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Polémique sur la Palestine et sur la nature de l'Etat d'Israël Version imprimable Imprimer
Réponse du GSI, le 12 mars 2011
Chers camarades du SI et du CEI,

Premièrement nous tenions, nous, le GSI dans son ensemble, à vous remercier pour votre réponse qui, bien que très confuse, nous permettra sûrement de mener enfin une discussion sérieuse avec vous à son terme.

En effet, nous attendons toujours de recevoir une réponse précise à propos de la nature de l’Etat d’Israël. Camarades, il n’est jamais trop tard, surtout quand il s’agit d’une polémique aussi importante pour le mouvement ouvrier international, de répondre par écrit, bien sûr. Comment caractérisez-vous l’Etat d’Israël: d’Etat nazi ? d’Etat nazi-sioniste ? d’Etat sioniste ? Voilà plus d’un an que nous attendons une réponse à notre dernier courrier…

Vous avez aujourd’hui la possibilité, la chance, de rectifier cette grave et grossière erreur : écrivez, écrivez, écrivez.

Contrairement à ce que vous voulez faire croire, ou contrairement à ce dont vous voulez vous convaincre par faiblesse politique, nous sommes prêts à discuter de tout, mais par écrit, car nous pensons que ce débat concerne tous les militants de la LIT. C’est pourquoi, vous seriez aimables de respecter nos droits de section française de la LIT et de publier nos lettres et vos éventuelles réponses, sur la situation en France, dans le BII, comme nous vous l’avons déjà demandé.

Contrairement à ce que vous dites, nous le GSI, ne perdons jamais une occasion de mener une polémique sérieuse et par écrit jusqu’au bout ; comme vous avez pu le constater au sujet de la caractérisation de l’Etat d’Israël, de l’Union Européenne, de l’entrisme sui-generis dans le Bloc de Gauche, de l’existence d’un supposé impérialisme européen etc.

Ainsi, nous vous avons envoyé plusieurs lettres et textes, auxquels vous n’avez jamais répondu:

  • Lettre de France à tous les camarades de l’Internationale (17/07/1999)
  • Lettre sur l’entrée du PRT dans IU (14/04/2000)
  • « Charte sociale européenne ou Europe des travailleurs et des peuples » (14/12/2000)
  • Proposition d’un “projet de déclaration des sections européennes de la LIT” (09/02/2001)
  • Notes pour le Congrès Mondial (14/07/2001)

Nous vous rappelons que notre Programme d’action (voté dans une conférence du GSI en mars 2007, publié comme “hors-série” et que nous sommes en train de réactualiser) se trouve depuis cette date dans notre page Web… jusqu'à aujourd’hui, vous l’ignorez.

Et nous vous rappelons aussi que notre apport au dernier Congrès Mondial de 2008, qui a provoqué de nombreuses polémiques, intitulé contribution du GSI au débat sur la situation européenne (voté aussi dans une conférence du GSI) est en espagnol sur notre site.

Nous y affirmions notamment sur la situation française :

82. En France, on assiste à une montée à peu près ininterrompue depuis la mobilisation contre le CIP (Contrat d'Insertion Professionnelle) et à Air France en 1993. La grève de 1995, la mobilisation des sans papiers en 1996, puis la grève de 2003, les émeutes de 2005, la mobilisation contre le CPE en 2006 et la grève des travailleurs de la SNCF et de la RATP en 2007 ont vu à chaque fois s'approfondir et s'élargir un mouvement de la classe ouvrière et de la jeunesse contre une politique qui vise à la défaire pour imposer le diktat du capital.

83. Année après année, scrutin après scrutin, les gouvernements passent, chassés par le mécontentement et la colère populaire sur fond d'une abstention de masse, consciente. Une « majorité » parlementaire chasse l'autre, parvenant au pouvoir par défaut, par rejet de la précédente. Les institutions de la Vème République sont aujourd'hui minées.

84. L'élection de Chirac, avec 82% (!) en 2002, après un appel honteux du RPR/UMP à la LCR à « faire barrage à Le Pen » a provoqué en retour, en quelques mois, un rejet massif de la politique pratiquée par Raffarin puis par de Villepin.

