| Chers camarades du SI et du
CEI,
Premièrement nous tenions, nous, le GSI
dans son ensemble, à vous remercier pour
votre réponse qui, bien que très confuse,
nous permettra sûrement de mener enfin une
discussion sérieuse avec vous à son terme.
En effet, nous attendons toujours de
recevoir une réponse précise à propos de la
nature de l’Etat d’Israël.
Camarades, il n’est jamais trop tard,
surtout quand il s’agit d’une
polémique aussi importante pour le mouvement
ouvrier international, de répondre par écrit,
bien sûr. Comment caractérisez-vous
l’Etat d’Israël: d’Etat
nazi ? d’Etat nazi-sioniste ?
d’Etat sioniste ? Voilà plus d’un
an que nous attendons une réponse à notre
dernier courrier…
Vous avez aujourd’hui la
possibilité, la chance, de rectifier cette
grave et grossière erreur : écrivez, écrivez,
écrivez.
Contrairement à ce que vous voulez faire
croire, ou contrairement à ce dont vous
voulez vous convaincre par faiblesse
politique, nous sommes prêts à discuter de
tout, mais par écrit, car nous pensons que ce
débat concerne tous les militants de la LIT.
C’est pourquoi, vous seriez aimables de
respecter nos droits de section française de
la LIT et de publier nos lettres et vos
éventuelles réponses, sur la situation en
France, dans le BII, comme nous vous
l’avons déjà demandé.
Contrairement à ce que vous dites, nous le
GSI, ne perdons jamais une occasion de mener
une polémique sérieuse et par écrit
jusqu’au bout ; comme vous avez pu le
constater au sujet de la caractérisation de
l’Etat d’Israël, de l’Union
Européenne, de l’entrisme sui-generis
dans le Bloc de Gauche, de l’existence
d’un supposé impérialisme européen
etc.
Ainsi, nous vous avons envoyé plusieurs
lettres et textes, auxquels vous n’avez
jamais répondu:
- Lettre de France à tous les camarades
de l’Internationale
(17/07/1999)
- Lettre sur l’entrée du PRT dans
IU (14/04/2000)
- « Charte sociale européenne ou Europe
des travailleurs et des peuples »
(14/12/2000)
- Proposition d’un “projet de
déclaration des sections européennes de
la LIT” (09/02/2001)
- Notes pour le Congrès Mondial
(14/07/2001)
Nous vous rappelons que notre
Programme d’action
(voté dans une conférence du GSI en mars
2007, publié comme “hors-série”
et que nous sommes en train de réactualiser)
se trouve depuis cette date dans notre page
Web… jusqu'à aujourd’hui, vous
l’ignorez.
Et nous vous rappelons aussi que notre
apport au dernier Congrès Mondial de 2008,
qui a provoqué de nombreuses polémiques,
intitulé contribution du GSI au
débat sur la situation
européenne (voté aussi dans une
conférence du GSI) est en espagnol sur notre
site.
Nous y affirmions notamment sur la
situation française :
82. En France, on assiste à une montée à
peu près ininterrompue depuis la
mobilisation contre le CIP (Contrat
d'Insertion Professionnelle) et à Air
France en 1993. La grève de 1995, la
mobilisation des sans papiers en 1996, puis
la grève de 2003, les émeutes de 2005, la
mobilisation contre le CPE en 2006 et la
grève des travailleurs de la SNCF et de la
RATP en 2007 ont vu à chaque fois
s'approfondir et s'élargir un mouvement de
la classe ouvrière et de la jeunesse contre
une politique qui vise à la défaire pour
imposer le diktat du capital.
83. Année après année, scrutin après
scrutin, les gouvernements passent, chassés
par le mécontentement et la colère
populaire sur fond d'une abstention de
masse, consciente. Une « majorité »
parlementaire chasse l'autre, parvenant au
pouvoir par défaut, par rejet de la
précédente. Les institutions de la Vème
République sont aujourd'hui minées.
84. L'élection de Chirac, avec 82% (!)
en 2002, après un appel honteux du RPR/UMP
à la LCR à « faire barrage à Le Pen » a
provoqué en retour, en quelques mois, un
rejet massif de la politique pratiquée par
Raffarin puis par de Villepin.
85. Le rejet de la « constitution
européenne » en 2005, s'est fait contre les
partis ensemble ultra-majoritaires au
parlement (UMP, UDF et un PS divisé). Il
s'est fait contre le MEDEF et contre la
CFDT qui avaient apporté leur soutien au
projet, mais surtout, il s'est fait contre
le secrétaire général de la CGT, désavoué
sur cette question par le CCN (le «
parlement » du syndicat) se prononçant
contre la constitution à travers un
amendement adopté à 81% !
