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Lettre du SI au GSI, 14 février de 2011
Chers camarades de la direction du GSI:

- D'abord, nous constatons que vous avez perdu une occasion d’entamer un dialogue qui aurait pour but d'avancer dans l'orientation politique pour l'intervention révolutionnaire en France. Nous espérions que vous répondriez à nos préoccupations politiques et éclairciriez nos doutes.

- Au lieu de quoi, vous avez utilisé 80% de votre lettre de réponse pour critiquer ce que vous considérez comme une "agression" ou une ingérence de la LIT dans la politique de la section française. Cela fait suite, selon vous, au voyage des deux camarades du PSTU, dirigeants de la CSP Conlutas, qui ont été en Europe et sont passés par la France pendant les mobilisations de l'année dernière. Pour dissiper les doutes, nous mettons d’abord au clair le fait que ces camarades ne sont pas de la direction de la LIT (comme vous l’affirmez), et n’appartiennent pas non plus au Comité Exécutif du PSTU. Ce sont des membres du CC du PSTU qui font partie de la CSP-Conlutas et dont l'activité est centrée sur l'intervention syndicale puisqu’ils sont membres de la Coordination nationale de la CSP-Conlutas ; l’un d’eux est responsable des relations internationales de cette centrale syndicale. C’est en cette qualité et avec le mandat de cette Coordination que les camarades ont fait le voyage, comme vous en avez été informés, pour prendre part aux grandes mobilisations qui ont lieu en Europe.

- Ces camarades n'ont pas voyagé pour orienter notre travail européen ni les sections européennes. Si le besoin se présentait, il serait assumé par un membre du SI ou du Comité Exécutif International de la LIT. Ils sont passés par plusieurs pays, parmi lesquels l'Espagne et l'Italie ; ils n’y ont aucunement été pour discuter avec les sections, parce que ce n’est pas de leur responsabilité, mais bien pour établir des liens avec les organisations syndicales européennes, au nom de la Csp-Conlutas. Pour mettre à profit cette visite, nos sections ont essayé d'utiliser leur présence pour renforcer leur intervention dans les mobilisations. Vous, bien qu'informés du voyage, même un jour avant l'arrivée, n'avez pas eu la moindre préoccupation de faire de même et d’utiliser la présence des camarades. Vous n’avez même pas répondu ni proposé de les accompagner dans les processus de mobilisations en cours.

- Quant aux camarades de la Tendance Claire, comme nous vous l’avons dit dans la précédente lettre, ils ont cherché un contact avec la LIT(QI) lors de leur voyage en Argentine ; la rencontre n’avait pas été possible alors et c'est pourquoi nous les informions de ce voyage des compagnons Didi et Cacao pour savoir s'ils étaient toujours intéressés et ils ont répondu oui. Comme vous, eux aussi ont été informés du voyage la veille. Nous constatons que vous ne vous êtes pas du tout préoccupés de savoir pourquoi la Tendance Claire a dû voyager en Amérique latine pour connaître la LIT et n’a pas demandé une réunion avec l'organisation de la LIT en France. Vous ne nous demandez pas non plus quelles étaient les questions politiques que ces compagnons ont soulevées lors de ce contact. Si bien que vous montrez dans cette critique une position arrogante, sans le moindre intérêt pour chercher à ouvrir des contacts avec des groupes ou des militants qui veulent discuter de la LIT en France.

- Nous ne comprenons pas ce que vous proposez que nous faisions pour discuter de la France : devrions-nous envoyer des dirigeants de la LIT ou de ses partis pour discuter examiner avec vous l'orientation avant ? ne devrions-nous envoyer aucun camarade en France, ni avant ni après ? S’il s’agissait de la première hypothèse, vous pourriez critiquer notre retard à venir et devriez exiger qu'immédiatement nous envoyions un ou plusieurs dirigeants de la LIT en France, comme nous vous l’avons proposé dans la lettre précédente pour discuter sur place avec vous et préciser la ligne, les possibles différences, etc. Mais ce n’est pas ce que vous dites dans votre réponse, mais plutôt que vous voulez discuter de l'Europe, et d'autres pays comme le Portugal, etc..

- Vous affirmez que vos matériaux publics sont déjà clairs sur l'orientation, et vous sous-entendez une supposée non lecture de notre part. Mais le problème politique pour nous se situe justement dans ce qu'il apparaît de vos matériaux publics, et ceci nous cause des doutes profonds qui sont probablement des différences avec votre position. Mais nous savons que souvent dans des matériaux publics, bulletins ou périodiques, la position d'un parti sort sans l'ensemble des arguments qui la soutiennent, sans les caractérisations les plus développées. C'est pourquoi nous vous demandons dans la lettre précédente, s'il existe des matériels davantage de fond, des documents nationaux ou de congrès qui soient plus stratégiques. Vous nous avez répondu que tout est dans les périodiques et les publications.