85. Le rejet de la « constitution européenne » en 2005, s'est fait contre les partis ensemble ultra-majoritaires au parlement (UMP, UDF et un PS divisé). Il s'est fait contre le MEDEF et contre la CFDT qui avaient apporté leur soutien au projet, mais surtout, il s'est fait contre le secrétaire général de la CGT, désavoué sur cette question par le CCN (le « parlement » du syndicat) se prononçant contre la constitution à travers un amendement adopté à 81% !

86. Fin 2005, face à l'explosion de la jeunesse en butte au chômage et à la répression, le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy proclame l'état d'urgence .sur la base d'un texte de 1955 qui s'intitule : « Loi instituant un état d'urgence et en déclarant l'application en Algérie. »... Au plus fort des émeutes, 57 compagnies de CRS sur 60 seront engagées.

87. Dès lors, la stratégie, mise en place par l'UMP, le PS et d'autres, visait à empêcher toute manifestation ou grève, et à cadrer tout débat dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007.

88. Sur ce plan, l'élection de Nicolas Sarkozy n'a pas changé la situation. Le nouveau président et son gouvernement essaient de tout faire passer en force et de liquider ce qu'il reste des conquêtes ouvrières et des droits démocratiques: liquidation des régimes spéciaux de retraite, du code du travail, de la sécurité sociale, de l'enseignement public, remise en cause du droit de grève, chasse aux immigrés etc... En réaction la classe ouvrière cherche, en l'absence, d'une alternative politique et syndicale les voies de l'offensive. Les conflits sociaux se multiplient, il y a de plus en plus de grèves pour l'augmentation des salaires et pour l'amélioration des conditions de travail, comme à Air France, dans la grande distribution, et dans de très nombreux secteurs de l'industrie.

89. Dans ce pays, « en haut » on ne peut plus gouverner comme avant, « en bas » on ne veut plus être gouverné comme avant, le barrage mis en place par les appareils contre-révolutionnaires a réussi à contenir le déferlement des plus larges masses, mais rien n'est réglé.

Notre pronostic fut confirmé par les évènements et si vous aviez été un brin sérieux, vous nous auriez entendus. Que n’avez vous tenu compte de nos avertissements !

Et vous osez nous écrire avec un cynisme et une brutalité inouïe: « Vous êtes complètement différents de l'ensemble des organisations de la LIT. Depuis que vous êtes entrés à la LIT, vous n’avez jamais demandé d'examiner avec la direction de la LIT l'orientation pour l'intervention dans la réalité française » ; ou encore : « Vous ne montrez aucun intérêt à discuter avec nous, vous dites toujours ne pas avoir besoin de déplacements de cadres, et pire, vous élaborez votre politique fermés sur vous-mêmes, non dans le cadre de l'élaboration internationale. »

Ce n’est quand même pas de notre faute si vous manquez d’arguments pour polémiquer sérieusement avec nous sur la situation en France ! Il est vrai que « vos sources » d’information sont partisanes et partiales…Il se peut même qu’elles cherchent à véhiculer une politique.

Dans ce même document nous disions dans notre conclusion intitulée, « Pour une action commune des sections de la LIT-QI en Europe » :

134. « L'ensemble de ces actions en commun doit servir à développer la cohésion entre les différentes sections européennes de la LIT afin d'arriver à ce que l'ensemble des sections ait une compréhension commune des événements et des tâches. Cela servira à définir un programme européen avec des mots d'ordre clairs. Ce travail de discussion et d'intervention politique, qui devra chercher à intégrer l'ensemble des sections européennes de la LIT, doit permettre d'avancer vers une grande tâche : configurer une direction européenne de la LIT-QI. Cet objectif est incontournable pour arriver à résoudre la crise historique de direction du mouvement ouvrier et à avancer dans la reconstruction de la Quatrième Internationale ».

Même si ce genre de généralité ne vous intéresse pas, nous tenions à vous préciser que nous allons commencer un travail de réactualisation de notre analyse –et de notre politique- sur la situation européenne.

A propos de la bureaucratie de la CES nous déclarions :

109. Il est évident que la CES n'est pas la représentation syndicale dont les travailleurs ont besoin à l'échelle de l'Europe. Seule une Centrale Unique des Travailleurs (CUT) sur une base de lutte des classes dans chaque pays et confédérée à l'échelle européenne pourrait œuvrer dans l'intérêt des travailleurs.