86. Fin 2005, face à l'explosion de la
jeunesse en butte au chômage et à la
répression, le gouvernement
Chirac-Villepin-Sarkozy proclame l'état
d'urgence .sur la base d'un texte de 1955
qui s'intitule : « Loi instituant un état
d'urgence et en déclarant l'application en
Algérie. »... Au plus fort des émeutes, 57
compagnies de CRS sur 60 seront
engagées.
87. Dès lors, la stratégie, mise en
place par l'UMP, le PS et d'autres, visait
à empêcher toute manifestation ou grève, et
à cadrer tout débat dans la perspective de
l'élection présidentielle de 2007.
88. Sur ce plan, l'élection de Nicolas
Sarkozy n'a pas changé la situation. Le
nouveau président et son gouvernement
essaient de tout faire passer en force et
de liquider ce qu'il reste des conquêtes
ouvrières et des droits démocratiques:
liquidation des régimes spéciaux de
retraite, du code du travail, de la
sécurité sociale, de l'enseignement public,
remise en cause du droit de grève, chasse
aux immigrés etc... En réaction la classe
ouvrière cherche, en l'absence, d'une
alternative politique et syndicale les
voies de l'offensive. Les conflits sociaux
se multiplient, il y a de plus en plus de
grèves pour l'augmentation des salaires et
pour l'amélioration des conditions de
travail, comme à Air France, dans la grande
distribution, et dans de très nombreux
secteurs de l'industrie.
89. Dans ce pays, « en haut » on ne peut
plus gouverner comme avant, « en bas » on
ne veut plus être gouverné comme avant, le
barrage mis en place par les appareils
contre-révolutionnaires a réussi à contenir
le déferlement des plus larges masses, mais
rien n'est réglé.
Notre pronostic fut confirmé par les
évènements et si vous aviez été un brin
sérieux, vous nous auriez entendus. Que
n’avez vous tenu compte de nos
avertissements !
Et vous osez nous écrire avec un cynisme
et une brutalité inouïe: « Vous êtes
complètement différents de l'ensemble des
organisations de la LIT. Depuis que vous êtes
entrés à la LIT, vous n’avez jamais
demandé d'examiner avec la direction de la
LIT l'orientation pour l'intervention dans la
réalité française » ; ou encore : «
Vous ne montrez aucun intérêt à discuter
avec nous, vous dites toujours ne pas avoir
besoin de déplacements de cadres, et pire,
vous élaborez votre politique fermés sur
vous-mêmes, non dans le cadre de
l'élaboration internationale. »
Ce n’est quand même pas de notre
faute si vous manquez d’arguments pour
polémiquer sérieusement avec nous sur la
situation en France ! Il est vrai que « vos
sources » d’information sont partisanes
et partiales…Il se peut même
qu’elles cherchent à véhiculer une
politique.
Dans ce même document nous disions dans
notre conclusion intitulée, «
Pour une action commune des
sections de la LIT-QI en Europe
» :
134. « L'ensemble de ces actions en
commun doit servir à développer la cohésion
entre les différentes sections européennes
de la LIT afin d'arriver à ce que
l'ensemble des sections ait une
compréhension commune des événements et des
tâches. Cela servira à définir un programme
européen avec des mots d'ordre clairs. Ce
travail de discussion et d'intervention
politique, qui devra chercher à intégrer
l'ensemble des sections européennes de la
LIT, doit permettre d'avancer vers une
grande tâche : configurer une direction
européenne de la LIT-QI. Cet objectif est
incontournable pour arriver à résoudre la
crise historique de direction du mouvement
ouvrier et à avancer dans la reconstruction
de la Quatrième Internationale ».
Même si ce genre de généralité ne vous
intéresse pas, nous tenions à vous préciser
que nous allons commencer un travail de
réactualisation de notre analyse –et de
notre politique- sur la situation
européenne.
A propos de la bureaucratie de la CES nous
déclarions :
109. Il est évident que la CES n'est pas
la représentation syndicale dont les
travailleurs ont besoin à l'échelle de
l'Europe. Seule une Centrale Unique des
Travailleurs (CUT) sur une base de lutte
des classes dans chaque pays et confédérée
à l'échelle européenne pourrait
œuvrer dans l'intérêt des
travailleurs.