- Alors, avant d'entrer dans les problèmes politiques, nous voulons poser clairement la question : la direction de la LIT reçoit les matériaux internes de toutes les sections, mais n’a jamais reçu de tels matériels de votre part. N’avez-vous aucun document interne, national ou de construction? Si vous en avez, nous voulons que vous nous l’envoyiez immédiatement pour que nous puissions connaître les positions de fond du GSI que nous voyons se refléter dans les matériaux publics. Dans le même sens, depuis la direction de la LIT nous n'avons jamais eu accès à vos matériels de Congrès. Nous ignorons même si vous effectuez des congrès nationaux. Vous n’avez pas eu de congrès nationaux du GSI durant les dernières années : depuis quand?

- Dans nos réunions du CEI, il est fréquent que nous discutions les matériaux de congrès ou d’importants documents des sections, les bilans d'activités et de la construction partisane et souvent nous les reproduisons dans le BII pour toute la LIT. Si nous voulions faire de même pour la France, nous ne le pouvons pas, parce que nous ne les avons pas.

- La France est centrale dans la lutte des classes en Europe et les répercussions affectent l'avant-garde à l’échelle mondiale. Par le rôle du mouvement de masses français dans la lutte de classes, en particulier dans la dernière période, les militants de la LIT sollicitent constamment auprès de nous des informations sur l'orientation politique et la construction de la section française. Et nous ne pouvons pas répondre, parce que nous n'avons pas accès aux informations nécessaires pour pouvoir donner une réponse aux camarades.

- D'autre part, vous êtes l'expression de la LIT en France et par conséquent votre orientation en France est vue par tout le monde militant comme la position de la LIT. Cela vaut pour toutes les sections de la LIT dans leurs pays respectifs. Mais contrairement aux autres sections, vous n'acceptez pas de discuter vos positions avec la direction de la LIT.

- En vérité, il existe une relation anormale entre le GSI et la direction internationale. Toutes les sections ont leur élaboration dans le cadre de la LIT et cherchent toujours l'échange informations et d’opinions avec la direction de la LIT pour élaborer leur ligne politique et leurs projets de construction partisane. Les directions nationales nous sollicitent pour nous déplacer et discuter avec elles à travers des textes, et souvent d’envoyer des cadres pour contribuer à la construction des sections nationales. Vous ne montrez aucun intérêt à discuter avec nous, vous dites toujours ne pas avoir besoin de déplacements de cadres, et pire, vous élaborez votre politique fermés sur vous-mêmes, non dans le cadre de l'élaboration internationale.

- Il ne suffit pas d’être formellement adhérent de la LIT pour être internationalistes. Un parti n’est internationaliste que s'il élabore sa politique et avance dans sa construction dans le cadre d'une internationale. Il y a un an, la direction espagnole voulait examiner l'orientation de sa politique et de sa construction : elle a demandé le voyage d'un camarade du SI et cela l’a amené à parcourir toutes les régions afin de mieux connaitre la réalité et pouvoir juger en toute connaissance sur la réalité et sur le parti espagnol ; elle nous a aussi demandé de poser les doutes ou les différences que nous aurions éventuellement.

- Vous êtes complètement différents de l'ensemble des organisations de la LIT. Depuis que vous êtes entrés à la LIT, vous n’avez jamais demandé d'examiner avec la direction de la LIT l'orientation pour l'intervention dans la réalité française. Chaque fois que nous vous avons proposé d'envoyer des cadres, vous nous avez répondu ne pas en avoir besoin. Aujourd’hui, dans la situation explosive de la France, vous ne répondez même pas à notre suggestion d'envoi de cadres. On pourrait penser que le GSI connait déjà un développement tel que vous pouvez vous dispenser de l'envoi de cadres de la LIT, ayant l’expérience d’autres pays, pour la France. Mais en vérité, malgré plusieurs processus de montée des luttes en France durant ces quinze dernières années, pour autant que nous sachions vous n'avez cessé jamais d'être un petit groupe, vous n’avez jamais eu une avancée significative dans l'implantation parmi les travailleurs ou dans le recrutement de cadres à la hauteur des processus vécus par le prolétariat français durant les seize dernières années.

- En raison de cette vision erronée de ce que signifie faire partie d'une internationale, et malgré le fait que l'objectif de notre lettre était simplement d’ouvrir un échange sur la réalité et votre politique pour la France, vous n’avez proposé dans votre réponse aucune voie qui permette de discuter la situation française et l'orientation du GSI. Vous ne proposez pas non plus des voyages ou un échange pour approfondir la connaissance, les avis et discussions, ni l’envoi de cadres... aucune proposition. Vous exigez que nous vous envoyions un document présentant nos positions sur l'Europe, alors que nous avons publié divers matériels pendant l'année, tant dans le BII comme dans la revue Courrier International.