110. Il importe désormais de se battre pour que les militants, secteurs et organisations syndicales qui prétendent lutter sur une base d'indépendance et de lutte des classes rompent avec la CES et s'engagent dans la voie d'une alternative à celle-ci dans le cadre d'un nouveau regroupement.

111. Dans le même esprit, il est aussi évident que les organisations de jeunesses sont pour la plupart des freins à la mobilisation des lycéens des étudiants et des jeunes travailleurs. Et ceci pour une raison simple : elles sont presque toutes des émanations de la social-démocratie, du stalinisme ou de l'Eglise !

112. Les mobilisations de la dernière période chez les lycéens et étudiants mais aussi chez ceux qui sont frappés par un chômage de masse, montrent la nécessité et la possibilité d'une organisation de jeunesse à l'échelle de l'Europe en relation avec un syndicalisme ouvrier indépendant.

113. Maintenant, ouvrir de telles perspectives et avancer les mots d'ordre en conséquence, impose de reconstruire dans ce même mouvement une internationale révolutionnaire, qui, pour nous militants de la Ligue Internationale des Travailleurs, est la Quatrième Internationale, avec des sections dans chaque pays.

114. Dans cette optique, il nous apparaît nécessaire de poser les bases d'une plate-forme d'action pour l'UE, conformément aux « vieux » mots d'ordre : le pain, la paix, la liberté !

Les faits nous ont donné raison et si vous nous aviez écoutés, vous auriez aujourd’hui les bases pour élaborer une politique conséquente pour la LIT en France et en Europe. Il n’est jamais trop tard, ressaisissez-vous, camarades !

Lors des débats dans la commission européenne, nous avions avancé la perspective, en France, de tendances lutte de classes transversales dans les syndicats ouvriers avec l’objectif d’expulser la bureaucratie, comme premier pas vers une CUT (ou appelons la comme vous voulez) à échelle européenne et nationale. Nous avions insisté aussi sur l’actualité du mot d'ordre des Etats-Unis Socialistes d’Europe… La seule réponse que nous avons reçue à ce moment là, furent des sourires narquois. Des « gauchistes », « sectaires » et autres caractérisations sans fondement argumenté nous furent aussi lancés à la figure…

Lors de la tenue de cette même commission, nous eûmes la grande surprise d’entendre le camarade Pau, responsable de la commission, « expliquer », sans aucune autre forme de procès, que « oui » il y avait un impérialisme européen. Sur la question de l’existence d’un supposé « impérialisme européen », nous attendons toujours vos élaborations de … fond. Par écrit bien sûr. Et contrairement à vous, nous pensons que sur ce point particulier, vous n’avez rien à cacher.

Vous dîtes : « vous avez perdu une occasion d’entamer un dialogue ». Nous vous répondons que cela fait 16 ans que nous cherchons non pas à dialoguer avec vous, mais à élaborer sérieusement par écrit. Ne sommes nous pas dans la même internationale ? Ne cherchons nous pas à avoir une compréhension commune des évènements et des tâches ? Ne sommes nous pas régis par le centralisme démocratique ?

Nous aurions aimé élaborer avec vous, par exemple, une politique cohérente de la LIT en Europe qui soit autre chose que de l’improvisation, de l’amateurisme, bref de l’empirisme, et ce depuis…16 ans. Oui, cela fait 16 longues années que nous nous battons pour une élaboration –et une politique- qui émanent des sections européennes de la LIT !

Depuis un moment vous aviez abandonné la France et -lutte des classes oblige- vous y revenez. D’ailleurs vous l’avouez vous-même par défaut à plusieurs reprises lorsque vous affirmez, avec une extrême prudence, avoir des « doutes profonds » sur notre politique : « Mais le problème politique pour nous se situe justement dans ce qu'il apparaît de vos matériaux publics, et ceci nous cause des doutes profonds qui sont probablement des différences avec votre position ».

« Ce qui apparaît », «Des doutes profonds », « probablement »… et vous vous permettez de parler de franchise révolutionnaire. Pire, vous avouez même plus loin en tentant de retourner la situation à votre avantage : « Nous tombons même d’accord avec vous que nous devrions déjà avoir dépassé cette situation anormale bien avant ; plus encore depuis l'ouverture de la crise européenne, mais il est fondamental maintenant de changer cette situation et de dépasser ce retard de manière urgente. »

La question est simple : avez-vous oui ou non des désaccords ? Etes-vous oui ou non capables de les exprimer et de les écrire clairement ? Avez-vous oui ou non lu nos matériaux ?