110. Il importe désormais de se battre
pour que les militants, secteurs et
organisations syndicales qui prétendent
lutter sur une base d'indépendance et de
lutte des classes rompent avec la CES et
s'engagent dans la voie d'une alternative à
celle-ci dans le cadre d'un nouveau
regroupement.
111. Dans le même esprit, il est aussi
évident que les organisations de jeunesses
sont pour la plupart des freins à la
mobilisation des lycéens des étudiants et
des jeunes travailleurs. Et ceci pour une
raison simple : elles sont presque toutes
des émanations de la social-démocratie, du
stalinisme ou de l'Eglise !
112. Les mobilisations de la dernière
période chez les lycéens et étudiants mais
aussi chez ceux qui sont frappés par un
chômage de masse, montrent la nécessité et
la possibilité d'une organisation de
jeunesse à l'échelle de l'Europe en
relation avec un syndicalisme ouvrier
indépendant.
113. Maintenant, ouvrir de telles
perspectives et avancer les mots d'ordre en
conséquence, impose de reconstruire dans ce
même mouvement une internationale
révolutionnaire, qui, pour nous militants
de la Ligue Internationale des
Travailleurs, est la Quatrième
Internationale, avec des sections dans
chaque pays.
114. Dans cette optique, il nous
apparaît nécessaire de poser les bases
d'une plate-forme d'action pour l'UE,
conformément aux « vieux » mots d'ordre :
le pain, la paix, la liberté !
Les faits nous ont donné raison et si vous
nous aviez écoutés, vous auriez
aujourd’hui les bases pour élaborer une
politique conséquente pour la LIT en France
et en Europe. Il n’est jamais trop
tard, ressaisissez-vous, camarades !
Lors des débats dans la commission
européenne, nous avions avancé la
perspective, en France, de tendances lutte de
classes transversales dans les syndicats
ouvriers avec l’objectif
d’expulser la bureaucratie, comme
premier pas vers une CUT (ou appelons la
comme vous voulez) à échelle européenne et
nationale. Nous avions insisté aussi sur
l’actualité du mot d'ordre des
Etats-Unis Socialistes d’Europe…
La seule réponse que nous avons reçue à ce
moment là, furent des sourires narquois. Des
« gauchistes », « sectaires » et autres
caractérisations sans fondement argumenté
nous furent aussi lancés à la
figure…
Lors de la tenue de cette même commission,
nous eûmes la grande surprise
d’entendre le camarade Pau, responsable
de la commission, « expliquer », sans aucune
autre forme de procès, que « oui » il y avait
un impérialisme européen. Sur la question de
l’existence d’un supposé «
impérialisme européen », nous attendons
toujours vos élaborations de … fond.
Par écrit bien sûr. Et contrairement à vous,
nous pensons que sur ce point particulier,
vous n’avez rien à cacher.
Vous dîtes : « vous avez perdu une
occasion d’entamer un dialogue ».
Nous vous répondons que cela fait 16 ans que
nous cherchons non pas à dialoguer avec vous,
mais à élaborer sérieusement par écrit. Ne
sommes nous pas dans la même internationale ?
Ne cherchons nous pas à avoir une
compréhension commune des évènements et des
tâches ? Ne sommes nous pas régis par le
centralisme démocratique ?
Nous aurions aimé élaborer avec vous, par
exemple, une politique cohérente de la LIT en
Europe qui soit autre chose que de
l’improvisation, de
l’amateurisme, bref de
l’empirisme, et ce depuis…16
ans. Oui, cela fait 16 longues années que
nous nous battons pour une élaboration
–et une politique- qui émanent des
sections européennes de la LIT !
Depuis un moment vous aviez abandonné la
France et -lutte des classes oblige- vous y
revenez. D’ailleurs vous l’avouez
vous-même par défaut à plusieurs reprises
lorsque vous affirmez, avec une extrême
prudence, avoir des « doutes profonds » sur
notre politique : « Mais le problème
politique pour nous se situe justement dans
ce qu'il apparaît de vos matériaux publics,
et ceci nous cause des doutes profonds qui
sont probablement des différences avec votre
position ».
« Ce qui apparaît », «Des doutes profonds
», « probablement »… et vous vous
permettez de parler de franchise
révolutionnaire. Pire, vous avouez même plus
loin en tentant de retourner la situation à
votre avantage : « Nous tombons même
d’accord avec vous que nous devrions
déjà avoir dépassé cette situation anormale
bien avant ; plus encore depuis l'ouverture
de la crise européenne, mais il est
fondamental maintenant de changer cette
situation et de dépasser ce retard de manière
urgente. »
La question est simple : avez-vous
oui ou non des désaccords ? Etes-vous oui ou
non capables de les exprimer et de les écrire
clairement ? Avez-vous oui ou non lu
nos matériaux ?