- Quand vous nous avez répondu, vous aviez déjà reçu le BII 200, où notre élaboration sur l'Europe est incluse dans le dernier document approuvé par la CEI et est ouverte à la discussion, mais nous voulons être clairs : nous ne sommes pas favorables à la dissolution des questions dans des polémiques générales. La France est un élément central de la réalité européenne, nous voulons examiner avec vous l'orientation pour l'intervention et la construction dans la réalité française. Nous tombons même d’accord avec vous que nous devrions déjà avoir dépassé cette situation anormale bien avant ; plus encore depuis l'ouverture de la crise européenne, mais il est fondamental maintenant de changer cette situation et de dépasser ce retard en manière urgente. Enfin, le processus n'a pas été fermé, comme il paraît se détacher de votre lettre : malgré la défaite du mouvement de masses avec l'approbation du projet d'augmentation de l'âge de la retraite, le gouvernement est sorti affaibli et avec moins de base sociale qu'avant ; la bourgeoisie a besoin d'aller beaucoup plus loin et la classe ouvrière et la jeunesse françaises ont déjà démontré qu'elles ont la force et la disposition pour faire face aux actions du gouvernement contre leurs droits, malgré les manœuvres de la bureaucratie.

- Ici intervient une explication pour qu'il n'y ait pas de doutes. Notre statut définit que le congrès mondial est l'organe le plus haut qui détermine toutes les politiques de l’Internationale, nationales et internationales. Ses décisions ont caractère obligatoire et immédiat pour tous les autres organismes nationaux et internationaux. D'autre part, dans la période entre ses congrès, dans l'étape actuelle de la LIT, jusqu'à ce que la direction internationale fasse ses preuves dans la lutte de classes, le CEI ne pourra pas intervenir dans une section ni l'obliger à appliquer une tactique, une ligne politique ou de construction nationale. Le CEI et le SI peuvent se prononcer, voter des résolutions sur les questions politiques et de construction nationales, mais la décision sur les politiques nationales reste de la responsabilité des organisations et des directions nationales, à moins que ces politiques ne violent des questions de principes de l’Internationale. Mais la direction internationale a le droit et le devoir d'accompagner, d'examiner et d'orienter les sections nationales, spécialement celles qui vivent des processus centraux de la lutte de classes internationale comme c'est votre cas.

- Nous allons avoir une occasion de faire cette discussion : un camarade du SI va voyager en Europe en avril pour discuter avec la direction des partis espagnol et portugais. Nous proposons que ce camarade voyage en France pour discuter avec votre direction. Mais nous voulons ici vous alerter et être très clairs : notre proposition n'est pas d’effectuer une réunion formelle, pour accomplir un protocole. Nous voulons examiner avec vous, avec la plus grande droiture, votre orientation politique et de construction, poser nos doutes et nos différences en profondeur, comme on fait entre révolutionnaires de la même Internationale. Dans la LIT, comme nous disions, la direction n'impose pas aux sections leur orientation pour le pays, mais en revanche elle doit avoir une position et examiner clairement avec la section sa ligne pour le pays. Si vous n’êtes pas favorables à examiner en profondeur avec la direction de la LIT l'orientation politique ainsi que les problèmes méthodologiques, les problèmes dans la construction partisane et les finances, il est préférable que vous nous répondiez franchement non.

- Par exemple, nous voulons discuter avec vous le processus de réorganisation sur le terrain des organisations syndicales, dont vous ne faites aucune caractérisation dans vos matériaux publics. Nous voulons discuter pourquoi vous vous refusez à poser une politique d’exigences et de dénonciations des directions des centrales bureaucratiques. Et pourquoi vous ne construisez pas une politique de front unique pour appeler à la lutte et, de là dénoncer la direction des centrales qui ne combattent pas le gouvernement.

- Nous voulons discuter par exemple (si cela est vrai, puisque vous ne nous avez pas répondu non plus dans votre lettre) l'information selon laquelle vous aviez un camarade à la direction d'un syndicat étudiant SUD dans une importante université et que vous avez adopté la politique que ce camarade sorte de ce syndicat et fasse partie d'un syndicat que vous aviez déjà fondé et qui groupe à peine un petit noyau d'activistes qui sont l'avant-garde la plus radicalisée et proche du parti. Si cela fait partie de votre politique de former des syndicats qui ne regroupent qu'une petite avant-garde sur un programme révolutionnaire, nous voulons discuter ce qui selon nous serait une grave erreur. Bien que dans plusieurs pays nous trouvons des groupes qui se disent trotskystes et ont ce type de position, cette politique n'a rien voir avec la position de la LIT ni avec le Programme de Transition.

- Finalement, nous vous informons que la CEI suit l'échange de ces lettres et la discussion étant donné l'importance de la réalité française et européenne.

Nous attendons votre réponse.

Salutations révolutionnaires

Le 14 février 2011

Le SI de la LIT-QI

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