A ce propos vous nous dites dans votre lettre :

« Vous affirmez que vos matériaux publics sont déjà clairs sur l'orientation, et vous sous-entendez une supposée non lecture de notre part. » ; et, plus loin :« enfin, le processus n'a pas été fermé, comme il paraît se détacher de votre lettre: malgré la défaite du mouvement de masses avec l'approbation du projet d'augmentation de l'âge de la retraite, le gouvernement est sorti affaibli et avec moins de base sociale qu'avant; la bourgeoisie a besoin d'aller beaucoup plus loin et la classe ouvrière et la jeunesse françaises ont déjà démontré qu'elles ont la force et la disposition pour faire face aux actions du gouvernement contre leurs droits, malgré les manœuvres de la bureaucratie. »

Soyons francs camarades, si vous aviez lu l’éditoriale de l’internationaliste n°103 (consultable sur notre site en espagnol) à propos de la grève contre la réforme des retraites vous y auriez lu ceci :

« En refusant d’appeler à la grève générale, les directions syndicales, à commencer par celle de la CGT, portent une énorme responsabilité quand à la forfaiture qui s’est opérée au Parlement. C’est ce qui fait que les travailleurs de ce pays sont amers, mais ils ne sont pas démoralisés : l’unité qu’ils ont commencé à sceller dans la lutte leur sera précieuse pour continuer le combat.

Oui, sur les retraites rien n’est fini, la bataille continue avec une conscience qui a progressé, particulièrement dans la jeunesse. Nombreux sont les militants syndicaux et les jeunes qui ont œuvré ensemble, toutes organisations confondues, dans les ateliers, dans les bureaux, dans les écoles, les lycées et les facultés, dans les hôpitaux, cela dans un seul sens : ouvrir le voie à la mobilisation de tous pour le retrait, c'est-à-dire pour la grève générale, pour des comités de lutte, pour des caisses de solidarité. Oui, ils ont voté, mais nous vaincrons !

Nous, militants du GSI, nous nous adressons à tous ceux qui nous ont vus à leur côté : n’est-il pas temps que les militants déterminés à s’organiser dans l’indépendance vis-à-vis du patronat et de l’Etat se regroupent dans des tendances de lutte des classes dans chaque organisation syndicale ? N’est-il pas temps qu’ils se retrouvent ensemble au delà de leurs organisations syndicales, face à des directions qui sont prête à brader les intérêts de toute la classe pour protéger l’ordre capitaliste ? C’est cette perspective que nous vous proposons et que nous appelons la Centrale Unique des Travailleurs (CUT) ».

Si vous aviez lu régulièrement l’internationaliste, jamais vous n’auriez osez dire que « le processus n'a pas été fermé », comme il paraît se détacher de votre lettre. Il est vrai que ce n’est pas la seule affirmation mensongère de votre lamentable lettre, qui ne semble avoir qu’un seul but : discréditer le GSI et ses militants aux yeux des militants de la LIT à coups de mensonges et d’insinuations.

Vous vous penchez certes sur la situation en France en urgence, mais de façon désespérée –et désespérante- sans analyse sérieuse, sans programme, sans rien à proposer d'autre que de fausses questions qui portent en elles des réponses toutes faites, voire simplistes. Portés que vous êtes par une obsession : trouver LA faute contre le GSI pour enfin pouvoir « se débarrasser de lui ». Comment dites-vous déjà? Ah oui, « anormal »…Nous, nous préférons le vocabulaire politique du trotskysme. Nous, nous parlons d’une direction aux méthodes bureaucratiques.

La brutalité que vous avez à clouer au pilori un de nos jeunes camarades dans le dernier paragraphe est tout simplement détestable. Ce n’est pas par hasard que Trotsky disait qu’une direction bureaucratique se méfie de la jeunesse avec laquelle elle est d’une brutalité abjecte. Oui camarades, nous tous, les « anormaux » du GSI, sommes fiers de notre politique. Et, s’il y a un point qui a révolté nos militants plus que d’autres, c’est bien celui-là. Nous disons bien tous nos militants, car sachez-le camarades, votre lettre (tout comme nos courriers) et bien d’autres choses sont discutés dans nos cellules. Pour nous, l’urgence ne justifie pas tout, encore moins l’absence de démocratie ouvrière dans nos rangs. Car, notre ciment, c’est la compréhension commune des évènements et des tâches et la conviction du socialisme.