A ce propos vous nous dites dans votre
lettre :
« Vous affirmez que vos matériaux
publics sont déjà clairs sur l'orientation,
et vous sous-entendez une supposée non
lecture de notre part. » ; et, plus loin
:« enfin, le processus n'a pas été fermé,
comme il paraît se détacher de votre lettre:
malgré la défaite du mouvement de masses avec
l'approbation du projet d'augmentation de
l'âge de la retraite, le gouvernement est
sorti affaibli et avec moins de base sociale
qu'avant; la bourgeoisie a besoin d'aller
beaucoup plus loin et la classe ouvrière et
la jeunesse françaises ont déjà démontré
qu'elles ont la force et la disposition pour
faire face aux actions du gouvernement contre
leurs droits, malgré les manœuvres de
la bureaucratie. »
Soyons francs camarades, si vous aviez lu
l’éditoriale de
l’internationaliste n°103 (consultable
sur notre site en espagnol) à propos de la
grève contre la réforme des retraites vous y
auriez lu ceci :
« En refusant d’appeler à la
grève générale, les directions syndicales, à
commencer par celle de la CGT, portent une
énorme responsabilité quand à la forfaiture
qui s’est opérée au Parlement.
C’est ce qui fait que les travailleurs
de ce pays sont amers, mais ils ne sont pas
démoralisés : l’unité qu’ils ont
commencé à sceller dans la lutte leur sera
précieuse pour continuer le combat.
Oui, sur les retraites rien
n’est fini, la bataille continue avec
une conscience qui a progressé,
particulièrement dans la jeunesse. Nombreux
sont les militants syndicaux et les jeunes
qui ont œuvré ensemble, toutes
organisations confondues, dans les ateliers,
dans les bureaux, dans les écoles, les lycées
et les facultés, dans les hôpitaux, cela dans
un seul sens : ouvrir le voie à la
mobilisation de tous pour le retrait,
c'est-à-dire pour la grève générale, pour des
comités de lutte, pour des caisses de
solidarité. Oui, ils ont voté, mais
nous vaincrons !
Nous, militants du GSI, nous nous
adressons à tous ceux qui nous ont vus à leur
côté : n’est-il pas temps que les
militants déterminés à s’organiser dans
l’indépendance vis-à-vis du patronat et
de l’Etat se regroupent dans des
tendances de lutte des classes dans chaque
organisation syndicale ? N’est-il pas
temps qu’ils se retrouvent ensemble au
delà de leurs organisations syndicales, face
à des directions qui sont prête à brader les
intérêts de toute la classe pour protéger
l’ordre capitaliste ? C’est cette
perspective que nous vous proposons et que
nous appelons la Centrale Unique des
Travailleurs (CUT) ».
Si vous aviez lu régulièrement
l’internationaliste, jamais vous
n’auriez osez dire que « le
processus n'a pas été fermé », comme il
paraît se détacher de votre lettre. Il est
vrai que ce n’est pas la seule
affirmation mensongère de votre lamentable
lettre, qui ne semble avoir qu’un seul
but : discréditer le GSI et ses militants aux
yeux des militants de la LIT à coups de
mensonges et d’insinuations.
Vous vous penchez certes sur la situation
en France en urgence, mais de façon
désespérée –et désespérante- sans
analyse sérieuse, sans programme, sans rien à
proposer d'autre que de fausses questions qui
portent en elles des réponses toutes faites,
voire simplistes. Portés que vous êtes par
une obsession : trouver LA faute contre le
GSI pour enfin pouvoir « se débarrasser de
lui ». Comment dites-vous déjà? Ah oui, «
anormal »…Nous, nous préférons le
vocabulaire politique du trotskysme. Nous,
nous parlons d’une direction aux
méthodes bureaucratiques.
La brutalité que vous avez à clouer au
pilori un de nos jeunes camarades dans le
dernier paragraphe est tout simplement
détestable. Ce n’est pas par hasard que
Trotsky disait qu’une direction
bureaucratique se méfie de la jeunesse avec
laquelle elle est d’une brutalité
abjecte. Oui camarades, nous tous, les «
anormaux » du GSI, sommes fiers de notre
politique. Et, s’il y a un point qui a
révolté nos militants plus que
d’autres, c’est bien celui-là.
