans l'étape actuelle de
la LIT, jusqu'à ce que la direction
internationale fasse ses preuves dans la
lutte de classes, le CEI ne pourra pas
intervenir dans une section ni l'obliger à
appliquer une tactique, une ligne politique
ou de construction nationale. Le CEI et le SI
peuvent se prononcer, voter des résolutions
sur les questions politiques et de
construction nationales, mais la décision sur
les politiques nationales reste de la
responsabilité des organisations et des
directions nationales, à moins que ces
politiques ne violent des questions de
principes de l’Internationale. Mais la
direction internationale a le droit et le
devoir d'accompagner, d'examiner et
d'orienter les sections nationales,
spécialement celles qui vivent des processus
centraux de la lutte de classes
internationale comme c'est votre cas.
- Nous allons avoir une occasion de faire
cette discussion : un camarade du SI va
voyager en Europe en avril pour discuter avec
la direction des partis espagnol et
portugais. Nous proposons que ce camarade
voyage en France pour discuter avec votre
direction. Mais nous voulons ici vous alerter
et être très clairs : notre proposition n'est
pas d’effectuer une réunion formelle,
pour accomplir un protocole. Nous voulons
examiner avec vous, avec la plus grande
droiture, votre orientation politique et de
construction, poser nos doutes et nos
différences en profondeur, comme on fait
entre révolutionnaires de la même
Internationale. Dans la LIT, comme nous
disions, la direction n'impose pas aux
sections leur orientation pour le pays, mais
en revanche elle doit avoir une position et
examiner clairement avec la section sa ligne
pour le pays. Si vous n’êtes pas
favorables à examiner en profondeur avec la
direction de la LIT l'orientation politique
ainsi que les problèmes méthodologiques, les
problèmes dans la construction partisane et
les finances, il est préférable que vous nous
répondiez franchement non.
- Par exemple, nous voulons discuter avec
vous le processus de réorganisation sur le
terrain des organisations syndicales, dont
vous ne faites aucune caractérisation dans
vos matériaux publics. Nous voulons discuter
pourquoi vous vous refusez à poser une
politique d’exigences et de
dénonciations des directions des centrales
bureaucratiques. Et pourquoi vous ne
construisez pas une politique de front unique
pour appeler à la lutte et, de là dénoncer la
direction des centrales qui ne combattent pas
le gouvernement.
- Nous voulons discuter par exemple (si
cela est vrai, puisque vous ne nous avez pas
répondu non plus dans votre lettre)
l'information selon laquelle vous aviez un
camarade à la direction d'un syndicat
étudiant SUD dans une importante université
et que vous avez adopté la politique que ce
camarade sorte de ce syndicat et fasse partie
d'un syndicat que vous aviez déjà fondé et
qui groupe à peine un petit noyau
d'activistes qui sont l'avant-garde la plus
radicalisée et proche du parti. Si cela fait
partie de votre politique de former des
syndicats qui ne regroupent qu'une petite
avant-garde sur un programme révolutionnaire,
nous voulons discuter ce qui selon nous
serait une grave erreur. Bien que dans
plusieurs pays nous trouvons des groupes qui
se disent trotskystes et ont ce type de
position, cette politique n'a rien voir avec
la position de la LIT ni avec le Programme de
Transition.
- Finalement, nous vous informons que la
CEI suit l'échange de ces lettres et la
discussion étant donné l'importance de la
réalité française et européenne.
Nous attendons votre réponse.
Salutations révolutionnaires
Le 14 février 2011
Le SI de la LIT-QI
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