Votre attitude relève plus d’une fraction que d’une direction internationale ayant le souci de construire patiemment, en menant les discussions jusqu’au bout et par écrit. L’empirisme est devenu chez vous une ligne de conduite, le moyen de justifier l’injustifiable. Il est vrai qu’il est très difficile pour vous, après avoir abandonné le suivi sérieux de la situation en France, de comprendre dans l’urgence non pas seulement notre politique, mais la politique des uns et des autres, tout court.

La peur de dire des énormités vous pousse même à nous exiger des documents « internes » qui n’ont jamais existé que dans votre fertile -nous vous le concédons- imagination. Votre faiblesse politique vous aveugle camarades ! Allez-vous bientôt nous accuser d’être responsable de la crise du morenisme en Amérique Latine ? Allez-vous nous faire porter le chapeau de la crise de la LIT en Europe ?

Pourtant vous-même avez pris la décision de nous marginaliser et de nous mettre « de côté » avec cette résolution publiée dans le BII 183 d’avril 2009 :

« 11.3) RÉSOLUTION SUR LA CONSTRUCTION DE SOUS-CENTRES RÉGIONAUX

Considérant:

1) L'actuel développement de la LIT, avec de nouvelles sections, groupes sympathisants et nouvelles relations avec d'autres organisations.

2) Les nouvelles exigences de la lutte de classe et de la construction partisane.

3) La nécessité de commencer à construire une nouvelle structure pour répondre à la nouvelle réalité de la LIT.

4) Les expériences précédentes, pas trop positives, en ce qui concerne la construction de sous-centres

Le CEI résout:

1) Que la construction de sous-centres ne répond pas, essentiellement, à des exigences géographiques mais fondamentalement à des conditions politiques, c'est pourquoi non toutes les organisations de la LIT devront nécessairement être intégrées dans un sous-centre. Celui-ci serait le cas de Brésil, Paraguay, France, Belgique etc.

2) Commencer la construction de sous-centres régionaux subordonnés au CEI et au SI en regroupant les pays suivants : a) Argentine, Chili et Uruguay; 2) Colombie et Équateur; 3) Russie et Ukraine; 4) Espagne, Italie et Portugal

3) Déterminer que le caractère et les activités de chacun de ces sous-centres devront être discutés entre le SI et les directions nationales qui l'intègrent

4) Que ces nouvelles structures aillent un caractère exploratoire.

5) Qu’en fonction du point précédent dans les prochaines réunions du CEI on accompagne et on fait un bilan rigoureux de chacun des sous-centres ».

Après avoir précisé que «la construction de sous-centres ne répond pas, essentiellement, à des exigences géographiques mais fondamentalement à des conditions politiques », vous nous excluez de fait de ce « sous-centre ». Si la France faisait partie de vos priorités, pourquoi ne pas nous avoir inclus dans un « sous-centre » ? Vous auriez ainsi pu nous contrôler, puisque c’est ce qui semble vous préoccuper.

Ainsi, après nous avoir affirmé la main sur le cœur que la France est un pays « central » pour la lutte de classe, vous omettez de préciser que vous nous avez exclu de l’élaboration de la LIT. Vous votez de nous mettre de côté et vous nous dites ensuite que nous sommes en dehors de l’élaboration de la LIT ! Et, non contents de vous, vous nous insultez en nous traitant « d’anormaux ». Mais camarades, les seuls responsables de l’absence d’une politique conséquente de la LIT en Europe, c’est uniquement vous, le SI et le CEI. Commencez par assumer ce que vous avez écrit, voté, décidé et mis en pratique, avant de nous donner des leçons de morale. Commencez par balayer devant votre porte !