Nous disons bien tous nos militants, car
sachez-le camarades, votre lettre (tout comme
nos courriers) et bien d’autres choses
sont discutés dans nos cellules. Pour nous,
l’urgence ne justifie pas tout, encore
moins l’absence de démocratie ouvrière
dans nos rangs. Car, notre ciment,
c’est la compréhension commune des
évènements et des tâches et la conviction du
socialisme.
|
Votre attitude relève plus
d’une fraction que d’une
direction internationale ayant le souci de
construire patiemment, en menant les
discussions jusqu’au bout et par écrit.
L’empirisme est devenu chez vous une
ligne de conduite, le moyen de justifier
l’injustifiable. Il est vrai
qu’il est très difficile pour vous,
après avoir abandonné le suivi sérieux de la
situation en France, de comprendre dans
l’urgence non pas seulement notre
politique, mais la politique des uns et des
autres, tout court.
La peur de dire des énormités vous pousse
même à nous exiger des documents « internes »
qui n’ont jamais existé que dans votre
fertile -nous vous le concédons- imagination.
Votre faiblesse politique vous aveugle
camarades ! Allez-vous bientôt nous accuser
d’être responsable de la crise du
morenisme en Amérique Latine ? Allez-vous
nous faire porter le chapeau de la crise de
la LIT en Europe ?
Pourtant vous-même avez pris la décision
de nous marginaliser et de nous mettre « de
côté » avec cette résolution publiée dans le
BII 183 d’avril 2009 :
« 11.3) RÉSOLUTION SUR LA CONSTRUCTION
DE SOUS-CENTRES RÉGIONAUX
Considérant:
1) L'actuel développement de la LIT,
avec de nouvelles sections, groupes
sympathisants et nouvelles relations avec
d'autres organisations.
2) Les nouvelles exigences de la lutte
de classe et de la construction
partisane.
3) La nécessité de commencer à
construire une nouvelle structure pour
répondre à la nouvelle réalité de la
LIT.
4) Les expériences précédentes, pas trop
positives, en ce qui concerne la
construction de sous-centres
Le CEI résout:
1) Que la construction de sous-centres
ne répond pas, essentiellement, à des
exigences géographiques mais
fondamentalement à des conditions
politiques, c'est pourquoi non toutes les
organisations de la LIT devront
nécessairement être intégrées dans un
sous-centre. Celui-ci serait le cas de
Brésil, Paraguay, France, Belgique
etc.
2) Commencer la construction de
sous-centres régionaux subordonnés au CEI
et au SI en regroupant les pays suivants
: a) Argentine, Chili et Uruguay; 2)
Colombie et Équateur; 3) Russie et
Ukraine; 4) Espagne, Italie et
Portugal
3) Déterminer que le caractère et les
activités de chacun de ces sous-centres
devront être discutés entre le SI et les
directions nationales qui l'intègrent
4) Que ces nouvelles structures
aillent un caractère exploratoire.
5) Qu’en fonction du point
précédent dans les prochaines réunions du
CEI on accompagne et on fait un bilan
rigoureux de chacun des sous-centres
».
Après avoir précisé que «la
construction de sous-centres ne répond pas,
essentiellement, à des exigences
géographiques mais fondamentalement à des
conditions politiques », vous nous
excluez de fait de ce « sous-centre ».
Si la France faisait partie de vos
priorités, pourquoi ne pas nous avoir inclus
dans un « sous-centre » ? Vous auriez ainsi
pu nous contrôler, puisque c’est ce qui
semble vous préoccuper.
Ainsi, après nous avoir affirmé la main
sur le cœur que la France est un pays «
central » pour la lutte de classe,
vous omettez de préciser que vous
nous avez exclu de l’élaboration de la
LIT. Vous votez de nous mettre de
côté et vous nous dites ensuite que nous
sommes en dehors de l’élaboration de la
LIT ! Et, non contents de vous, vous nous
insultez en nous traitant « d’anormaux
». Mais camarades, les seuls responsables de
l’absence d’une politique
conséquente de la LIT en Europe, c’est
uniquement vous, le SI et le CEI. Commencez
par assumer ce que vous avez écrit, voté,
décidé et mis en pratique, avant de nous
donner des leçons de morale. Commencez par
balayer devant votre porte !
Oui camarades, le GSI a élaboré une
politique publique pour la France, dans le
cadre de l’Union européenne, car nous
avons le devoir de nous construire. Et, nous
avons pris de l’avance sur vous,
beaucoup d’avance. Alors, relisez donc
attentivement nos matériaux, nos
élaborations, prenez le temps de réfléchir et
écrivez enfin noir sur blanc et franchement
les désaccords que vous avez avec nous, au
lieu de nous demander des documents que, dans
votre esprit tordu par le manque de politique
et l’improvisation, vous vous êtes
imaginés. Car, toute notre politique est
publique ! Construire une organisation
implique de défendre publiquement ses
positions, vous devriez le savoir.