Oui camarades, le GSI a élaboré une politique publique pour la France, dans le cadre de l’Union européenne, car nous avons le devoir de nous construire. Et, nous avons pris de l’avance sur vous, beaucoup d’avance. Alors, relisez donc attentivement nos matériaux, nos élaborations, prenez le temps de réfléchir et écrivez enfin noir sur blanc et franchement les désaccords que vous avez avec nous, au lieu de nous demander des documents que, dans votre esprit tordu par le manque de politique et l’improvisation, vous vous êtes imaginés. Car, toute notre politique est publique ! Construire une organisation implique de défendre publiquement ses positions, vous devriez le savoir. C’est d’ailleurs ce que nous faisons avec un certain succès; ce que vous semblez nous reprocher:

« D'autre part, vous êtes l'expression de la LIT en France et par conséquent votre orientation en France est vue par tout le monde militant comme la position de la LIT »

Si vous aviez eu un minimum de souci de construction et d’élaboration en commun avec nous, vous auriez du commencer par nous rencontrer lors de votre venue en France. C’est aussi simple que ça. Assumez votre élémentaire responsabilité de « direction internationale » (n’est-ce pas là une préoccupation majeure pour vous ?) Il ne suffit pas de se draper de ce nom pour en être une.

D’ailleurs, les paragraphes justifiant l’attitude des camarades Didi (que nous connaissons depuis son voyage en France après les grèves de 1995 et qui, comme beaucoup d’autres, a été hébergé par nous…) et Cacao sont à votre image. Des justifications confuses qui justifient l’injustifiable, pour nous en politique : l’improvisation, l’empirisme, l’amateurisme qui vous emmène à courir derrière la lutte des classes au gré des évènements, en piétinant au passage le centralisme démocratique.

Et, comble de l’hypocrisie, dans une bien mauvaise pirouette rhétorique, vous vous dévoyez de vos responsabilités de soi-disant « direction internationale » en nous renvoyant la responsabilité de vos dérives. Franchement camarades, vous nous faites bien rire avec vos justifications alambiquées, surtout quand vous parlez de « droiture »…

Comme nous vous le disions dans notre lettre du 10/01/2011:

« Par ailleurs, vous omettez soigneusement de dire qu’une discussion, avec tous éclaircissements souhaités, aurait déjà eu lieu si ces 2 camarades du PSTU (et membres de la direction internationale de la LIT), qui ont séjourné en France du 21 au 24 septembre, avaient fait preuve de bon sens politique, de respect du GSI et du Centralisme Démocratique, en prenant contact avec nous, le GSI, section française de la LIT.

Voilà une faute politique inexcusable ! Le fait d’être venus au nom de CONLUTAS n’y change rien, surtout sachant que les camarades ont trouvé le temps de se réunir avec tout le monde ici, y compris avec la tendance Claire du NPA…, avec tous, sauf avec la section officielle de la LIT en France, le GSI. »

Mais revenons sur une autre affirmation mensongère, une autre accusation sans fondement de votre part :

« En vérité, il existe une relation anormale entre le GSI et la direction internationale. Toutes les sections ont leur élaboration dans le cadre de la LIT et cherchent toujours l'échange informations et d’opinions avec la direction de la LIT pour élaborer leur ligne politique et leurs projets de construction partisane. Les directions nationales nous sollicitent pour nous déplacer et discuter avec elles à travers des textes, et souvent d’envoyer des cadres pour contribuer à la construction des sections nationales. Vous ne montrez aucun intérêt à discuter avec nous, vous dites toujours ne pas avoir besoin de déplacements de cadres, et pire, vous élaborez votre politique fermés sur vous-mêmes, non dans le cadre de l'élaboration internationale. »

Nous voulons, par conséquent, vous rappeler la liste de quelques camarades qui sont venus en France et qui ont été reçus par le GSI. En vrac : Alicia, Bernardo, Didi, J.R., Paulinho, Caps, Martin, Polaco, Zé Maria, Mariucha, Pau, Michele Rizzi, Michele Scarlino. Nous avons eu des discussions dans le cadre de réunions formelles, parfois animées, il est vrai, avec : Mariucha (réunion à laquelle a participé un militant de la Gauche Communiste aujourd’hui au NPA), Zezoca.

Quant aux autres, ils avaient tout loisir de nous dire, franchement, entre révolutionnaires, ce qu’ils pensaient du GSI et de notre politique. Ils ne l’ont jamais fait ! Il aura fallu attendre 16 ans pour que vous nous disiez ce que vous pensez « franchement » de nous, 16 ans d’hypocrisie, durant lesquels toutes les critiques n’ont été que des rumeurs…

Ceci étant dit, comme on dit en France, revenons à nos moutons.

Vous dites ne pas comprendre ce que nous proposons. Pourtant notre lettre était claire :

« Nous pouvons malgré tout mettre fin a cette situation et, pour cela, nous vous invitons à prendre vos responsabilités en tant que direction de la LIT : nous sommes donc prêts à discuter avec vous de notre politique, mais aussi de la politique de toutes les autres sections de la LIT en Europe, car il y a en effet plusieurs matières à discussion… Ainsi, par exemple, la politique d’entrisme sui generis pratiquée depuis tant d’années par la section portugaise, à l’intérieur de cette formation (dans le meilleur des cas) centriste, dénommée Bloc de Gauche.

Pour ce faire, et puisque ces discussions doivent déboucher sur une orientation politique commune à l’échelle de l’Europe, nous vous invitons, chers camarades, à nous envoyer au plus vite un document politique avec votre caractérisation de la situation politique, économique et social en Europe, nous expliquant très précisément par où passe, selon vous, la construction de la LIT sur ce continent. »

D’ailleurs vous avez tellement bien compris notre proposition que vous répondez clairement que vous n’êtes « pas favorables à la dissolution des questions dans des polémiques générales ». Dans la même lettre, vous dites ne pas comprendre notre proposition, mais vous y répondez quand même !

Mais bon, admettons votre argument peu digne d’une soi-disant direction internationale possédant des « super » cadres capables de réussir en France là où Moreno lui-même a échoué.

Des cadres pour qui, soit dit en passant, les questions européennes sont des généralités. Ainsi, vous répondez à notre demande de discuter la situation française dans le cadre de la situation européenne (même pas mondiale), que vous n’êtes pas « favorables à la dissolution des questions dans des polémiques générales ».

Il a fallut 16 ans pour obtenir sur ce point une réponse ECRITE de votre part. Et la réponse a le mérite d’être très claire. Vous n’êtes pas « favorables à la dissolution des questions dans des polémiques générales ». En réalité, vous ne voulez pas –et n’avez jamais voulu- d’une politique de la LIT en Europe qui soit le produit d’une compréhension commune des évènements et des tâches de toutes les sections. De plus, cette seule phrase démontre à quel point vous êtes déconnectés de la réalité de la lutte des classes en France ; et, vous prétendez vouloir nous aider et nous envoyer des « cadres » !

Mais bon, passons encore une fois, nous vous faisons transitoirement une concession de taille.

Donc, vous dites ne pas avoir compris notre proposition ? Eh bien c’est simple pourtant : nous vous demandons de vous comporter en « direction internationale » et de nous dire par écrit, par où passe selon vous la construction de la LIT en France. N’oubliez pas de caractériser précisément, au hasard, SUD et le NPA. Nous allons même vous aider dans votre élaboration : devons –nous y entrer ?

Au passage nous aimerions aussi que vous caractérisiez, entre autre, le PS, le PC, le PG, le processus du Front de Gauche ; et, les syndicats FSU, FO, CGT, CFDT (ces trois derniers étant la bureaucratie syndicale lié à la CES, pardon de nous égarer, mais c’est quand même une question importante, vous en conviendrez, nous en sommes sûrs).

Voilà pour notre proposition, et nous la réitérons pour que vous puissiez la comprendre clairement : discutons de tout, y compris de l’Europe (1), de l’Espagne (2), du Portugal (3), de l’islamisme (4), de la laïcité (5), de la Palestine (6) et, bien sûr, du principal sujet qui vous tient à cœur, de la France (7), mais par écrit.

Vous vous dites clairs et francs et parlez même, la main sur le cœur, d’honnêteté révolutionnaire. Vous dites : « Nous voulons examiner avec vous, avec la plus grande droiture, votre orientation politique et de construction, poser nos doutes et nos différences en profondeur, comme on fait entre révolutionnaires de la même Internationale. » Nous allons donc vous prendre aux mots, nous décidons donc dès à présent de ne plus douter de votre capacité d’élaboration et de votre franchise. Nous ne doutons donc pas que vous n’hésiterez pas à développer et à argumenter, vos positions sur la France. Par écrit bien sûr ! Comme le ferait n’importe quel militant marxiste révolutionnaire digne de ce nom.