C’est d’ailleurs ce que nous
faisons avec un certain succès; ce que vous
semblez nous reprocher:
« D'autre part, vous êtes l'expression
de la LIT en France et par conséquent votre
orientation en France est vue par tout le
monde militant comme la position de la
LIT »
Si vous aviez eu un minimum de souci de
construction et d’élaboration en commun
avec nous, vous auriez du commencer par nous
rencontrer lors de votre venue en France.
C’est aussi simple que ça. Assumez
votre élémentaire responsabilité de «
direction internationale » (n’est-ce
pas là une préoccupation majeure pour vous ?)
Il ne suffit pas de se draper de ce nom pour
en être une.
D’ailleurs, les paragraphes
justifiant l’attitude des camarades
Didi (que nous connaissons depuis son voyage
en France après les grèves de 1995 et qui,
comme beaucoup d’autres, a été hébergé
par nous…) et Cacao sont à votre
image. Des justifications confuses qui
justifient l’injustifiable, pour nous
en politique : l’improvisation,
l’empirisme, l’amateurisme qui
vous emmène à courir derrière la lutte des
classes au gré des évènements, en piétinant
au passage le centralisme démocratique.
Et, comble de l’hypocrisie, dans une
bien mauvaise pirouette rhétorique, vous vous
dévoyez de vos responsabilités de soi-disant
« direction internationale » en nous
renvoyant la responsabilité de vos dérives.
Franchement camarades, vous nous faites bien
rire avec vos justifications alambiquées,
surtout quand vous parlez de « droiture
»…
Comme nous vous le disions dans notre
lettre du 10/01/2011:
« Par ailleurs, vous omettez
soigneusement de dire qu’une
discussion, avec tous éclaircissements
souhaités, aurait déjà eu lieu si ces 2
camarades du PSTU (et membres de la direction
internationale de la LIT), qui ont séjourné
en France du 21 au 24 septembre, avaient fait
preuve de bon sens politique, de
respect du GSI et du Centralisme
Démocratique, en prenant contact
avec nous, le GSI, section française de la
LIT.
Voilà une faute politique inexcusable
! Le fait d’être venus au nom de
CONLUTAS n’y change rien, surtout
sachant que les camarades ont trouvé le temps
de se réunir avec tout le monde ici, y
compris avec la tendance Claire du
NPA…, avec tous, sauf avec la section
officielle de la LIT en France, le GSI.
»
Mais revenons sur une autre affirmation
mensongère, une autre accusation sans
fondement de votre part :
« En vérité, il existe une relation
anormale entre le GSI et la direction
internationale. Toutes les sections ont leur
élaboration dans le cadre de la LIT et
cherchent toujours l'échange informations et
d’opinions avec la direction de la LIT
pour élaborer leur ligne politique et leurs
projets de construction partisane. Les
directions nationales nous sollicitent pour
nous déplacer et discuter avec elles à
travers des textes, et souvent
d’envoyer des cadres pour contribuer à
la construction des sections nationales. Vous
ne montrez aucun intérêt à discuter avec
nous, vous dites toujours ne pas avoir besoin
de déplacements de cadres, et pire, vous
élaborez votre politique fermés sur
vous-mêmes, non dans le cadre de
l'élaboration internationale. »
Nous voulons, par conséquent, vous
rappeler la liste de quelques camarades qui
sont venus en France et qui ont été reçus par
le GSI. En vrac : Alicia, Bernardo, Didi,
J.R., Paulinho, Caps, Martin, Polaco, Zé
Maria, Mariucha, Pau, Michele Rizzi, Michele
Scarlino. Nous avons eu des discussions dans
le cadre de réunions formelles, parfois
animées, il est vrai, avec : Mariucha
(réunion à laquelle a participé un militant
de la Gauche Communiste aujourd’hui au
NPA), Zezoca.
Quant aux autres, ils avaient tout loisir
de nous dire, franchement, entre
révolutionnaires, ce qu’ils pensaient
du GSI et de notre politique. Ils ne
l’ont jamais fait ! Il aura fallu
attendre 16 ans pour que vous nous disiez ce
que vous pensez « franchement » de nous, 16
ans d’hypocrisie, durant lesquels
toutes les critiques n’ont été que des
rumeurs…
Ceci étant dit, comme on dit en France,
revenons à nos moutons.