Sachez-le, nous nous méfions, par expérience, des discussions entre deux portes ou des désaccords politiques « discutés » oralement. Car, comme vous le savez aussi, les paroles s’envolent et sont déformées par le vent et les bruits de couloirs…Ainsi, malgré vos mensonges, approximations et calomnies, nous sommes prêts à discuter par écrit avec vous. C’est d’ailleurs là une tradition du mouvement ouvrier international. Il est vrai que c’est un style moins « scandaleux et théâtral » que le votre, mais, disons le tout net, plus politique, plus constructif.

Vous écrivez : « la direction internationale a le droit et le devoir d'accompagner, d'examiner et d'orienter les sections nationales, spécialement celles qui vivent des processus centraux de la lutte de classes internationale comme c'est votre cas. ». Très bien ! et bien élaborez, écrivez maintenant camarades.

En espérant que vous nous répondrez et n’attendrez pas 16 ans avant de nous dire, et surtout d’écrire, ce que vous pensez franchement sur la France et notre politique, veuillez recevoir chers camarades du SI et du CEI, nos plus sincères salutations Trotskystes.

Groupe Socialiste Internationaliste (GSI)

Paris, le 14 mars 2011

PS : Donc, avant toute éventuelle rencontre, nous attendons de votre part un document écrit sur la France qui réponde à notre question: par où passe pour vous la construction de la LIT en France?

PS-2 : Et, la publication de nos courriers sur la France dans le BII. Comme nous vous l’avions déjà demandé dans notre lettre du 10/01/2011.


1) Continuez-vous de penser comme le PRT-IR et Ruptura-Fer l’ont écrit au dernier congrès mondial au nom de la direction qu’il existe un impérialisme européen ? Que pensez-vous de la CES et de la politique de l’Europe des régions ? Comment caractérisez-vous les –ou le- PS en Europe ? Pensez-vous sérieusement que Kadhafi fait partie de la « bourgeoisie européenne » ? Et, s’il existe, d’après vous, un impérialisme européen, considérez-vous le problème national irlandais ou basque réglé ?

2) La tactique de se dissoudre dans le courant rouge du PRT-IR correspond-t-elle à la tactique dites du Front Unique Révolutionnaire ? Comment caractérisez-vous le Courant Rouge ?

3) L’entrisme sui-generis de Ruptura-Fer dans le Bloc de Gauche (dont les députés ont voté le plan de guerre contre les travailleurs grecs), qui n’a rien à voir avec ce que préconisait Trotsky, se prolongera t-il encore dix ou 20 ans ? Et sinon, jusqu’à quand camarades ? Comment caractérisez-vous le Bloc de Gauche portugais ?

4) Continuez vous de « caractériser » les directions islamistes de bourgeoises ou petit bourgeoises ? Lesquelles sont bourgeoises ? Lesquelles sont petites bourgeoises ? A ce propos continuez-vous de penser que le mot d’ordre au Liban de « tout le pouvoir au Hezbollah » est un mot d’ordre correct. Pensez-vous que c’est une direction petite bourgeoise ? Nous, nous avons l’insolence de penser que toutes ces directions islamistes sont bourgeoises…tout court.

5) Pourquoi le mot d’ordre de république laïque est t-il valable en Iran et pas en Egypte, en Algérie, en Tunisie, en Espagne, en Belgique….. ? Pensez-vous que le combat pour la laïcité soit une erreur ?

6) Parlez vous toujours, avec un éclectisme fleuri, d’Etat nazi, d’Etat nazi-sioniste, voire sioniste, à propos d’Israël ? Nous attendons toujours votre réponse camarades !

7) Vous affirmez : «nous ne sommes pas favorables à la dissolution des questions dans des polémiques générales. La France est un élément central de la réalité européenne, nous voulons examiner avec vous l'orientation pour l'intervention et la construction dans la réalité française. » Puisque vous pensez pouvoir discuter d’une politique en France sans parler de la lutte des classes en Europe : La France est-elle pour vous un cas à part ? Dans le cadre d’un supposé impérialisme européen ? Admettons comme vous le dites, de façon erronée, qu’il existe un impérialisme européen (ce qui supposerait la dissolution des Etats-nations), qu’entendez-vous alors par «central» quand vous parlez de la France ?

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