Vous dites ne pas comprendre ce que nous
proposons. Pourtant notre lettre était claire
:
« Nous pouvons malgré tout mettre fin
a cette situation et, pour cela, nous vous
invitons à prendre vos responsabilités en
tant que direction de la LIT : nous sommes
donc prêts à discuter avec vous de notre
politique, mais aussi de la politique de
toutes les autres sections de la LIT en
Europe, car il y a en effet plusieurs
matières à discussion… Ainsi, par
exemple, la politique d’entrisme sui
generis pratiquée depuis tant d’années
par la section portugaise, à
l’intérieur de cette formation (dans le
meilleur des cas) centriste, dénommée Bloc de
Gauche.
Pour ce faire, et puisque ces
discussions doivent déboucher sur une
orientation politique commune à
l’échelle de l’Europe, nous vous
invitons, chers camarades, à nous
envoyer au plus vite un document politique
avec votre caractérisation de la situation
politique, économique et social en Europe,
nous expliquant très précisément par où
passe, selon vous, la construction de la LIT
sur ce continent. »
D’ailleurs vous avez tellement bien
compris notre proposition que vous répondez
clairement que vous n’êtes « pas
favorables à la dissolution des questions
dans des polémiques générales ». Dans la
même lettre, vous dites ne pas comprendre
notre proposition, mais vous y répondez quand
même !
Mais bon, admettons votre argument peu
digne d’une soi-disant direction
internationale possédant des « super » cadres
capables de réussir en France là où Moreno
lui-même a échoué.
Des cadres pour qui, soit dit en passant,
les questions européennes sont des
généralités. Ainsi, vous répondez à notre
demande de discuter la situation française
dans le cadre de la situation européenne
(même pas mondiale), que vous n’êtes
pas « favorables à la dissolution des
questions dans des polémiques générales
».
Il a fallut 16 ans pour obtenir sur ce
point une réponse ECRITE de votre part. Et la
réponse a le mérite d’être très claire.
Vous n’êtes pas « favorables à la
dissolution des questions dans des polémiques
générales ». En réalité, vous ne voulez
pas –et n’avez jamais voulu-
d’une politique de la LIT en Europe qui
soit le produit d’une compréhension
commune des évènements et des tâches de
toutes les sections. De plus, cette seule
phrase démontre à quel point vous êtes
déconnectés de la réalité de la lutte des
classes en France ; et, vous prétendez
vouloir nous aider et nous envoyer des «
cadres » !
Mais bon, passons encore une fois, nous
vous faisons transitoirement une concession
de taille.
Donc, vous dites ne pas avoir compris
notre proposition ? Eh bien c’est
simple pourtant : nous vous demandons de vous
comporter en « direction internationale » et
de nous dire par écrit, par
où passe selon vous la construction de la LIT
en France. N’oubliez pas de
caractériser précisément, au hasard, SUD et
le NPA. Nous allons même vous aider
dans votre élaboration : devons –nous y
entrer ?
Au passage nous aimerions aussi que vous
caractérisiez, entre autre, le PS, le PC, le
PG, le processus du Front de Gauche ; et, les
syndicats FSU, FO, CGT, CFDT (ces trois
derniers étant la bureaucratie syndicale lié
à la CES, pardon de nous égarer, mais
c’est quand même une question
importante, vous en conviendrez, nous en
sommes sûrs).
Voilà pour notre
proposition, et nous la réitérons pour que
vous puissiez la comprendre clairement :
discutons de tout, y compris de
l’Europe (1), de
l’Espagne (2), du
Portugal (3), de
l’islamisme (4), de
la laïcité (5), de la
Palestine (6) et, bien sûr,
du principal sujet qui vous tient à
cœur, de la France (7), mais par
écrit.
Vous vous dites clairs et francs et parlez
même, la main sur le cœur,
d’honnêteté révolutionnaire. Vous dites
: « Nous voulons examiner avec vous, avec
la plus grande droiture, votre orientation
politique et de construction, poser nos
doutes et nos différences en profondeur,
comme on fait entre révolutionnaires de la
même Internationale. » Nous allons donc
vous prendre aux mots, nous décidons donc dès
à présent de ne plus douter de votre capacité
d’élaboration et de votre franchise.
Nous ne doutons donc pas que vous
n’hésiterez pas à développer et à
argumenter, vos positions sur la France.
Par écrit bien sûr ! Comme
le ferait n’importe quel militant
marxiste révolutionnaire digne de ce nom.
Sachez-le, nous nous méfions, par
expérience, des discussions entre deux portes
ou des désaccords politiques « discutés »
oralement. Car, comme vous le savez aussi,
les paroles s’envolent et sont
déformées par le vent et les bruits de
couloirs…Ainsi, malgré vos mensonges,
approximations et calomnies, nous sommes
prêts à discuter par écrit avec vous.
C’est d’ailleurs là une tradition
du mouvement ouvrier international. Il est
vrai que c’est un style moins «
scandaleux et théâtral » que le votre, mais,
disons le tout net, plus politique, plus
constructif.
Vous écrivez : « la direction
internationale a le droit et le devoir
d'accompagner, d'examiner et d'orienter les
sections nationales, spécialement celles qui
vivent des processus centraux de la lutte de
classes internationale comme c'est votre
cas. ». Très bien ! et bien élaborez,
écrivez maintenant camarades.
En espérant que vous nous répondrez et
n’attendrez pas 16 ans avant de nous
dire, et surtout d’écrire, ce que vous
pensez franchement sur la France et notre
politique, veuillez recevoir chers camarades
du SI et du CEI, nos plus sincères
salutations Trotskystes.
Groupe Socialiste Internationaliste
(GSI)
Paris, le 14 mars 2011
PS : Donc, avant toute
éventuelle rencontre, nous attendons de votre
part un document écrit sur la France qui
réponde à notre question: par où passe pour
vous la construction de la LIT en France?
PS-2 : Et, la publication
de nos courriers sur la France dans le BII.
Comme nous vous l’avions déjà demandé
dans notre lettre du 10/01/2011.
1) Continuez-vous de penser comme le
PRT-IR et Ruptura-Fer l’ont écrit au
dernier congrès mondial au nom de la
direction qu’il existe un impérialisme
européen ? Que pensez-vous de la CES et de la
politique de l’Europe des régions ?
Comment caractérisez-vous les –ou le-
PS en Europe ? Pensez-vous sérieusement que
Kadhafi fait partie de la « bourgeoisie
européenne » ? Et, s’il existe,
d’après vous, un impérialisme européen,
considérez-vous le problème national
irlandais ou basque réglé ?
2) La tactique de se dissoudre dans
le courant rouge du PRT-IR correspond-t-elle
à la tactique dites du Front Unique
Révolutionnaire ? Comment caractérisez-vous
le Courant Rouge ?
3) L’entrisme sui-generis de
Ruptura-Fer dans le Bloc de Gauche (dont les
députés ont voté le plan de guerre contre les
travailleurs grecs), qui n’a rien à
voir avec ce que préconisait Trotsky, se
prolongera t-il encore dix ou 20 ans ? Et
sinon, jusqu’à quand camarades ?
Comment caractérisez-vous le Bloc de Gauche
portugais ?
4) Continuez vous de « caractériser
» les directions islamistes de bourgeoises ou
petit bourgeoises ? Lesquelles sont
bourgeoises ? Lesquelles sont petites
bourgeoises ? A ce propos continuez-vous de
penser que le mot d’ordre au Liban de «
tout le pouvoir au Hezbollah » est un mot
d’ordre correct. Pensez-vous que
c’est une direction petite bourgeoise ?
Nous, nous avons l’insolence de penser
que toutes ces directions islamistes sont
bourgeoises…tout court.
5) Pourquoi le mot d’ordre de
république laïque est t-il valable en Iran et
pas en Egypte, en Algérie, en Tunisie, en
Espagne, en Belgique….. ? Pensez-vous
que le combat pour la laïcité soit une erreur
?
6) Parlez vous toujours, avec un
éclectisme fleuri, d’Etat nazi,
d’Etat nazi-sioniste, voire sioniste, à
propos d’Israël ? Nous attendons
toujours votre réponse camarades !
7) Vous affirmez : «nous ne sommes
pas favorables à la dissolution des questions
dans des polémiques générales. La France est
un élément central de la réalité européenne,
nous voulons examiner avec vous l'orientation
pour l'intervention et la construction dans
la réalité française. » Puisque vous pensez
pouvoir discuter d’une politique en
France sans parler de la lutte des classes en
Europe : La France est-elle pour vous un cas
à part ? Dans le cadre d’un supposé
impérialisme européen ? Admettons comme vous
le dites, de façon erronée, qu’il
existe un impérialisme européen (ce qui
supposerait la dissolution des
Etats-nations), qu’entendez-vous alors
par «central» quand vous parlez de la France
?
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